La violence au Mexique est constante ; elle touche tous les États de la République et s’abat principalement sur les masses travailleuses. Ce phénomène s’explique par la structure économique qui sous-tend la société mexicaine, par la situation de notre pays sur la scène internationale et par les intérêts défendus par les gouvernements bourgeois. À la fin du mois de février, la violence issue du marché noir, en particulier du trafic de drogue, s’est intensifiée, suite à l’arrestation puis à la mort du narcotrafiquant connu sous le nom d’El Mencho. Une opération menée par le Secrétariat de la Défense nationale (SEDENA), avec le soutien des services de renseignement américains et de la DEA, visait à éliminer un pion jetable, à brandir un trophée médiatique et à satisfaire une exigence des États-Unis d’Amérique, qui servira à réorganiser les activités illicites au profit de l’impérialisme américain. La réaction, observée dans plusieurs États fédéraux, témoigne de l’ampleur prise par les monstres engendrés par le pouvoir impérialiste, tout en servant à mettre en place des mesures de contrôle social accrues qui justifient la présence policière et militaire. Elle illustre également le degré de décomposition sociale auquel le peuple mexicain a été soumis, qui déchire le tissu social en raison d’une précarisation constante, ce qui contribue à alimenter les rangs des forces paramilitaires et mafieuses issues de l’État et agissant pour son compte. On observe également la surdimension du phénomène, où l’action criminelle ne correspond pas à la rhétorique médiatique qui magnifie les forces du trafic de drogue. L’action contre El Mencho et son groupe répond aux intérêts américains, aux exigences impérialistes, ce qui est symptomatique de la relation que le gouvernement fédéral mexicain entretient avec l’administration américaine.
Les menaces et chantages constants de Donald Trump pour faire respecter ses exigences conformes à sa politique de sécurité, le blindage de la frontière nord, le contrôle des moyens économiques des groupes de narcotrafiquants par l’envoi de citoyens mexicains grâce à la loi sur la sécurité, et la présence de plus en plus importante d’éléments de la marine et de l’armée américaines sur le territoire mexicain sous prétexte de formation et d’entraînement. de complicité, de codépendance et d’existence sous l’impulsion du pouvoir oligarchique, la loi qui prévaut dans les États capitalistes et chez leurs politiciens, ce sont les intérêts du capital. Lorsque l’impérialisme réclame ordre et contrôle, malgré les appels à la souveraineté et à la coordination, la condition dépendante et subordonnée de notre pays oblige, d’une manière ou d’une autre, à se plier aux désignations impérialistes. Le discours souverainiste de la présidente fédérale se dilue dans les mesures qu’elle prend sur les plans économique, politique et militaire ; dont les conséquences se traduisent par une recrudescence de la violence contre le peuple mexicain, dans le but ultime de garantir la reproduction du capital et de transformer notre pays, de plus en plus, en un centre de loisirs pour l’épanouissement et le plaisir de ceux qui peuvent payer. Plus qu’une victoire face au trafic de drogue, ce qui s’est passé le 22 février représente une subordination à l’impérialisme américain, l’élimination d’un pion qui n’était plus utile aux États-Unis et la création de conditions propices à la réalisation des intérêts américains, une pax impérialiste imposée par le contrôle militaire et économique. Le coup porté à El Mencho ne marque pas la fin du réseau criminel qui alimente l’économie souterraine ; il s’agit d’un changement de direction d’une entreprise dont les profits sont détournés vers les grands centres financiers, qui nourrissent les économies capitalistes et gonflent les poches des oligarques financiers. Les politiciens bourgeois, les partis électoraux, les bourgeois et les oligarques entretenaient tous, d’une manière ou d’une autre, des liens avec ce monde criminel. À Guadalajara et dans ses environs, on savait comment le narcotrafiquant menait ses activités, où il se déplaçait et quelle protection lui offraient les différentes structures policières et militaires. Pourquoi maintenant ? Pourquoi pas avant ? La réponse réside dans la nature même du trafic de drogue et de son univers criminel, sa fonction au service des structures du pouvoir bourgeois, au sein de ces réseaux. Tant que les réseaux locaux ou régionaux serviront les intérêts généraux du capital monopoliste, ils continueront à exercer leurs activités ; mais dès qu’ils deviendront une épine dans le pied, ils seront contrôlés, éliminés et remplacés, mais le phénomène persistera dans la mesure où il s’agit d’une pratique capitaliste qui procure d’énormes profits en très peu de temps aux monopoles financiers. Les dix-sept millions de pesos de bénéfices que le « baron » en tirait, tels qu’ils ressortent des enquêtes menées à la suite de l’opération à Jalisco, montrent que cette somme ne représente que la rémunération pour la gestion d’une affaire s’élevant à des milliards de dollars, dans laquelle El Mencho n’était qu’un maillon de la chaîne capitaliste. Au milieu de tout ce dédale d’intérêts, de pressions et de contrôle politique, ce sont les masses laborieuses qui subissent la violence, qu’elle vienne du côté des paramilitaires ou des forces en uniforme ; le quotidien est synonyme de terreur, de crimes contre l’humanité et d’oppression. Les criminels, les « barons », les chefs mafieux s’étendent autant que les intérêts du capital le leur permettent ; dans la mesure où ils sont utiles au régime, ils déploient leur violence entre eux, avec les forces de l’État ou contre le peuple. Ils sont le fer de lance de la reproduction de la violence, ils naissent des institutions répressives et se voient accorder carte blanche en fonction des intérêts oligarchiques.
PDPR-EPR
El Insurgente, mars, 2026
