Pablo Hasèl (Pablo Rivadulla Duró) fêtera le 16 février prochain ses cinq ans de privation de liberté et il lui restera encore « un an et deux mois complets » avant de sortir de prison. Sare Antifaxista l’a interviewé pour la sixième fois. Avec des idées claires, Hasèl analyse ce qui se passe. Il a fini de répondre à l’interview le 15 janvier, c’est pourquoi certains sujets d’actualité n’y figurent pas. Nous la publions dès qu’elle nous est parvenue. Il dit qu’« il est fondamental d’expliquer ce que fait l’État à ceux qui défendent les droits et les libertés collectives et de diffuser, parallèlement à l’amnistie totale, les revendications d’abrogation des lois répressives et de fermeture de ses tribunaux fascistes » car, selon lui, « seule la conquête de l’amnistie totale peut libérer tous les prisonniers politiques antifascistes sans renier la lutte ». À cet égard, il a une pensée particulière pour María José Baños. « Je veux lancer un appel urgent pour étendre la solidarité aux prisonniers politiques gravement malades. Comme María José Baños, qui peut être exterminée à tout moment » et il met en avant Manuel Pérez Martínez pour être « l’un des plus grands exemples de résistance ».
Dans cette longue interview, Hasèl souligne qu’« il y a des raisons d’être optimiste. Chaque jour, le ras-le-bol populaire s’amplifie et ce n’est qu’une question de temps et de lutte avant que les révoltes ne disent « ça suffit » ». Il ajoute que « toutes les personnes qui aspirent à des changements profonds et réellement progressistes ont le devoir de se bouger pour profiter de cette conjoncture ». Concernant la montée du fascisme, il souligne que « tant le fascisme éhonté du PP et de VOX que la « gauche » du capital sont les piliers du même régime » et « il est urgent de boycotter la farce électorale et de promouvoir l’organisation en marge de leurs partis, syndicats et autres structures contrôlées par eux ». Et, entre autres choses, il rappelle que « ce qu’on appelle le « virage trumpiste » est une internationale ouvertement fasciste, fruit du capitalisme en crise ».
Q. – Tout d’abord, comment va ta santé ? Et comment ça se passe dans cette nouvelle destination, cette nouvelle prison ?
R. – Je vais mieux grâce aux médicaments que je prends actuellement. Mais la prison est un mauvais endroit pour soigner une maladie, surtout une maladie chronique et intestinale.
J’ai donc des jours difficiles. Quant à cette prison, ses installations sont légèrement meilleures que celles de Ponent, qui étaient qualifiées d’« inhumaines » même par les syndicats de gardiens de prison. Mais c’est une prison avec tout ce que cela implique, la grande majorité des similitudes et, bien sûr, les prisons sont loin d’être le lieu que vendent les médias manipulateurs.
Q. Combien de temps vous reste-t-il à purger en prison ? Y a-t-il eu des changements ? Je suppose que non, car j’ai récemment lu l’un de vos articles dans lequel vous disiez : « Aux prisonniers politiques, qui sommes incarcérés pour une lutte politique collective, on nous offre deux options : soit capituler en reniant la lutte et en collaborant avec ce qu’on nous demande en prison, soit purger l’intégralité de notre peine. Sans repentir, sans domestication, il n’y a pas de réduction ».
R.- Le 16 février, j’aurai purgé cinq ans et il me restera encore un an et deux mois à purger. Seule l’obtention de l’amnistie totale peut libérer tous les prisonniers politiques antifascistes sans renier la lutte. Il convient de rappeler que la capitulation n’est pas une liberté. Ce sont les oppresseurs qui doivent se repentir, pas ceux qui défendent une cause juste. Pour que la répression soit un catalyseur plutôt qu’un frein, comme elle le prétend, nous avons besoin que les victimes de représailles restent fermes et que la solidarité s’organise et s’exerce sans relâche. Relativement bientôt, la répression déjà incessante va se multiplier car il y aura un essor des luttes ouvrières et populaires. Ils tenteront de démobiliser et d’étouffer les explosions sociales avec acharnement, donc tant pour la répression passée et actuelle que pour celle qui s’annonce, nous devons être très clairs là-dessus.
