filles martyres : l’exécution de filles par l’état paraguayen

Socorro Rojo- Nuestra America

Au Paraguay, sous le gouvernement de Mario Abdo Benítez, il n’y a eu ni affrontements ni « opérations réussies ».

Le 2 septembre 2020, l’État paraguayen, par l’intermédiaire de sa Force opérationnelle conjointe, a enlevé, torturé et exécuté extrajudiciairement deux filles de 11 ans. L’opération était planifiée, la décision était politique et la responsabilité incombe à l’État.

Les filles étaient les filles de combattants de l’Armée du peuple paraguayen (E.P.P.).

Elles n’étaient pas des combattantes.

C’ÉTAIENT DES FILLES !

Conscientes de leurs origines, elles exerçaient leur droit à leur identité et leur désir de connaître leurs parents.

Malgré cela, l’État a décidé de les fusiller.

Dès le premier communiqué officiel, le pouvoir a tenté d’imposer son récit : « affrontement », « pertes », « ennemies abattues ». Le langage militaire a cherché à dissimuler l’irréparable. Mais les corps en disaient autrement. Les filles ont été exécutées, leurs identités manipulées, leurs noms retenus, leurs vêtements altérés. L’État avait besoin de montrer des trophées.

Au Paraguay, il existe l’Armée du peuple paraguayen (E.P.P.). C’est une réalité politique que le discours officiel tente d’effacer ou de simplifier. Pour l’État, tout se résume au « terrorisme ». Pour les territoires militarisés, le quotidien est tout autre : expulsions, occupation, peur, appauvrissement, répression, exécutions extrajudiciaires et violence structurelle. C’est dans ce contexte que grandissent les filles et les fils de combattants, de paysans et de communautés entières considérées comme suspectes.

Lorsque l’État assassine les filles de combattants, il n’attaque pas seulement une organisation : il punit le peuple qui habite le même territoire.

Filles martyres : des filles qui ont été fusillées pour envoyer un message aux territoires militarisés.

Le message était clair : l’État est prêt à tuer des enfants pour maintenir sa domination.

Il n’y a pas deux responsabilités ici.

Il n’y a pas de mères responsables ni de « mères terroristes ».

Ici, c’est l’État paraguayen qui a exécuté des filles.

La doctrine contre-insurrectionnelle est claire : l’ennemi n’est pas seulement celui qui combat, mais aussi sa famille, son entourage, sa communauté. Les filles sont devenues des martyres parce que leur assassinat a révélé le cœur de cette stratégie : semer la terreur contre le peuple organisé qui résiste à être expulsé de ses territoires et transformé en main-d’œuvre jetable.

65 mois plus tard, ce qui persiste, ce n’est pas le récit officiel, mais la question à laquelle le pouvoir ne peut répondre :

QUEL ÉTAT A BESOIN DE TUER DES FILLES POUR MAINTENIR SON AUTORITÉ ?

Les filles martyres sont restées gravées dans la mémoire populaire comme une accusation permanente. Non pas comme des symboles de guerre, mais comme une preuve historique que la militarisation n’a pas apporté la justice, mais la mort. Leur souvenir brise le silence, dérange le pouvoir et désarme le discours sur la sécurité.

Dans les territoires occupés, un slogan continue de se répéter :

lorsque l’État tire sur des enfants, il a déjà perdu toute raison morale.

Leurs noms ne sont pas archivés.

L’exigence de justice n’est pas prescrite.

C’est pourquoi, chaque 2 du mois, elles reviennent.

Non pas pour glorifier la mort,

mais pour rappeler que Lilian et María Carmen sont la mémoire vivante des peuples qui luttent.

2026

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