28 mars 1980 : l’exécution de quatre militants communistes italiens

Le 28 mars 1980, la police spéciale a Gênes (Italie) a tué quatre militants communistes des Brigades rouges. Ces camarades ont été tués dans un appartement, une véritable exécution perpétrée par les forces spéciales de l’État italien. Certains d’entre eux ont été tués alors qu’ils étaient encore au lit. Aujourd’hui, se souvenir de ces martyrs de la lutte ouvrière et prolétarienne peut sembler relever de l’« archéologie », mais les oublier reviendrait à les tuer une seconde fois. Leur sacrifice reste pour nous l’Histoire, notre histoire de classe.

Nous n’oublions pas

Pour le communisme

LE TRACT commémoratif rédigé par les Brigades rouges le lendemain.

« Vendredi 28 mars 1980, quatre camarades des BR ont été tués par les mercenaires de Dalla Chiesa. Après s’être battus, et se trouvant dans l’impossibilité de briser l’encerclement, après s’être rendus, ils ont été massacrés. Les camarades suivants sont tombés sous les rafales de mitraillettes de la police à la solde du régime :

ROBERTO : ouvrier portuaire, militant révolutionnaire depuis toujours, membre de la direction stratégique de notre organisation. Sa contribution à la guerre de classe que les prolétaires ont menée ces dernières années à Gênes a été inestimable. Dirigeant de l’organisation depuis le début de la construction de la colonne qui porte aujourd’hui le nom de Francesco Berardi, avec générosité et un dévouement total, il a su offrir à tous les camarades qui ont eu le privilège de l’avoir à leurs côtés dans la lutte un exemple de militantisme révolutionnaire fait d’intelligence politique, de sensibilité, de solidarité, de véritable humanité, que les balles lâches des carabiniers ne pourront détruire.

CECILIA : elle gagnait sa vie en tant que secrétaire. Comme à toutes les femmes prolétaires, la bourgeoisie avait réservé une vie doublement exploitée, doublement subalterne et mesquine. Elle n’a pas accepté ce rôle en adhérant et en militant dans notre organisation, apportant de toutes ses forces une contribution énorme à la construction d’une société différente, où les mots « femme » et « prolétaire » ne signifient pas exploitation.

PASQUALE : ouvrier chez Lancia à Chivasso.

ANTONIO : ouvrier chez Fiat et dirigeant de notre organisation.

Toujours à la tête des luttes dans l’usine et dans les quartiers où ils vivaient. Tous ces ouvriers et prolétaires qui n’ont pas cédé face à l’attaque déchaînée par la multinationale d’Agnelli et son État les ont connus.

C’est précisément parce qu’ils étaient de véritables avant-gardes qu’ils avaient compris que lutter pour sortir de la misère, du chômage partiel, des rythmes de travail, du travail à la pièce, du travail salarié, cela signifie prendre les armes et organiser le pouvoir prolétarien capable de libérer les forces pour une société communiste.

Prendre les armes et combattre.

Ces camarades étaient conscients qu’en décidant de se battre, ils affronteraient la fureur meurtrière de la bourgeoisie et qu’ils pourraient être tués. Mais la certitude de se battre pour la vie, pour la liberté, en position d’avant-garde, en première ligne, est une tâche que les meilleurs fils du peuple, les plus conscients, doivent assumer afin de briser les digues d’où le mouvement prolétarien démolira la société voulue par les patrons.

Pour eux, comme pour beaucoup d’autres ouvriers, le choix était clair : se battre et vaincre au risque de mourir ; plutôt que de subir et de mourir à petit feu en tant que serviteurs et instruments utilisés par une poignée de charognards pour accumuler des profits.

Aujourd’hui, Roberto, Pasquale, Cecilia, Antonio sont tombés au combat. La douleur causée par leur mort est immense, nous ne parvenons pas à exprimer comme nous le voudrions ce que nous ressentons, car ils ont été tués et nous ne les aurons plus parmi nous. Mais aucun d’entre nous n’a pleuré, comme toujours quand on tue nos frères, et la raison est unique : d’autres ont déjà pris leur place dans la bataille.

Au moment même où nous sommes frappés par la douleur de leur disparition et où nous honorons leur mémoire, se renforce en nous la conviction qu’ils ne sont pas tombés en vain, tout comme tous les camarades qui ont donné leur vie pour le communisme ne sont pas morts en vain. »

Brigades rouges – 29 mars 1980

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