Il est essentiel d’expliquer ce que fait l’État à ceux qui défendent les droits et les libertés collectives et de diffuser, parallèlement à l’amnistie totale, les revendications visant à abroger les lois répressives et à fermer leurs tribunaux fascistes. Il faut sensibiliser l’opinion publique afin de développer un puissant mouvement anti-répressif et solidaire. L’opportunisme domestiqué suggère que face à la répression qu’ils légitiment et même exercent souvent, il n’y a d’autre choix que de baisser la tête, de chercher des issues individuelles, de dépolitiser et de freiner la résistance. Nous devons également nous opposer à leurs positions qui causent tant de dégâts dans ce domaine et dans d’autres. Il faut tenir tête, ne pas se laisser intimider par le régime.
Q. – Je passe en revue l’actualité, les mois qui se sont écoulés depuis la dernière interview, et la vérité me rend pessimiste. Dans le monde du travail, la classe ouvrière perd des salaires, tandis que l’élite économique s’enrichit de plus en plus ; sur le plan politique, le « gouvernement le plus progressiste de l’histoire » continue d’abandonner la classe ouvrière sur tous les sujets et la droite fasciste reprend son élan… Un avenir plus difficile attend-il les classes les plus modestes ?
R.- Ils ne cesseront de détériorer les conditions de vie si on ne les en empêche pas avec force. Il en a toujours été ainsi tout au long de l’histoire et il est évident qu’aujourd’hui encore, l’absence de résistance leur permet d’approfondir les coupes budgétaires. Il faut expliquer, car la plupart des gens l’ignorent, que toutes les améliorations ont été obtenues au prix de luttes acharnées. Que les droits et les libertés n’ont jamais été offerts, mais ont coûté du sang, de la sueur et des larmes. On nous a arraché des conquêtes pour lesquelles beaucoup ont littéralement donné leur vie. Et pire encore : au nom de la gauche, du progressisme et de l’antifascisme, en représentant tout le contraire. Cela génère beaucoup de confusion et alimente le fascisme le plus éhonté.
Pour que l’oligarchie continue à battre des records de profits (comme le font chaque année les banques et les grandes entreprises), pour payer le réarmement impérialiste astronomique et d’autres dépenses en matière de répression et de mafia institutionnelle, ils continueront à appauvrir la population. L’inflation va encore s’envoler, comme le reconnaissent même leurs sbires. Mais malgré ce panorama tragique en raison de la douleur incommensurable que provoquent leurs politiques, il y a des raisons d’être optimiste. Chaque jour, le ras-le-bol populaire s’amplifie et ce n’est qu’une question de temps et de lutte avant que les révoltes ne disent « ça suffit ». Le temps passe et beaucoup d’entre nous ne cesseront de lutter, ils ne peuvent donc que retarder l’échéance, pas l’éviter. Ils le savent bien, c’est pourquoi ils intensifient la répression, l’intoxication médiatique, les distractions, les dépendances aux drogues et autres formes de contrôle.
Tous ceux d’entre nous qui aspirons à des changements profonds et réellement progressistes avons le devoir de nous bouger pour profiter de cette conjoncture. Soit nous orientons le mécontentement vers une voie révolutionnaire, soit le fascisme le déformera considérablement, comme c’est le cas actuellement. Cela nécessite de mettre les mains dans le cambouis et de travailler dur, pas de se lamenter en vain.
Q. – Il est clair qu’ils nous marchent dessus, mais ces deux modèles – « le gouvernement le plus progressiste de l’histoire » et « la droite fasciste » – commémorent le 50e anniversaire de la mort de Franco comme si tout avait été réglé. Un soir, ils étaient franquistes et le lendemain matin, ils se sont levés démocrates de toujours. Peut-on continuer ainsi sous ce voile de silence et de mensonges ? Comment lutter contre ceux qui maintiennent cette escroquerie du régime de 78 ?
R.- Tant le fascisme éhonté du PP et de VOX que la « gauche » du capital sont les piliers du même régime. Deux faces d’une même médaille. Dans leur cirque électoraliste, ils font semblant de ne pas être d’accord sur quoi que ce soit, mais au moment de vérité, ils s’unissent pour perpétuer leur magouille. Pour imposer l’exploitation, la manipulation médiatique, la répression, l’impérialisme… Leurs luttes portent sur l’obtention de plus de fauteuils, ceux qui leur rapportent d’importants bénéfices économiques. Les partis du système capitaliste sont des entreprises, pas des instruments au service de la majorité. C’est pourquoi il est urgent de boycotter la farce électorale et de promouvoir l’organisation en marge de leurs partis, syndicats et autres structures contrôlées par eux.
