déclaration de l’eff sur la réunion bilatérale avec le parti communiste sud-africain en vue de consolider la gauche
Le parti Economic Freedom Fighters (EFF) confirme avoir tenu aujourd’hui une réunion bilatérale constructive avec le Parti communiste sud-africain (SACP) dans le cadre d’un processus délibéré visant à rétablir les relations et à consolider les forces de gauche en Afrique du Sud.
La délégation du SACP était conduite par son secrétaire général, Solly Mapaila, accompagné du secrétaire général adjoint Madala Masuku. La délégation de l’EFF était conduite par son président et commandant en chef, Julius Malema, qui a ouvert la rencontre en remerciant le SACP de son invitation et en affirmant que sans une gauche unie, les forces progressistes continueront à marquer des buts contre leur camp tandis que la droite consolidera son pouvoir.
Le SACP, créé en 1921, est l’un des plus anciens mouvements de libération d’Afrique du Sud. Il s’est historiquement positionné comme l’avant-garde de la classe ouvrière, jouant un rôle central dans la lutte contre l’apartheid aux côtés d’autres formations de libération. Ses cadres ont subi l’interdiction, l’emprisonnement et l’exil, et il a toujours défendu le socialisme, le contrôle de l’économie par les travailleurs et la solidarité internationale avec les nations opprimées. L’EFF reconnaît cette contribution historique et le chevauchement idéologique entre nos deux organisations sur les questions de l’anti-impérialisme, de la terre, de l’industrialisation étatique et du rôle central de la classe ouvrière dans la transformation politique.
L’objectif de la réunion était de jeter les bases d’une reconstruction de relations fondées sur des principes en vue d’une conférence élargie de la gauche. Les deux organisations ont reconnu la crise profonde à laquelle l’Afrique du Sud est confrontée : désindustrialisation, consolidation budgétaire dictée par l’austérité, effondrement de la sécurité énergétique, chômage de masse et extrême pauvreté. Le président de l’EFF a souligné que la pauvreté avait atteint des niveaux intolérables, avec des enfants mourant de faim, et a averti que les Sud-Africains avaient fait preuve d’une patience extraordinaire face à des conditions qui pourraient facilement conduire à une explosion sociale.
La discussion a également porté sur la fragmentation des forces de gauche et la baisse de confiance entre les travailleurs et certains dirigeants syndicaux, de nombreux travailleurs percevant les syndicats comme trop proches des employeurs. L’EFF a souligné la nécessité urgente de rétablir la confiance des travailleurs grâce à des programmes concrets tels que l’internalisation des travailleurs et l’annulation de la dette étudiante, appelant le SACP à se joindre à ces luttes à l’intérieur et à l’extérieur du Parlement.
La réunion a abordé les limites de la démocratie constitutionnelle, où des institutions non élues peuvent finalement faire obstacle à une législation transformatrice, tandis que les politiciens qui ont bénéficié d’une majorité des deux tiers n’ont pas réussi à mettre en œuvre de manière décisive des politiques progressistes par crainte des « investisseurs ». Cela a conduit à l’échec de la mise en œuvre de mesures telles que la création d’une banque d’État, démontrant une réticence politique plutôt qu’une impossibilité constitutionnelle. La réunion a en outre convenu que la souveraineté énergétique, la valorisation des minerais, la politique industrielle et la réforme bancaire doivent constituer l’épine dorsale d’un programme minimum pour la transformation économique.
Les développements internationaux ont également été au centre des discussions. Les deux organisations ont réfléchi à l’évolution de l’équilibre des forces mondiales, au recours aux sanctions et à la déstabilisation contre les pays du Sud, ainsi qu’à la vulnérabilité des États africains face à l’ingérence impérialiste. La solidarité avec le peuple cubain contre le blocus en cours a été réaffirmée, soulignant le rôle historique de Cuba dans la défaite des forces de l’apartheid en Angola, où plus de 35 000 soldats cubains ont été déployés. La position de principe de Fidel Castro, notamment sa demande de libération de Nelson Mandela et de retrait des forces de l’apartheid d’Afrique australe, a été reconnue comme un acte profond de solidarité internationale. La réunion a décidé de créer une équipe de travail conjointe pour aider Cuba matériellement face à de graves pénuries d’énergie.
La solidarité a également été exprimée envers le peuple palestinien et les mouvements progressistes du Sahel, en particulier au Niger, dont l’affirmation de la souveraineté a été reconnue comme faisant partie d’un réveil continental plus large. Les deux parties ont convenu qu’en tant que bénéficiaire de la solidarité internationale pendant l’apartheid, l’Afrique du Sud ne devait jamais renoncer à soutenir les nations opprimées.
La réunion s’est conclue par un accord visant à créer un groupe de travail conjoint, à participer aux préparatifs d’une conférence de la gauche par le biais d’un comité directeur et à élaborer un programme minimum clair et pratique pour défendre les acquis démocratiques tout en faisant progresser l’émancipation économique. Il y a eu consensus sur le fait que la critique au sein de la gauche est nécessaire, mais qu’elle ne doit pas dégénérer en paralysie laissant les forces néolibérales et de droite sans opposition.
Cet engagement bilatéral représente une étape importante vers la reconstruction de l’unité entre les formations de la classe ouvrière et la lutte contre la crise sociale et économique qui s’aggrave en Afrique du Sud. L’EFF reste attaché à une coopération de gauche fondée sur des principes, ancrée dans l’action, la clarté et la recherche d’une véritable liberté économique de notre vivant.
