DOCUMENTS DE TRAVAIL
AMÉLIORER LE MODE DE TRAVAIL RENFORCE LA CAPACITÉ D’ORGANISATION POLITIQUE, LA CAPACITÉ MILITAIRE ET LA CAPACITÉ D’ORGANISATION DU PEUPLE
« Nous agissons, mais il est difficile d’en rendre compte car il manque l’essentiel : l’angoisse et l’attente liées à l’action, les surprises bien plus importantes que les résultats, les échecs où toute la famille s’effondre comme un château de cartes et où, pendant des jours entiers, on n’entend rien d’autre que des lamentations et des éclats de rire. Raconte ce que nous faisons n’est qu’une façon de combler les vides inévitables, car parfois nous sommes pauvres, emprisonnés ou malades ; parfois l’un d’entre nous meurt ou (ça me fait mal de le mentionner) l’un d’entre nous trahit, démissionne ou entre à l’administration fiscale. Mais il ne faut pas en déduire que tout va mal pour nous, que nous sommes mélancoliques » – Julio Cortázar
AMÉLIORER LE MODE DE TRAVAIL RENFORCE LA CAPACITÉ D’ORGANISATION POLITIQUE, LA CAPACITÉ MILITAIRE ET LA CAPACITÉ D’ORGANISATION DU PEUPLE
En ce qui concerne la situation politique générale, les fascismes du XXIe siècle cherchent à écraser les peuples pour piller leurs richesses et leurs ressources, en recourant à nouveau à des théories de supériorité raciale ou de supériorité morale et « esthétique » des riches sur les pauvres, diffusant cette vision par le biais des médias et des réseaux sociaux qui constituent un champ de bataille, mais qui ne peuvent toutefois effacer la réalité factuelle incontestable. Dans la pratique, des conflits éclatent partout dans le monde, dans des conditions d’asymétrie, discontinus dans le temps et l’espace, sans fronts définis, avec une multiplicité d’acteurs et d’intervenants, ainsi que différentes formes de résistance et d’insurrection. C’est un contexte dans lequel les États-Unis tentent de se maintenir en tant que puissance hégémonique et sont confrontés à une multipolarité de tendances politiques diverses et changeantes, au sein de laquelle il faut évoluer pour faire des tendances insurgées révolutionnaires les principales forces en présence. Dans cette situation politique actuelle tumultueuse, où un fascisme de plus en plus virulent et irrationnel veut imposer sa vision du monde et son idéologie de l’égoïsme centrée sur un « moi narcissique » désespéré, aliéné et prêt à endurer ou à commettre n’importe quel abus pour atteindre des « réussites » qui se traduisent en argent, instaure un individualisme systémique où l’auto-exploitation et l’auto-asservissement pour survivre sont valorisés, tandis qu’être critique ou rebelle est mal vu. En plus de vendre ce mélange de dépression et de rêves de « réussite », le fascisme en Colombie et partout dans le monde étouffe dans le sang toute résistance et instaure la dictature des riches, avec pour conséquence l’injustice, l’ignorance, l’exploitation et la mort. Notre nation subit l’agression des États-Unis qui imposent des « vice-rois » dans toute l’Amérique latine pour exploiter nos ressources et notre peuple sous prétexte de leur guerre mondiale contre « le terrorisme d’extrême gauche », mettant en œuvre un nouveau plan Condor qui considère comme ennemi toute position autre que celle consistant à s’agenouiller devant Trump. Cette situation nous oblige à défendre nos peuples et notre terre, et donc à renforcer nos capacités politiques, militaires et organisationnelles, à corriger nos erreurs et à progresser dans l’ensemble de nos tâches.
