Chronique de la libération de Lucio García Blanco

Lucio García Blanco, un exemple de lutte et de résistance. Compte rendu de son accueil après 30 ans de prison

Silence. Fascistes, fermez vos bouches puantes.

Le verrou de la prison s’ouvre. Un communiste sort. Commissariats. Tortures brutales, prison et clandestinité n’ont pas réussi à éteindre la flamme de son regard ni à faire disparaître le sourire rebelle de ses lèvres.

Avec ses septante-plus d’années derrière lui et ses graves maux et maladies, la porte grillagée s’ouvre et Lucio García Blanco sort, la tête haute et le poing levé vers les Vents du Peuple.

Silence. Fascistes, fermez vos bouches puantes.

Avec Lucio marche la loyauté inébranlable envers la classe ouvrière. La dignité. Le courage.

Au pas des vainqueurs, Lucio est accueilli par le grondement retentissant des printemps rouges qui s’ouvrent pour lui sur les larges allées de la Liberté.

Le dimanche 26 avril, une vingtaine de personnes se sont rassemblées devant les portes de la prison de Villabona (Asturies) pour accueillir Lucio. Nous étions là dès 8 h du matin. Des camarades et des sympathisants venus de Madrid, de Cantabrie, des Asturies, du Pays basque, de Zamora et de Galice. Nous avons dû attendre jusqu’à 10 h du matin pour le voir sortir, mais vers 9 h, Lucio s’est approché des barreaux et nous avons réussi à faire en sorte que le « Che » s’approche de lui pour qu’ils se serrent la main, ce qui a rendu l’attente un peu plus supportable. On avait interdit à Lucio de s’approcher des barreaux, mais il l’a quand même fait jusqu’à ce qu’on vienne lui dire qu’il ne pouvait pas rester là.

À 10 h, le verrou de la prison s’ouvre. Et un communiste sort, la tête haute et le poing levé. Le prisonnier social qui portait le sac de Lucio nous a dit : « Vous emmenez le meilleur qu’il y avait ici. Prenez bien soin de lui ». Et il est retourné à l’intérieur, lui aussi, le poing levé. Lucio nous a expliqué plus tard qu’il n’avait eu pratiquement aucune relation avec lui, mais que ces derniers jours, ils avaient beaucoup parlé et étaient devenus de bons amis. C’était un ancien mineur, et ce passé les avait rapprochés.

Des embrassades, beaucoup d’embrassades et beaucoup d’émotion. Il n’arrêtait pas de répéter qu’il était très ému et qu’il ne pouvait pas parler, qu’il était sur un petit nuage. Il nous prenait la main, nous embrassait… Il a reconnu presque tous les camarades de la vieille garde. Des drapeaux du Parti (PCEr), de la République populaire et de la Galice ont salué son départ.

Sur place, nous lui avons dit que nous allions l’emmener manger à Gijón, qu’il était invité. Et c’est vers Gijón que nous nous sommes dirigés, en cortège, à la recherche d’un endroit plus tranquille, désormais en toute liberté, pour lui rendre l’hommage qu’il méritait. Nous nous sommes arrêtés dans un premier bar en attendant l’heure du repas. Là, il a reçu les appels de camarades emprisonnés : Israel Torralba, Victoria Gómez… et de quelques sympathisants d’Euskal Herria et de Galice.

Nous lui avons également transmis les salutations d’autres camarades qui n’ont pas pu être présents lors de son départ. Son émotion allait grandissant. La nôtre aussi.

Un repas typiquement asturien que nous avons mis à profit pour échanger nos expériences. Nous avons parlé des 50 ans de la Résistance, de la guerre en Iran, de la campagne de solidarité avec Mari Jose, de l’échec de l’impérialisme, de notre expérience de lutte au cours de toutes ces années… et même de questions économiques. Au cours de la soirée, nous avons collecté de l’argent entre nous pour l’offrir au camarade. Et la cérémonie s’est terminée par quelques mots de remerciement pour la solidarité et un appel à poursuivre la campagne pour la libération de Mari Jose.

presos.org.es

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