Ces marionnettes de l’oligarchie – celle qui commande réellement – comptent sur la collaboration d’une autre gauche domestiquée qui achète leur discours sur le passage à la démocratie, sur la réduction du fascisme à quatre nazis, sur le respect de leur légalité étouffante et criminelle (systématiquement bafouée par ceux qui se remplissent la bouche de la Constitution), sur la dissimulation de la répression brutale et de la guerre sale, ou sur le fait que voter peut apporter des solutions. Ce réformisme et ce révisionnisme, même s’ils se déguisent parfois en slogans révolutionnaires, démontrent, tant en théorie qu’en pratique, qu’ils viennent en aide au régime. Ils le prouvent par leur manque de solidarité avec les victimes de représailles et les prisonniers politiques (avec le blanchiment de l’État que cela implique) et en freinant la combativité dans les rues et sur d’autres fronts. Le légalisme et le manque de solidarité sont contre-révolutionnaires et, pour comble, ils veulent nous faire croire qu’ils contribuent à faire avancer les choses.
Le manque flagrant de libertés politiques pour l’antifascisme montre clairement qu’il n’y a pas eu de rupture avec le régime fasciste. Mais le fait que les criminels fascistes restent impunis et sans aucune purge dans les piliers de l’État est méconnu de trop de gens. D’où ce que je disais sur le travail indispensable de clarification qui exige une organisation et une large diffusion. Bientôt, les peperos et leur béquille voxera occuperont le gouvernement et beaucoup parleront comme si cela impliquait à lui seul le fascisme. Il est très important de préciser que le fascisme caché (on ne conçoit généralement que le fascisme classique plus ouvert) est la forme de domination du régime dans son ensemble, qui n’est pas seulement soutenu par quelques partis qui maquillent moins leur facherío.
Q. – J’ai eu la chance – et l’honneur – d’interviewer Manuel Pérez Martínez, camarade Arenas, lorsqu’il était en prison et hors de prison. Je l’ai vu actif et cohérent avec ce qu’il a toujours pratiqué après 32 ans de prison. Avons-nous besoin de plus de « camarades Arenas » ?
R. – Objectivement, Manuel est l’un des plus grands exemples de résistance. Non seulement au niveau national, mais aussi international. On peut en dire autant du PCE (r) et des autres militants antifascistes cohérents du mouvement. Nous avons la chance d’avoir ces références proches, mais malheureusement, tous les États n’ont pas un parti communiste avec un tel parcours, une ligne vraiment révolutionnaire et autant de cohérence dans les faits.
Cela a guidé et inspiré beaucoup d’entre nous, c’est pourquoi l’État a tenté de les anéantir par la pire des guerres sales. Il est important de le dénoncer et d’expliquer qu’il y a eu et qu’il existe une organisation politique qui a défendu avec abnégation la classe ouvrière et les secteurs populaires. Il est très méritoire qu’après tant d’années de répression brutale, ils restent fermes. Il est faux de dire que tout le monde est corrompu, et ceci en est une preuve supplémentaire. S’il y en avait beaucoup plus, ce serait une autre histoire ! Mais tout ira bien grâce à leur héritage, à celui d’autres personnes et à la nécessité de la Révolution.
Manuel, comme le reste du PCE (r), a apporté des contributions théoriques fondamentales pour comprendre le contexte actuel, connaître le passé et pouvoir conquérir l’avenir. Je recommande leur lecture. La maison d’édition Editorial Templando el Acero publie des livres de Manuel et du Parti. Ils sont parfaits pour débuter. « Maintenir et développer nos positions », « 50 ans d’histoire du PCE (r) », « Thèmes de formation marxiste-léniniste » et « En première ligne ». Les livres de Manuel sur la Russie, la Chine et l’impérialisme sont très nécessaires compte tenu du contexte.
Q. – Le racisme et le fascisme se propagent, ce qui se passe actuellement à Badalona en est un exemple, mais ce n’est pas le seul, car cela se produit également ailleurs. Il est évident qu’il y a un tournant « trumpiste » qui nous conduit à une société divisée, car elle est déjà inégale et l’a toujours été. Quelle est votre analyse, si vous en avez une ?
R.- Partant du principe que le capitalisme implique une division des classes de plus en plus marquée, l’égalité des chances dont certains se vantent dans ce cadre est une grande supercherie. Le racisme, qu’ils encouragent pour diviser la classe ouvrière et détourner l’attention afin d’éviter que l’on pointe davantage du doigt les capitalistes, est également une question de classe. Ils pointent du doigt l’immigrant pauvre, pas le riche. Seul un État véritablement socialiste peut garantir l’égalité des chances, créer les conditions nécessaires à l’extinction des classes et éduquer pour mettre fin au racisme, au machisme, à l’individualisme et à d’autres fléaux.
