Ces derniers jours, nous assistons une fois de plus à la capacité hégémonique de l’impérialisme, qui parvient encore à imposer son programme politique, même au sein d’un pays qui, contradictoirement, tente de s’émanciper. Le camarade Julius Sello Malema, président de l’EFF (Economic Freedom Fighters), l’une des principales forces de la gauche anti-impérialiste en Afrique du Sud, a été condamné à 5 ans de prison ( Il est actuellement en liberté sous caution, dans l’attente du jugement en appel), à l’instigation du président des États-Unis Trump. Il a été reconnu coupable d’avoir enfreint la loi sur le contrôle des armes à feu pour avoir tiré des balles réelles depuis la tribune avec un fusil, lors des célébrations du cinquième anniversaire, en 2018, du parti qu’il a fondé après son départ de l’Africa National Congress (ANC). S’adressant à ses partisans devant le tribunal, Malema a lancé une série d’accusations contre la justice, affirmant que la condamnation et la peine étaient le résultat d’une pression internationale exercée par les États-Unis : « Ils tentent par tous les moyens de faire taire cette voix. Ils ne gagneront jamais. Nous combattons notre ennemi, la suprématie blanche. » Malema accuse les tribunaux d’être toujours au service de l’AfriForum, une organisation qui représente les membres de la minorité afrikaner d’Afrique du Sud – ainsi qu’un puissant groupe de pression sur le gouvernement de Trump qui a engagé la procédure judiciaire.
Nous publions un communiqué de l’organisation EFF concernant la nomination de l’ambassadeur d’Afrique du Sud aux États-Unis, directement lié au ségrégationnisme. Cette affaire montre clairement que la lutte des classes contre l’impérialisme doit être permanente, même au sein d’un État souverain comme l’Afrique du Sud.
Nous exprimons toute notre solidarité au camarade Julius Sello Malema.
rédaction de Supernova
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Concernant la nomination de roelf meyer au poste d’ambassadeur de l’afrique du sud aux états-unis d’amérique
L’ EFF (Economic Freedom Fighters ) rejette la nomination de Roelf Meyer au poste d’ambassadeur de l’Afrique du Sud aux États-Unis d’Amérique par le président Cyril Ramaphosa. Cette nomination est non seulement politiquement inopportune, mais constitue également une insulte délibérée à notre lutte démocratique.
L’histoire de Roelf Meyer le place comme une figure centrale de l’État de l’apartheid, ayant gravi les échelons du Parti national, l’instrument politique qui a orchestré et imposé l’oppression raciale en Afrique du Sud. Meyer a été député du Parti national à partir de 1979, à une époque où l’apartheid était à son paroxysme, caractérisée par des interdictions, des détentions sans procès, une répression violente de la dissidence et l’exclusion systématique des Sud-Africains noirs de la vie politique et économique.
Il a ensuite occupé plusieurs postes clés au sein du gouvernement de l’apartheid, notamment celui de vice-ministre de l’Ordre public, puis de ministre de la Défense. Le ministère de l’Ordre public était directement responsable de l’appareil policier qui appliquait les lois de l’apartheid, écrasait l’opposition politique et maintenait un régime fondé sur la peur et la violence.
En tant que ministre de la Défense, Meyer faisait partie de la direction politique supervisant les Forces de défense sud-africaines (SADF), qui étaient profondément impliquées dans des campagnes de déstabilisation transfrontalières, des guerres régionales et la répression interne. Son implication dans le processus de transition des années 1990 ne peut servir à blanchir ou à effacer son rôle antérieur dans le maintien de l’apartheid. Il est important de rappeler que des révolutionnaires tels que Chris Hani n’ont jamais été naïfs face à des personnages comme Meyer. Hani a constamment mis en garde contre toute idéalisation des membres du régime de l’apartheid qui se sont soudainement rebaptisés démocrates. Il a averti que des individus tels que Roelf Meyer, ainsi que d’autres agents du Parti national, n’avaient pas fondamentalement transformé leur vision du monde, mais s’adaptaient plutôt afin de préserver le pouvoir économique des Blancs dans de nouvelles conditions politiques.
Il est donc profondément choquant que la nomination de Roelf Meyer intervienne au moment même où l’Afrique du Sud commémore l’assassinat de Chris Hani. L’EFF refuse d’accepter une situation où, dans l’ombre du martyre de Hani, l’État démocratique élève d’anciens fonctionnaires de l’apartheid à des postes de représentation internationale.
Cette contradiction met à nu un gouvernement qui a abandonné la nature révolutionnaire de notre lutte et qui est désormais prêt à réhabiliter ceux qui ont autrefois soutenu l’oppression, afin d’apaiser les puissances mondiales.
À l’heure où les États-Unis eux-mêmes sont aux prises avec un racisme profondément ancré et la résurgence d’une politique d’extrême droite et suprémaciste blanche, l’Afrique du Sud devrait afficher une posture anti-impérialiste audacieuse et sans compromis, et non déployer des individus dont le passé s’aligne sur des systèmes de domination raciale.
L’EFF rejette donc fermement l’argument selon lequel une telle nomination serait synonyme d’« expérience » ou de « stabilité ». Au contraire, elle reflète une volonté dangereuse de la part de l’administration actuelle d’apaiser les caprices suprémacistes blancs de Trump en présentant une figure acceptable pour les structures du pouvoir blanc.
L’EFF demande le retrait immédiat de cette nomination et la sélection d’un représentant qui incarne les véritables valeurs révolutionnaires de notre pays.
Avril 2026
