SRI (Socorro Rojo Internacional)

Contre toute forme de chantage à l’encontre du prisonnier communiste gravement malade.
Nous ne voulions pas que cette année 2025 s’achève sans rendre hommage à Lucio García Blanco. Nous voulons rappeler à tous que ce prisonnier politique gravement malade est un ouvrier et un militant communiste depuis plus de 49 ans. Qu’il a passé près de 30 ans en prison, pour 6 arrestations. Qu’il a mené 23 grèves de la faim en prison. Il a fêté ses 75 ans en octobre et le 26 avril 2026, il aura purgé la totalité de sa peine. Il souffre depuis des années de démence sénile avec trouble adaptatif. Il souffre également de lésions au dos suite aux tortures subies au commissariat. Sa libération conditionnelle lui a été refusée à plusieurs reprises et nous menons depuis des années une campagne pour sa libération.
Comme nous l’avons dénoncé il y a quelques mois, « son état de santé mentale s’aggrave et il souffre de plus en plus d’épisodes de désorientation et de confusion mentale ». Nous avons également retranscrit une partie de la note que nous ont envoyée les prisonniers politiques qui sont avec lui et dans laquelle ils certifiaient la détérioration de son état de santé dont nous avons fait état. Nous dénoncions alors que « la prison n’offre à la famille que la possibilité de demander sa libération conditionnelle à condition qu’il se présente à la prison une fois par mois pour signer. Une mesure totalement inutile dans un cas comme celui de notre camarade ».
Le 28 octobre dernier, l’avocate de Lucio a présenté un mémoire à la Cour nationale demandant sa libération sans conditions, conformément aux lois de cet État qui se dit « de droit ». Or, le 12 novembre, le tribunal central de surveillance pénitentiaire de l’A.N. répond par ordonnance à son avocate en disant :
« Par écrit, en date du 05/11/2025, par l’intermédiaire du centre pénitentiaire des Asturies, le détenu LUCIO GARCÍA BLANCO communique qu’il a renoncé à la procédure de libération conditionnelle » et que, « le détenu ayant renoncé à la libération conditionnelle, comme l’indique le document envoyé à ce tribunal, il convient d’accéder à sa demande, le présent dossier de libération conditionnelle devenant sans objet et devant être classé. »
Ce que Lucio refuse, ce sont les conditions qui lui sont imposées pour bénéficier de cette libération conditionnelle, à savoir, compte tenu de son état de santé mentale, continuer à se rendre en prison, ne serait-ce qu’une fois par mois, ce qui constitue pour lui des conditions insurmontables. Ce qu’il exige à tout moment, c’est sa LIBERTÉ IMMÉDIATE pour cause de maladie grave et incurable, sans aucune condition, comme le prévoit la législation répressive.
Le 5 décembre dernier, l’avocate de Lucio a interjeté appel contre la décision rendue par le J.V.P. de l’A.N. dans laquelle, entre autres articles de sa législation qui ne sont pas respectés, elle expose :
PREMIÈREMENT. – La maladie neurodégénérative du détenu affecte gravement sa capacité de compréhension et de prise de décision.
(…/…)
DEUXIÈMEMENT. – Absence de garanties en obligeant le détenu à signer le document en l’absence de son avocat et nullité dudit acte en raison de la violation des droits qu’il a entraînée.
(…/…)
Compte tenu de ce qui précède, non seulement toute validité juridique du document signé par le détenu dans ces conditions doit être exclue, mais il serait également nécessaire de prendre les mesures appropriées (disciplinaires, ou au moins d’avertissement) à l’encontre du ou des fonctionnaires qui ont participé à cet acte, pour avoir porté gravement atteinte aux droits d’un détenu qui se trouve dans une situation médicale si délicate qu’il est en position d’absolue vulnérabilité et d’extrême fragilité.
(…/…)
Les rapports médicaux déjà fournis attestent que le détenu souffre d’une maladie grave et incurable, avec une détérioration cognitive progressive, et que son maintien en prison — même en régime ouvert — aggrave l’évolution de sa maladie et compromet sa vie et sa dignité.
Le recours présenté par l’avocate de Lucio est très clair, tant sur la manière dont sa maladie neurodégénérative l’affecte que sur les droits qui, selon la législation, ne sont pas respectés. Nous attendrons et communiquerons la réponse reçue, mais comme nous l’avons dénoncé à d’autres occasions, Lucio est un exemple clair de résistance et, même dans son état de santé mentale, IL N’A JAMAIS RENONCÉ À SON STATUT DE PRISONNIER POLITIQUE ! IL N’A JAMAIS RENIÉ SES IDÉES ! et IL NE LE REGRETTERA JAMAIS ! C’est pourquoi ils ne cessent de le faire chanter avec sa maladie. Ils ne cessent de l’utiliser comme otage d’un État qui ne respecte même pas ses propres lois, selon lesquelles il devrait être libéré depuis longtemps pour cause de maladie grave et incurable.
Il est du devoir de tous de faire connaître cette situation cruelle et inhumaine jusqu’aux quatre coins du monde.
LIBERTÉ POUR LES PRISONNIERS POLITIQUES MALADES, MAINTENANT !
AMNISTIE TOTALE !
