Résister à la peur, organiser la résistance

« Vous, les fascistes, vous mènerez l’Italie à la ruine, à nous, les communistes, il reviendra de la sauver ! »

Antonio Gramsci

Au juge qui, avant de le condamner à 20 ans et 4 mois de prison, lui avait demandé ce que feraient les communistes si l’Italie entrait en guerre.

Les attaques de toute la presse et des forces parlementaires (du parti socialiste au RN) contre France Insoumise, les actions des groupes néonazis contre les locaux de la gauche et des syndicats, la commémoration officielle au parlement du jeune fasciste décédé, nous décrivent un pays où les classes dominantes n’ont aucune crainte à faire sentir le poids de l’hégémonie culturelle de la droite, suivent l’économie de guerre et la politique de terreur et de peur de l’impérialisme en France . Sur les lieux de travail, dans les quartiers, dans les prisons, les conditions de vie deviennent de plus en plus précaires, et les formes de résistance et d’organisation sont pour l’instant incapables de briser les rapports de force actuels. Les organisations (partis, syndicats, collectifs, etc.) sont affaiblies par des années de conformisme et de soumission idéologique de la gauche occidentale (la gauche de l’OTAN) aux diktats impérialistes. Pour résister et s’organiser, il faut faire front, mais en même temps, il faut se débarrasser de toute la vermine idéologique qui nous a submergés ces dernières années. On a célébré l’agenda politique de l’impérialisme avec ses « révolutions » commandées, ses tyrans à abattre (évidemment ceux qui ne se pliaient pas au discours dominant de l’impérialisme…), avec ses priorités socio-culturelles, avec le culte du « petit et beau », de la communication immobilisante et du rejet de la « politique » au sens marxiste-léniniste (théorie et pratique de la résistance pour le pouvoir populaire). Aujourd’hui, des noyaux de communistes et de militants de la gauche révolutionnaire en France commencent à rompre avec les vieilles habitudes des 30 dernières années, en mettant au centre la question de l’organisation, des rapports de force, de la résistance, des classes populaires, de la politique ! Il y a évidemment des contradictions inévitables dans cette nouvelle dynamique qui s’est ouverte : le « raket des groupes », le « verbalisme révolutionnaire », la présence massive et le poids « politique » de la classe moyenne, la persistance d’attitudes et de théories issues de la merde idéologique impérialiste… Mais nous pensons que tout cela n’est heureusement que des maladies infantiles et non des maladies chroniques.

La question qui nous concerne tous aujourd’hui est que, dans la métropole impérialiste occidentale, des États-Unis aux pays de l’OTAN en Europe, nous assistons à un déclin qui rend l’impérialisme encore plus agressif et violent, non seulement sur le front extérieur (la domination néocoloniale de l’impérialisme), mais aussi sur le front intérieur, où c’est la « démocratie » impérialiste elle-même qui développe une fascisation d’une société désormais malade et vieillissante.
Organiser la résistance (sur les lieux de travail, dans les quartiers populaires, dans les écoles, dans les prisons), construire et agir en tant que front est fondamental, mais il est nécessaire d’avoir un programme qui ne se tourne pas vers le passé (la défense de l’ancien monde) mais qui relève le défi dans un monde ancien en crise, et pour cela il est nécessaire de mettre au centre la question du socialisme (le pouvoir et la coopération populaire), et donc l’organisation, l’action et la perspective des communistes dans la métropole impérialiste, en tant qu’expression du parti révolutionnaire, en tant que partie consciente, organisée et d’avant-garde du prolétariat métropolitain. Un socialisme et une organisation communiste capables de relever les défis imposés par la composition actuelle des classes et les contradictions de la métropole impérialiste. Leur monde nous laisse des ruines et l’horreur, nous voulons l’avenir et pour cela, il faut résister et lutter dans le présent.

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