ÊTRE HONNÊTE ET AUDACIEUX
Le point de départ de ce document de travail repose sur l’autocritique, et donc sur l’obligation de transformer les méthodes de travail qui vont à l’encontre de l’avancée politico-militaire du Mouvement en particulier, et des luttes du peuple colombien en général. Être honnête et audacieux dans l’autocritique, c’est ce qui incombe à ceux d’entre nous qui luttons contre les oppresseurs aux côtés des opprimés. Le devoir fondamental du révolutionnaire est de faire preuve de courage et d’efficacité pour corriger les erreurs, pour rejeter les idées, les attitudes, les actions et les habitudes qui, consciemment ou inconsciemment, nuisent au développement du Mouvement et à son lien avec le peuple. L’unité de vue et la cohésion interne sont déterminantes pour résoudre, surmonter et transformer les difficultés, afin d’affronter efficacement les ennemis du peuple ; c’est une question de perspective idéologique et de clarté politique, une question de discipline consciente fondée sur l’amour du peuple et la compréhension politique qui doit nous unir dans nos sentiments et nos pensées. Nous, les révolutionnaires, ne sommes pas étrangères au monde dans lequel nous vivons ; ainsi, les courants idéologiques dominants nous touchent, nous traversent et nous influencent ; nous sommes également la cible de l’action psychologique contre-insurrectionnelle et, bien sûr, les problèmes politiques, militaires, financiers, de sécurité et les répercussions personnelles sont courants. Il arrive aussi que, face aux difficultés ou à la perspective d’assumer des responsabilités, de se dépasser ; face à la nécessité de persévérance et d’effort permanent ; les privations matérielles ; la réalité de la prison et de la torture ; les blessures et l’hôpital ; la mort et son irréversibilité, certaines ont tendance à faiblir ou à se ramollir, car cela s’avère toujours moins angoissant que d’affronter les problèmes et l’ennemi, mais cela revient à se livrer aux mesquins qui offrent à l’humanité la carotte et le bâton. Cesser de lutter et se rendre, c’est leur donner raison ; c’est pourquoi, face au doute, à la peur, à la fatigue, aux problèmes personnels ou aux privations matérielles, il faut toujours s’appuyer sur la détermination des camarades, sur les capacités personnelles de chaque individu pour ne pas céder, et sur l’intelligence collective pour trouver des solutions. Le Mouvement a vécu ces luttes et ces expériences ; cependant, pour les révolutionnaires, il est également courant de les affronter et de les surmonter. Ici, l’affirmation de l’individualité en assumant « l’aventure existentielle du subversif rebelle », la mise en jeu des ressources personnelles, s’avère déterminante dans la mesure où c’est la capacité des individus, mise au service d’un projet collectif, qui donne forme à la rébellion, à la subversion de l’ordre établi ; tout comme, historiquement, des millions de personnes, en jouant leur humanité et leur singularité, ont développé la science, l’art, la culture et ont créé de nouveaux ordres sociaux et politiques. Les problèmes de notre époque sont ceux d’un monde où la souffrance de millions de personnes fait de quelques génocidaires des multimillionnaires qui se croient les seuls à avoir le droit de concevoir le monde à leur propre profit. Mais nous avons nous aussi le droit de le concevoir, et de le faire mieux pour les grandes majorités ; la différence est qu’ils ont des gens pour faire le travail à leur place, pour affronter leurs ennemis à leur place, tandis que nous devons le faire nous-mêmes. Dans ces circonstances, affronter l’ennemi, surmonter les difficultés et étendre notre action exigent une unité de perspective, de vision du monde et d’attitude face aux tâches et aux actions à mener. Il s’agit là d’une question essentielle, liée à nos convictions, qui doivent s’affirmer dans la pratique et qui comportent des éléments fondamentaux tels que les suivants : – Nous ne luttons pas pour nous enrichir ni pour obtenir la gloire ou la fortune. – Nous ne luttons pas pour défendre les intérêts des riches. – Nous luttons pour les intérêts du peuple, des plus pauvres. – Nous sommes toutes égales, qu’elles soient Noires, paysannes ou autochtones ; nous sommes les pauvres des villes et des campagnes, et nos vies valent exactement autant que celles de tous les autres. – Nous reconnaissons, même au milieu de la crise, du retard politique et de la domination culturelle du colonialisme, que les peuples ressentent et pensent, car nous sommes la chair et le sang de notre peuple et parce que nous reconnaissons notre