En attendant, pour lutter contre le racisme, il est important d’aborder les causes et de rappeler que la quasi-totalité des immigrants fuient la misère que l’impérialisme a imposée dans leur pays d’origine. En créant des guerres, en pillant leurs ressources, en imposant des tyrans corrompus à leur service et en assassinant/emprisonnant les combattants qui tentent de l’empêcher. Au risque de me répéter, la misère, la surexploitation et la toxicomanie que beaucoup trouvent ici poussent nombre d’entre eux à la délinquance. Parler de délinquance sans pointer du doigt le capitalisme qui en est à l’origine, c’est encourager la manipulation fasciste. Tout comme profiter des méfaits commis par certains immigrants pour attiser la haine contre tous. Il convient également de rappeler que les premiers délinquants et criminels sont les puissants bourgeois et leurs mercenaires qui ne mettent jamais les pieds en prison. Ils n’ont aucune légitimité pour criminaliser qui que ce soit.
Ce qu’on appelle le « virage trumpiste » est une internationale ouvertement fasciste, fruit du capitalisme en crise, qui investit beaucoup de capitaux dans l’agitation et la propagande pour s’étendre et réprimer les rébellions réellement progressistes. Mais ne nous y trompons pas, une grande partie de leurs politiques sont partagées et appliquées par les sociaux-démocrates à travers le monde. Les communistes classiques disaient déjà que « la social-démocratie est la jambe gauche du fascisme ».
Q. – Il y a de l’argent pour armer et renforcer l’industrie militaire, l’industrie du meurtre, mais la pauvreté augmente et rien n’est fait pour y mettre fin, ni pour mettre fin à l’exploitation du travail, qui ne sert qu’à enrichir de plus en plus l’élite économique, tandis que la majorité vit dans la misère. Est-il temps de faire un pas de plus, de s’organiser pour mettre fin à cette agression des capitalistes et de ceux qui les soutiennent ? Comment faudrait-il s’y prendre ?
R.- Depuis l’arrivée au gouvernement du PSOE avec ses ministres de Podemos puis de Sumar, ceux-ci ont augmenté de 62,4 % les dépenses militaires déjà astronomiques. Il est important de le rappeler. L’impérialisme, y compris l’impérialisme européen qui veut se blanchir aux dépens de Trump comme s’il n’était pas criminel, ne cesse d’augmenter le risque sérieux d’une troisième guerre mondiale. Avec les terribles conséquences que cela impliquerait. Pour couronner le tout, ils nous trompent en disant que c’est pour notre sécurité, alors qu’ils ne font que la compromettre.
Ce « pas en avant » que vous mentionnez exige que toute personne ayant un minimum de conscience agisse. Avec plus ou moins d’engagement, mais nous avons tous une responsabilité et pouvons apporter beaucoup. Les excuses sont superflues et l’implication fait défaut. Ce que dit le fasciste Aznar aux siens, « que celui qui le peut agisse », nous devons l’appliquer dans notre camp si nous aspirons à une autre société.
Peu à peu, après une période de grande démobilisation, de nouvelles luttes émergent, mais à quelques exceptions près, elles doivent encore être affinées pour se démarquer des syndicats et des partis opportunistes qui les parasitent. C’est seulement ainsi qu’ils pourront élever les revendications et la combativité indispensables pour conquérir. Cela dépendra en grande partie de l’influence que nous exercerons, nous les révolutionnaires, il est donc urgent de s’y consacrer.
Q. – Que peux-tu dire de la corruption ? Pedro Sánchez est arrivé au pouvoir avec la promesse de mettre fin à la corruption après les scandales du PP, mais nous voyons que tous les pouvoirs sont impliqués dans celle-ci. Verrons-nous un jour la fin de la corruption ?
R. – La corruption est l’essence même du capitalisme, basé sur l’achat de tout avec de l’argent, sur l’absence de valeurs collectives et sur la pourriture morale. De plus, l’État espagnol est particulièrement corrompu car il est issu de la période franquiste où la corruption s’est développée de manière effrénée. Que les partis du régime promettent de mettre fin à la corruption est une contradiction insoutenable et une autre fausse promesse pour gagner des voix. Ils sont tous corrompus, entre autres parce qu’ils contribuent à perpétuer en toute impunité la pire forme de corruption (celle des monopoles protégés par les tribunaux). Y compris la « gauche » institutionnelle qui, même si elle ne touche pas plus que son salaire mirobolant, est corrompue en ne tenant pas ses promesses. En d’autres termes, en échange d’argent et d’autres avantages, ils se laissent domestiquer et n’agissent pas comme ils prétendent le faire.
