la résistance des femmes du FNLS (Mexique)

Les femmes du FNLS participent librement et consciemment.

Face aux diffamations et aux accusations malveillantes qui circulent sur les réseaux sociaux à l’encontre de notre projet organisationnel selon lequel « les femmes et les enfants sont contraints de bloquer », les femmes qui composent le Front national de lutte pour le socialisme (FNLS) déclarent ce qui suit :

Les actions que nous menons dans l’exercice de nos droits humains consistent à distribuer des tracts informatifs dans lesquels nous dénonçons la violence institutionnelle subie par les populations organisées et non organisées et exigeons la fin de cette violence qui fait des victimes parmi la population.

Il est faux et tendancieux d’affirmer que les femmes et les enfants sont contraints de participer aux actions politiques de masse que nous menons en vertu de notre droit de manifester. Les femmes qui composent le FNLS ont décidé librement, consciemment et volontairement de participer à cet effort organisationnel, car l’organisation et nous-mêmes nous reconnaissons comme égales à nos camarades pour contribuer au processus de lutte pour le socialisme.

Les femmes ont toujours été présentes dans l’histoire de la lutte de notre peuple, nous faisons partie intégrante des fondements de l’histoire du Mexique. À différents moments, nous avons contribué aux efforts visant à construire une société sans exploités ni exploiteurs. Affirmer que nous sommes contraintes de participer à l’organisation populaire indépendante est contraire à la vérité, cela revient à nier notre capacité d’analyse et à nous disqualifier en tant que sujets politiques.

L’attitude et la pensée réactionnaires qui partent du principe que les femmes qui composent le FNLS, en raison de notre condition biologique et de notre origine sociale, ne sommes pas capables d’analyser la situation économique, politique et sociale réelle, nient donc notre capacité à faire partie de l’alternative de lutte pour surmonter le régime honteux qui a fait des victimes parmi la population mexicaine.

La violence que nous subissons, nous les femmes, découle de la politique gouvernementale qui s’acharne contre l’ensemble des exploités et des opprimés. Elle n’est pas exclusive à un genre particulier, c’est une violence qui vise à semer la terreur et à démobiliser. Elle est l’expression d’un gouvernement qui méprise les travailleurs des campagnes et des villes, comme en témoignent quotidiennement le refus de garantir le droit à la santé pour notre famille, l’éducation refusée à nos enfants, un logement digne et décent auquel, selon la loi bourgeoise, nous n’avons pas droit.

Le exemple le plus frappant a été la violence gouvernementale déployée contre le FNLS le 20 février dernier, avec l’utilisation de gaz lacrymogènes, d’armes à feu, les rafales tirées sur des femmes et des enfants qui cherchaient seulement un endroit où se cacher et s’éloigner du regard d’un hélicoptère qui nous suivait avec l’intention de mettre fin à nos vies.

Ou bien, à quoi font référence les gouvernements en place lorsqu’ils parlent d’humanisme transformateur ? Est-ce la violence institutionnelle qui saigne à blanc les masses laborieuses ? En effet, c’est la violence réactionnaire d’un gouvernement qui ne tolère pas la critique à son égard, qui n’écoute ni ne répond aux demandes de justice, et qui tente d’enterrer à coups de balles le droit du peuple à s’organiser et à exiger une réponse à ses revendications.

Notre adhésion à un projet libérateur est motivée par la nécessité de préserver la vie de nos enfants et de nos compagnons, car la violence d’État ne fait aucune distinction entre ses victimes : hommes, femmes et enfants sont victimes de la violence au même titre.

Notre volonté de lutter et de nous organiser reste intacte car la violence institutionnelle est criminelle. C’est pourquoi, le 20 février dernier, nous avons dû crier des slogans et manifester devant les visages répressifs de la Force de réaction immédiate Pakal (FRIP) qui se trouvaient sur le terrain de basket de Río Florido. Nous avons mené une action similaire dans l’ejido El Carrizal après qu’ils aient pillé et volé tout ce qu’ils trouvaient sur leur passage.

Malgré l’angoisse provoquée par les coups de feu tirés sur nos maisons, par l’utilisation de gaz lacrymogènes et par les rafales tirées depuis un hélicoptère blindé pour nous assassiner, le 24 février dernier, nous sommes sortis sur le tronçon routier San Cristóbal Ocosingo, à hauteur de notre ejido, pour nous positionner et exprimer notre rejet de la répression et de la tentative de massacre dont nous avons été victimes, ainsi que pour dénoncer les patrouilles constantes de la police dans les environs de nos communautés.

Les femmes qui composent le FNLS participent consciemment aux différentes activités de diffusion et de dénonciation, car la voix officielle tente de faire taire et de délégitimer, par la violence institutionnelle, la voix de la lutte et de la protestation. Cette action montre l’autoritarisme des gouvernements de Morena.

Car être une femme n’est pas synonyme de faiblesse, c’est une résistance, c’est assumer différentes responsabilités, parmi lesquelles accomplir les tâches que la lutte nous impose. Au sein du FNLS, les femmes luttent, sont responsables, ont des droits et des obligations, mais nous ne sommes jamais limitées parce que nous sommes des femmes, au contraire, notre préparation politique et culturelle est encouragée.

Nous exigeons le démantèlement de la FRIP, l’abrogation de la loi sur l’utilisation des armes à feu et des explosifs, la fin de la répression et de la persécution politique contre le FNLS, le jugement et la punition des criminels d’État. Ces revendications sont maintenues face à un gouvernement qui s’acharne contre les paysans et les indigènes qui exercent leur droit légitime à la liberté d’expression et à l’organisation indépendante.

Cordialement

Pour l’unité des travailleurs, des paysans, des indigènes et du peuple !

Front national de lutte pour le socialisme

FNLS

25 fevrier mexique

Aller à la barre d’outils