différence ; nous avons foi en l’avenir, en les peuples et en l’humanité. Ces convictions doivent se manifester dans nos relations quotidiennes avec les masses, avec les autres organisations politiques et, en interne, avec les camarades du Mouvement. Nous ne prônons pas une unité mielleuse fondée sur le politiquement correct, qui empêcherait d’aborder les choses ouvertement et clairement. Au contraire, nous défendons l’idée de persuader patiemment des camarades qui peuvent être inexpérimentées, désorientées, dépolitisées, mais qui partagent cette base d’unité révolutionnaire que nous avons mentionnée plus haut et qui font preuve d’enthousiasme et d’envie de se battre, d’apporter leur contribution dans différents domaines, de lutter en fonction de leur niveau et de leurs capacités. La principale ressource, ce sont toujours les gens ; c’est pourquoi le cadre doit faire preuve d’audace et de patience pour les mobiliser et les politiser. En même temps, il faut entourer les gens d’une affection sincère, se soucier de leurs conditions de vie matérielles, de leurs conflits quotidiens et tenir parole. Rappelons ce qu’affirme Angela Davis : « La solidarité n’est pas une relation entre le sauveteur et le sauvé. C’est un engagement mutuel. » Personne ne devient révolutionnaire de force ; nous avons toujours affirmé que « les gens comprennent quand ils comprennent » et notre principe a été, et doit rester, celui d’éduquer par l’action, la mobilisation, l’activité politique et l’organisation, car « seule la lutte éduque », mais cela ne signifie pas pour autant négligence, ni manque d’ordre ou de planification. Notre responsabilité envers toutes nos camarades est donc de les aimer, de les aider, de les écouter et de contribuer rigoureusement à leur politisation, à leur formation et à leur entraînement, mais aussi d’être à l’écoute de leurs problèmes, de leurs attentes et de leurs besoins, renforçant ainsi la chaîne des liens affectifs, générant la sérénité d’esprit nécessaire pour surmonter toutes sortes de difficultés et consolidant l’esprit de corps dans l’action. Ce qui nous oblige à étudier pour approfondir notre compréhension politique, à valoriser l’expérience collective, à prendre position face aux problèmes organisationnels, politico-militaires et nationaux, à nous assumer comme les moteurs de notre propre organisation et comme les dirigeants du processus révolutionnaire colombien, indépendamment des responsabilités organisationnelles ou de la place qu’on occupe au sein de l’organisation. C’est ce qui dynamise la construction d’une avant-garde intellectuelle capable d’agir, de proposer des idées, de développer la conscience et la culture politique, et capable d’expliquer la nécessité de la révolution en Colombie et d’agir en conséquence, c’est-à-dire de lutter contre les problèmes de notre époque, pour la construction d’une nation démocratique et pour notre Mouvement.
ÉLÉMENTS À PRENDRE EN COMPTE DANS LE STYLE DE TRAVAIL : Il existe un lien direct entre les problèmes internes de l’organisation : – Manque de cohérence et de méthode dans l’étude. – Négligence vis-à-vis du matériel disponible, qui est perdu ou endommagé sans que personne ne s’en aperçoive. – Attitude négligente et peu rigoureuse dans le cycle du renseignement. – Manque de rigueur dans la synthèse des procédures techniques. – L’absence de continuité dans la formation politique et l’instruction militaire. – La nécessité de renforcer la discipline consciente. – La bonne gestion des relations internes, fondées sur le respect mutuel, l’affection et la solidarité. Avec les difficultés que ces problèmes internes engendrent dans le déroulement du travail politique et militaire dans son ensemble : – Le manque de suivi et de continuité dans les processus politiques qui, bien souvent, restent inachevés. – Le non-respect des tâches politiques ou militaires. – La perte de temps consacrée à des tâches inachevées dont on ne tire aucun résultat. – La lenteur des travaux de recrutement et d’intégration des camarades. – La lenteur dans le déroulement du cycle opérationnel. Les résultats du travail politico-militaire correspondent nécessairement au style de travail et à la vision avec lesquels on aborde l’activité révolutionnaire. Cette vision doit être large et exempte de préjugés, car celui qui ne voit que les erreurs se décourage et peut sombrer dans un pessimisme infondé. Celui qui ne voit que les réussites se rend incapable de résoudre les problèmes et d’avancer. La contradiction entre réussites et erreurs exige une vision globale des problèmes et une réflexion