Le racisme et l’islamophobie sous l’angle du genre

L’image coloniale de la femme musulmane, présentée comme victime du système patriarcal et religieux, porteuse d’une culture arriérée ou comme danseuse exotique, constitue le fondement des discours islamophobes sexistes.

L’un des défis actuels du féminisme islamique consiste à répondre à ces conditions et à renforcer le rôle des femmes musulmanes en tant qu’actrices du changement et non comme des victimes passives.

L’islamophobie de genre est une forme de racisme et de sexisme structurel qui touche les femmes musulmanes. Cette violence combine des préjugés racistes et misogynes, les présentant comme des victimes soumises qui ont besoin d’être libérées, ce qui les rend invisibles et les exclut des espaces féministes hégémoniques.

Il s’agit d’une violence exercée à l’encontre des femmes racialisées ou culturellement racialisées, et qui est renforcée tant par le racisme structurel que par le système patriarcal. Cette discrimination affecte non seulement les corps des personnes musulmanes, mais aussi, sur le plan symbolique et structurel, leurs identités.

L’islamophobie est une forme de racisme, un nouveau racisme qui passe de la supériorité raciale à la supériorité culturelle.

Les structures racistes agissent dans différents domaines (violence physique, économique, de classe…) et utilisent ces violences pour maintenir le système d’inégalités et les relations hiérarchiques. Les femmes des pays pauvres, par exemple, ne parviennent jamais à s’affranchir de la généralité affaiblissante de leur statut d’objet.

Il est donc urgent d’accorder une place centrale à cette forme de violence machiste dans l’agenda féministe.

Les éléments les plus pertinents qui affectent les femmes sont les suivants : Les institutions publiques et privées qui mettent en œuvre des politiques publiques devraient : Vive la lutte féministe et antiraciste !

  • Les femmes musulmanes sont victimes de discriminations à différents niveaux : le système, la société, la communauté à laquelle elles appartiennent et la famille.

  • En général, la société traite les femmes musulmanes comme des objets et non comme des sujets.

  • Dans l’espace public, elles sont traitées différemment : méfiance, peur, mépris, évitement, commentaires négatifs, remarques, insultes, agressions verbales ou physiques.

  • Sur Internet et les réseaux sociaux, prolifération de commentaires négatifs, d’insultes, de représentations stéréotypées, d’associations à des phénomènes tels que la violence, le machisme…

  • Dans les médias : stéréotypes négatifs, représentations homogénéisantes, monopole du discours et invisibilisation des femmes dans les débats publics.

  • Discrimination dans l’accès à l’emploi et aux formations.

  • Incidence particulière du facteur vestimentaire, volonté de contrôle du corps féminin comme expression du machisme et de l’inégalité entre les hommes et les femmes.

  • Stéréotypes de genre et préjugés : en tant que femmes, elles sont sans défense et/ou acceptent les mauvais traitements, on peut les agresser en toute impunité.

  • L’islamophobie ne touche pas les femmes perçues comme des touristes de haut niveau, mais les femmes associées à l’immigration et les ouvrières, sans défense en raison de leur situation socio-économique et administrative.

  • Promouvoir des expériences et une pédagogie au niveau éducatif qui combattent l’ignorance et les préjugés.

  • Dans le domaine éducatif, éviter la mise en œuvre de mesures qui stigmatisent la communauté musulmane, telles que le PRODERAI (Protocole pour la détection et la prévention de la radicalisation islamique) dans les établissements scolaires, mis en place par la Generalitat de Catalunya. Elles contredisent et entravent le rôle des établissements scolaires en tant qu’espaces de communication, d’échange culturel, de formation et de développement de processus intellectuels et sociaux, tant personnels que collectifs.

  • Pédagogie et sensibilisation antiracistes contre les préjugés et les rumeurs.

  • Engagement clair à ne pas encourager le racisme institutionnel et social.

  • Rechercher des espaces de rencontre, de participation et de rapprochement à partir desquels lutter contre les discriminations sexistes et permettre la création d’alliances dans la lutte antiraciste et féministe.

  • Adopter un regard critique qui mette de côté l’ethnocentrisme et nous permette d’aller au-delà des préjugés.

M. Àngels Grau

unidadylucha.es

Bibliographie

https://casaarabe.es/eventos-arabes/show/la-islamofobia-de-genero-y-los-desafios-del-feminismo-islamico

https://sosracismo.eu/wp-content/uploads/2018/01/Islamofobia-y-genero.-SOS-Racismo-1.pdf

https://www.islamofobia.es/islamofobia/islamofobia-de-g%C3%A9nero-y-homonacionalismo/

https://www.pikaramagazine.com/2016/03/la-islamofobia-de-genero-como-violencia-machista/

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