Q. – Avec Trump à sa tête, les États-Unis sont devenus le tyran international contre Cuba, le Venezuela, etc. À votre avis, faut-il une nouvelle Union soviétique pour faire face et freiner les États-Unis ? Pensez-vous que cela soit faisable ?
R.- Les agressions impérialistes se sont succédé sous tous les gouvernements yankees, y compris celui d’Obama qui a battu tous les records avec le tristement célèbre prix Nobel de la paix et les médias « progressistes » qui l’ont sanctifié. C’est pourquoi c’est une erreur de personnifier cela en Trump. Les États-Unis sont toujours impérialistes, tout comme les États de l’UE et de l’OTAN qui ont mené tant de guerres de pillage. À court terme, il n’y aura malheureusement pas de puissance communiste (socialiste) pour leur tenir tête. La Chine s’est encore davantage orientée vers des positions ouvertement capitalistes, même si elle ne pratique pas l’impérialisme. À long terme, c’est certain, et qui sait si ce sera le cas à moyen terme. Les événements peuvent s’accélérer considérablement dans ce contexte, car c’est une nécessité impérieuse. En Russie, la nostalgie du socialisme est massive, mais organiser une révolution n’est pas une tâche facile. À court terme, nous pouvons et devons construire un puissant mouvement anti-impérialiste (tout en développant l’organisation communiste, bien sûr) et soutenir les États qui s’opposent à l’impérialisme. Comme par exemple les révolutions silencieuses du Sahel africain, en particulier celle du Burkina Faso. Tout n’est pas perdu.
Cuba et l’Iran pourraient bientôt tomber eux aussi aux mains de l’impérialisme, espérons qu’ils pourront l’éviter. La Corée du Nord résistera certainement, car elle a mis en place une autodéfense exemplaire. Mais d’autres États vont se rebeller et le rapport de forces sera plus favorable. Comme le disait Lénine : « La plus grande preuve d’internationalisme est de développer le mouvement révolutionnaire là où nous vivons ». Ainsi, lutter contre l’État impérialiste espagnol aide les peuples soumis à l’impérialisme.
Q. – Vous avez encore le temps d’ajouter ce que vous voulez…
R. – Je voudrais lancer un appel urgent pour que l’on fasse preuve de solidarité envers les prisonniers politiques gravement malades. Comme María José Baños, qui peut être exterminée à tout moment, comme ils l’ont fait avec Isabel Aparicio il y a quelques années, ou tant d’autres. Malgré sa santé gravement détériorée par les conditions de détention, ils refusent de la libérer, violant ainsi leur propre code pénitentiaire. C’est une torture cruelle, une vengeance pour ne pas avoir capitulé. Depuis la prison, ils l’ont déjà avertie que si elle ne se repentait pas, elle pourrait mourir enfermée. Nous devons éviter cela, comme nous l’avons fait avec Arantza Díaz. Il faut multiplier les manifestations de solidarité et remplir les rues, les lieux de travail et d’études, les réseaux, etc. de dénonciations et d’exigences pour sa libération immédiate. En dénonçant sans relâche ceux qui l’empêchent. Elle a tout donné pour défendre nos droits et nos libertés, le moins que nous puissions faire est d’empêcher son agonie et son extermination. De plus, pour empêcher que les atrocités commises à son encontre et à l’encontre d’autres personnes ne se reproduisent. Demain, il pourrait être trop tard.
Q. – Et comme toujours, si vous avez un poème ou une chanson tout juste sorti du four pour nos lecteurs, nous vous en serions reconnaissants.
R. – Un poème : « TU PEUX ».
Si nous nous battons tous avec acharnement pendant quelques années,
nous n’aurons plus à subir de conditions difficiles
pendant très longtemps.
Contribuez, ne cessez de vous joindre à nous,
chaque atome est nécessaire pour former le drapeau
de la victoire.
Jette la pierre dans les flaques de sang
que le crime de ses affaires accumule,
tu verras comment les vagues se propagent.
Ne te laisse pas tromper,
tu n’es pas un grain insignifiant,
tu peux faire partie
de la tempête de sable.
N’entends-tu pas le vent approcher ?