sérieuse qui oriente l’action pour surmonter les difficultés. Il ne faut pas se limiter à voir les erreurs, ni se contenter de considérer les réussites, car l’une ou l’autre de ces deux visions engendre plus de problèmes que de solutions : la vision unilatérale qui ne voit que le côté sombre présente les difficultés comme si elles n’avaient ni explication ni possibilité de résolution, comme si elles étaient le fruit de la malchance ou étrangères à l’action et à la connaissance humaines. Il est vrai qu’il existe des aléas et des impondérables dans la mesure où l’ennemi pense et agit indépendamment de nos plans et où de nombreux facteurs peuvent influencer une situation complexe, mais rien n’est inconnaissable et notre attitude n’a jamais été d’abandonner la lutte ni de laisser les problèmes sans y faire face. Il est tout aussi réducteur de ne voir que la perspective radieuse, les possibilités, les potentialités et les atouts du travail politico-militaire, comme s’il s’agissait de succès acquis ou comme s’ils se développaient et agissaient d’eux-mêmes, sans effort ni dévouement. Historiquement, il y a eu parmi nous une forte tendance à agir avec une certaine témérité dans le but de « résoudre » les problèmes au fur et à mesure. Certaines questions se posent alors : la rigueur et la systématisation des procédures techniques entraînent-elles une lenteur au sein de l’organisation ? Ou bien est-ce plutôt les erreurs résultant du laxisme, du désordre et du manque de systématisation qui ralentissent et nuisent au Mouvement ? Existe-t-il un lien entre l’impatience et les résultats obtenus dans la formation et l’éducation politique des militantes, des activistes et des guérillères ? Les réponses sont évidentes. Les réactionnaires colombiens et leurs factions fascistes, irrationnelles et maladroites, mais fortes et agressives, s’efforcent depuis de nombreuses années de maintenir notre peuple aliéné, politiquement abruti, cultivé mais ignorant, effrayé et désorienté, afin de le garder docile, l’empêchant ainsi de prendre conscience de son pouvoir et de sa capacité à prendre en main son histoire et son destin. Notre travail consiste précisément à promouvoir la tradition de lutte, d’organisation et de combat de notre peuple ; à semer la rébellion pour élargir l’horizon, la politique, l’action, le pouvoir et les capacités du peuple colombien. Cela nous oblige à agir en toute conscience dans toutes les activités que nous menons :
– Mobiliser tous ceux qui sont susceptibles de se mobiliser autour d’activités spécifiques, chacun selon ses capacités, son niveau et ses ressources personnelles, en répartissant les tâches de chacun en fonction de l’objectif politique ou militaire. Ce qui n’implique pas de briser les cloisonnements.
– La mobilisation de notre influence politique se déroule également sous la forme d’une recherche sociale sur le terrain. Le guide de l’IAP de Fals Borda nous offre une vision claire quant à la compréhension, l’étude et la résolution des problèmes liés au travail politique et aux relations sociales.
– Écouter attentivement les préoccupations, les questions, les opinions et les contributions des camarades afin de développer une démocratie politique dynamique et, parallèlement, faire le point et évaluer la pratique de chaque camarade avec elle-même, pour confronter les paroles aux actes et contribuer à la formation politique collective et à la synthèse des expériences.
– Développer de manière systématique les plans de formation politique, de travail clandestin, d’organisation et d’instruction militaire. Une fois chaque cycle lancé, travailler jusqu’à mener à bien le plan défini. C’est-à-dire : planifier en définissant le matériel, les activités, les lieux et les formateurs ; lancer le cycle ; évaluer et conclure.
– Synthétiser les erreurs et les réussites de chaque action politico-militaire, afin d’enrichir l’expérience collective et d’éviter que celle-ci ne reste l’apanage ou l’apprentissage exclusif de celles qui ont directement participé aux tâches.
– Assurer la continuité des processus politiques d’organisation et d’éducation des masses, ne pas abandonner le travail en cours de route. Ce qui est commencé doit être mené à bien et il faut tirer les leçons des erreurs et des réussites. Nous ne pouvons pas laisser les choses en suspens, car rien ne se construit et rien ne s’apprend ainsi. La continuité et la constance dans le travail exigent une clarté quant à l’orientation politique générale afin de s’adapter à des conditions changeantes et instables, telles que celles dans lesquelles notre travail se déroule.
