Au lendemain de l’interception d’un important engin explosif près de Carrickmacross, dans le comté de Monaghan — un engin qui aurait été transporté depuis la région de Dublin à destination des Six Comtés —, le même discours refait surface. Les responsables politiques, les médias et certains soi-disant « républicains » s’empressent de condamner, de cataloguer, d’exiger des arrestations et de présenter les personnes impliquées comme des criminels ou des menaces pour la paix. Cependant, la question fondamentale reste sans réponse : pourquoi le soutien à l’action armée contre la présence britannique en Irlande persiste-t-il en 2026 ?
La réponse n’est ni complexe ni nouvelle. Elle trouve son origine dans l’occupation britannique persistante d’une partie de la nation irlandaise. L’engin en question, quelle que soit son utilisation prévue, s’inscrit dans une longue tradition de résistance à cette occupation. Ceux qui le traitent uniquement comme une affaire policière ou une aberration « dissidente » ignorent délibérément la réalité politique qui rend de telles actions possibles.
Considérons d’abord le comportement de nombreux anciens républicains : des hommes et des femmes qui, en leur temps, ont pris les armes, qui, en leur temps, ont justifié ces mêmes méthodes, qui, en leur temps, ont dû faire face aux mêmes accusations de criminalité de la part de l’État britannique et de ses collaborateurs locaux. Aujourd’hui, certains d’entre eux diffament les militants actuels, réclament leur arrestation et, dans de trop nombreux cas, transmettent des informations aux forces d’occupation. Ils adoptent le langage et la posture qui étaient autrefois réservés aux Britanniques eux-mêmes. L’explication est simple : ils ont été achetés et vendus. Ils ont troqué des carrières politiques, des postes, des salaires et les avantages liés à la complaisance contre l’abandon du principe selon lequel l’occupation elle-même est le problème. Leur parole n’a aucun poids dans aucune analyse républicaine sérieuse. Ceux qui s’allient aujourd’hui à l’oppresseur ne peuvent que plaider en sa faveur. Leur condamnation des volontaires d’aujourd’hui ne repose pas sur des principes ; c’est le résultat prévisible de leur connivence avec ce même pouvoir auquel ils prétendaient autrefois s’opposer.
Pendant ce temps, le Royaume-Uni continue d’exercer sa force militaire à travers le monde avec un armement d’une capacité destructrice bien supérieure. De sa participation continue à des guerres et à des interventions jusqu’à son histoire et à ses opérations coloniales et néocoloniales actuelles, l’État britannique a démontré à maintes reprises sa disposition à tuer des civils et à détruire des infrastructures lorsque cela sert ses intérêts stratégiques ou économiques. Lorsque ce même État, et ceux qui se font l’écho de son discours, dénoncent les Irlandais qui répondent à l’occupation de leur propre pays par la résistance armée, l’accusation d’hypocrisie n’est pas rhétorique, mais un fait. Une puissance qui maintient une présence illégale sur le sol irlandais et, dans le même temps, déploie une force meurtrière à l’étranger, n’a pas l’autorité morale de faire la leçon à ceux qui refusent d’accepter cette présence comme permanente ou légitime.
La seule cause de la résistance armée persistante est le refus des Britanniques de se retirer des Six Comtés. La partition a été imposée et maintenue par la force et par des accords politiques qui n’ont jamais obtenu le consentement du peuple irlandais dans son ensemble. L’Accord du Vendredi Saint et les institutions qui en ont découlé n’ont pas modifié le fait fondamental de la souveraineté étrangère sur une partie du territoire national. Tant que cette occupation persiste, le droit de s’y opposer — y compris par la force des armes — conserve sa logique politique pour ceux qui rejettent la légitimité de la domination britannique. Les tentatives visant à réduire le problème à la criminalité, à des défaillances personnelles ou aux prétendus excès de volontaires individuels ne font que masquer ce point central.
Le soutien à l’action armée ne découle ni de la nostalgie ni d’un désir de violence pour la violence elle-même. Il découle du fait que l’occupation n’a pas pris fin. Tant que la Grande-Bretagne ne se sera pas retirée, les conditions qui engendrent la résistance persisteront. Telle est la réalité que l’interception récente près de la frontière imposée par les Britanniques a une nouvelle fois mise en évidence.