– Les tâches assignées doivent être accomplies dans les délais fixés pour leur exécution. Si une camarade ne peut pas ou n’est pas en mesure d’assumer une tâche, elle doit l’exprimer clairement et calmement, mais ne pas s’engager pour ensuite ne pas tenir sa promesse. Cela va à l’encontre de ce que nous représentons et de ce que nous avons construit. Une discipline consciente, adaptée au niveau de chaque tâche, est cruciale pour la réussite des missions.
– Les camarades doivent mettre pleinement à profit leur capacité à s’orienter de manière autonome, avec initiative et clarté, pour mener à bien et développer leurs tâches ; on ne peut pas toujours attendre qu’on nous dise quoi faire, ni ne faire les choses que lorsqu’on nous y oblige ; de même, il n’est pas possible de se concentrer exclusivement sur l’exécution de tâches sans que celles-ci n’apportent une contribution qualitative ou quantitative à l’organisation, car cela ne ferait que renforcer le manque de clarté quant à l’orientation politique des militantes et des militantes.
– Dans le travail politique de masse, les équipes doivent définir les responsabilités en matière d’agitation, de propagande, d’éducation, d’organisation et de mobilisation pour chaque secteur social, ainsi que les tâches de renseignement et de sécurité.
– Le cycle du renseignement doit être appliqué dans son intégralité en toutes circonstances, depuis la définition du plan et l’organisation de l’effort de recherche, en passant par l’affectation des tâches, jusqu’à l’action ou l’archivage, sans dérogation ni excuse.
– La tactique opérationnelle doit être appliquée dans son intégralité, en s’adaptant aux conditions spécifiques. La sécurisation multilatérale est une obligation et un devoir incontournable des commandants.
– Les protocoles et les normes relatifs à la gestion, au transport, au stockage, à la fabrication et à l’entretien de toutes les ressources doivent être strictement appliqués, tant lors de l’instruction, de l’entraînement, des exercices que lors de l’action.
– Toutes les ressources doivent faire l’objet d’un inventaire et chaque camarade responsable de ces ressources doit rendre compte de leur utilisation, de leur état et de leur destination. Les biens et ressources matérielles du Mouvement sont le fruit d’un effort collectif en matière d’acquisition, de gestion, de transport, d’utilisation et de détention ; ils ne doivent pas être perdus, détériorés ni disparaître par manque d’attention ou de soin.
CONCLUSION
Le Mouvement a traversé d’énormes difficultés et s’est battu avec acharnement pour les surmonter. Nous sommes restées fermes dans la défense d’un projet politique et, dans cette lutte, nous avons payé de notre sang les erreurs commises ; beaucoup ont capitulé, d’autres n’ont pas eu la ténacité nécessaire pour résister et certaines ont tout simplement et allègrement changé de camp. Les erreurs, les défaites, les défections ont été extrêmement douloureuses, mais elles ont en même temps généré des expériences, des éclaircissements et des synthèses qui doivent devenir une culture et une attitude politique afin d’être transmises sous forme de synthèse aux nouvelles camarades, non pas comme des cours, mais comme une attitude quotidienne et permanente. La cohérence, la conviction, la décision de lutter en surmontant les difficultés, la poursuite de la lutte politico-militaire constituent un style et une attitude qui doivent rayonner dans toutes nos activités, actions et réflexions. Avant tout avec humilité et simplicité, sinon notre capacité à résister risque de devenir un fardeau qui nous éloignerait des masses et de notre influence politique. Notre attitude persévérante est sans aucun doute un motif de fierté collective, mais d’un autre côté, c’est le devoir minimal et fondamental du révolutionnaire, qui ne fait l’objet d’aucun compromis ni n’est un objet de vanité. C’est simplement ce que nous faisons, nous les révolutionnaires : lutter pour la révolution quelles que soient les circonstances, en surmontant l’échec, la douleur et la mort. Notre Mouvement se trouve à nouveau dans une situation décisive. Nous avons déjà recommencé à maintes reprises et on ne repart jamais de zéro, mais si l’on ne synthétise pas l’expérience ou si l’on n’élabore pas de théorie à son sujet, on n’en finirait jamais de recommencer. Notre Mouvement est né comme une créature vigoureuse et pleine d’avenir, mais il est tombé malade et s’est battu pour surmonter la maladie et survivre. Le moment est venu de quitter l’enfance et de passer à une jeunesse pleine d’énergie. Cela passe par la correction des méthodes de travail et des visions erronées.
QUELQUES CITATIONS PERTINENTES POUR LA DISCUSSION :
« Ne dépendons jamais de l’admiration des autres ; il n’y a aucune force en cela. Le mérite personnel ne peut provenir d’une source extérieure ; nous ne devons pas le rechercher dans nos relations personnelles, ni dans l’estime des autres. C’est une réalité de la vie que les gens, même ceux qui nous aiment, ne partageront pas nécessairement nos idées, ne nous comprendront pas forcément ou ne partageront pas forcément nos enthousiasmes. Mûrissons ! Qu’importe ce que pensent les autres ? Créons notre propre mérite. Le mérite personnel ne peut être atteint par le biais de nos relations avec des personnes qui ont atteint l’excellence. À chacun a été assignée sa propre tâche. Consacrons-nous-y dès maintenant, accomplissons-la du mieux possible, et ne nous soucions pas de ceux qui nous observent. Accomplissons notre propre travail utile sans prêter attention à l’estime ou à l’admiration que nos efforts pourraient susciter chez les autres. Le mérite indirect n’existe pas. Les succès et l’excellence des autres leur appartiennent (…) Réfléchissons à ceci : qu’est-ce qui nous appartient réellement ? L’usage que nous faisons des idées, des ressources et des opportunités qui se présentent à nous. Avons-nous des livres ? Lisons-les. Apprenons-en. Avons-nous des outils ? Construisons ou réparons quelque chose avec eux. Avons-nous une bonne idée ? Poursuivons-la et menons-la à bien. Tirons le meilleur parti de ce que nous avons, de ce qui nous appartient réellement »
– Épictète, Manuel de vie –
« Rien ne nous arrête réellement. Rien ne nous empêche d’avancer, car notre volonté est toujours sous notre contrôle. La maladie peut menacer notre corps ; mais sommes-nous seulement notre corps ? L’invalidité peut paralyser nos jambes ; mais nous ne sommes pas seulement nos jambes. Notre volonté est plus grande que nos jambes. Il n’est pas nécessaire que notre volonté soit affectée par un incident, à moins que nous ne le permettions. Souvenons-nous-en chaque fois qu’il nous arrive quelque chose »
-Épictète, Manuel de vie-
« Un vaste champ s’étend devant nous, qui nous invite à nous occuper de nos intérêts, et bien que nos premiers pas aient été aussi chancelants que ceux d’un enfant, l’école rigoureuse des événements tragiques a affermit notre marche, nous ayant appris, par les chutes, où se trouvent les abîmes, et par les naufrages, où se trouvent les écueils. Pour remporter la victoire, il a toujours été indispensable d’emprunter le chemin des sacrifices. L’Amérique tout entière est teintée du sang américain ; ce sang était nécessaire pour laver une tache si ancienne ; c’est la première fois qu’il est versé avec honneur sur ce malheureux continent, toujours théâtre de désolations mais jamais de liberté… seul objectif digne du sacrifice de la vie des hommes »
-Simón Bolívar-
« Si nous ne savons pas élaborer une tactique politique, un plan d’organisation, orientés sans faute vers un travail de longue haleine et qui, en même temps, garantissent, par le processus même de ce travail, la préparation de notre parti à occuper sa place et à remplir son devoir en toute circonstance imprévue, aussi précipités que soient les événements, nous ne serons que de misérables aventuriers politiques… l’objectif de la social-démocratie consiste en la transformation radicale des conditions de vie de l’humanité tout entière et c’est pourquoi il est impardonnable qu’une social-démocratie soit « effrayée » par la durée du travail »
– V. I. Lénine, Que faire ? –
« Oui, l’indignation la plus sincère contre l’étroitesse d’esprit, le désir le plus ardent d’élever les gens qui s’y prosternent ne suffisent pas, si celui qui s’indigne navigue sans voiles ni gouvernail »
– V. I. Lénine, Que faire ? –
« L’amour est la force qui fait tourner le monde, mais il ne suffit pas s’il n’est pas accompagné de la lutte pour la justice »
– Alexandra Kollontaï –
Movimiento Revolucionario del Pueblo
Colombia
2026
