I. Introduction à la question
Il existe actuellement une question fondamentale qui concerne l’avenir et le destin du Parti et de la nation, une question majeure qui déterminera si des centaines de millions de personnes s’orienteront vers la prospérité commune ou subiront à nouveau l’exploitation et l’oppression. Cette question est la suivante : la voie que nous suivons est-elle, en fin de compte, « socialiste » ou « capitaliste » ? La nature de cette question n’est en aucun cas ordinaire : il s’agit d’une tempête, d’une lutte de lignes, d’un choix d’orientation, d’une épreuve de vie ou de mort qui déterminera combien de temps encore le drapeau rouge pourra flotter.
Vous souvenez-vous de ces voix qui s’élevaient de certains recoins sombres, affirmant que « la question de savoir si notre voie est “socialiste” ou “capitaliste” ne mérite pas d’être débattue », que « le développement est la seule vérité qui compte, peu importe l’idéologie », ou encore que « tant que l’économie progresse, la couleur du chat n’a pas d’importance » ? Ces propos semblent à première vue très « pragmatiques » et très « ouverts », mais ils recèlent en réalité de mauvaises intentions ; ce sont des obus enrobés de sucre, un complot visant à « cuire la grenouille à petit feu ». Ils cherchent à brouiller les cartes afin que certains puissent en profiter pour saper, discrètement et petit à petit, les fondements du socialisme. Certains de nos camarades ont eux aussi été quelque peu désorientés par ce courant de pensée, croyant qu’en se consacrant corps et âme à la production, sans se soucier de la direction à suivre, ils pourraient dormir sur leurs deux oreilles. Une telle façon de penser est extrêmement dangereuse et nous mènera tout droit à un échec cuisant !
Les leçons de l’histoire sont encore fraîches. Des impacts de balles sur les murs de la Commune de Paris à la chute du drapeau rouge des Soviets, n’y a-t-il pas eu, à chaque fois, un écart de cap, une ligne erronée, un flou sur les questions fondamentales qui ont conduit au renversement du régime et à la souffrance du peuple ? Pour quoi les communistes chinois ont-ils versé leur sang et fait des sacrifices pendant des décennies ? N’était-ce pas pour édifier une nouvelle Chine socialiste sans exploitation ni oppression, où le peuple est maître de son destin ? Si aujourd’hui nous nous contentons d’arborer le mot « socialisme » comme une enseigne vide de sens, tout en appliquant au fond les principes du capitalisme, le sang versé par d’innombrables martyrs n’aura-t-il pas été versé en vain ? Où en sont alors les aspirations initiales et la mission de notre Parti ?
C’est pourquoi cette question doit absolument être clarifiée et débattue jusqu’au bout. Il ne s’agit pas d’en faire toute une histoire, mais d’une affaire de la plus haute importance. Elle concerne la nature de notre Parti, la couleur de notre pays, le bien-être fondamental du peuple et la direction que nous prendrons à terme. Sur cette question, il ne doit y avoir aucune ambiguïté, ni la moindre concession !
II. Deux voies, deux avenirs
Qu’est-ce que le socialisme ? Qu’est-ce que le capitalisme ? Il ne s’agit pas là de définitions figées tirées des manuels, mais de voies réelles, vivantes, concrètes, qui touchent aux intérêts vitaux de chacun.
La voie du socialisme est celle où la propriété publique occupe une place prépondérante. Cela signifie que les éléments vitaux de l’économie nationale – usines, mines, chemins de fer, banques, etc. – doivent être entre les mains de l’État, qui représente l’ensemble du peuple, et entre les mains de la collectivité des travailleurs. Ce n’est pas pour autre chose que pour empêcher une minorité d’exploiter la majorité en s’appuyant sur sa possession des moyens de production. La propriété collective des moyens de production est comme la poutre maîtresse de notre société : ce n’est que si cette poutre est solide que l’édifice socialiste peut tenir debout. Sur cette base, nous appliquons la répartition selon le travail : plus on travaille, plus on gagne ; moins on travaille, moins on gagne ; et celui qui ne travaille pas ne mange pas. C’est là la plus grande équité. Le but de notre production n’est pas de permettre à une minorité de capitalistes de s’accaparer des profits, mais de satisfaire au maximum les besoins matériels et culturels sans cesse croissants du peuple. Notre économie se développe de manière planifiée et proportionnée, ce qui permet d’éviter l’anarchie de la production et les crises économiques cycliques propres au capitalisme, ainsi que l’énorme gaspillage de la richesse sociale. Notre système politique est la dictature démocratique du peuple : nous pratiquons la démocratie la plus large possible envers le peuple et la dictature envers les activités subversives de nos ennemis.
Notre culture est au service du peuple et du socialisme ; c’est une culture nationale, scientifique et populaire. L’avenir de cette voie réside dans l’élimination des classes, l’abolition de l’exploitation et, à terme, la réalisation du communisme, afin que l’humanité tout entière soit libérée.
La voie du capitalisme est celle où la propriété privée occupe une place prépondérante. Cela signifie que les moyens de production de la société sont principalement détenus à titre privé par une minorité de capitalistes. Les ouvriers et les paysans, qui ne possèdent rien d’autre que leur force de travail, ne peuvent que vendre celle-ci aux capitalistes et subir leur exploitation. Le seul objectif et la seule motivation de la production capitaliste sont la recherche du profit et la maximisation de la plus-value. Le bien-être du peuple, la justice sociale, la protection de l’environnement : tout cela doit céder le pas face aux profits du capital. La répartition s’effectue en fonction du « capital » : celui qui en possède le plus reçoit la part la plus importante ; tandis que les travailleurs, au prix de leur sang et de leur sueur, ne reçoivent qu’un salaire leur permettant à peine de survivre. Son économie est aveugle et dépourvue de planification ; la concurrence y est une lutte à mort, et les crises ne cessent de la hanter : d’un côté, la surproduction et les marchandises s’entassent comme des montagnes ; de l’autre, le chômage et la misère des travailleurs. Sa politique, soi-disant « démocratique », n’est en réalité que la « dictature de l’argent », c’est-à-dire la dictature d’une seule classe : la bourgeoisie. Sa culture est imprégnée d’individualisme, de culte de l’argent, d’hédonisme et d’idées décadentes et pernicieuses. L’avenir de cette voie est marqué par une polarisation de plus en plus grave, des contradictions de plus en plus aiguës, et aboutira soit à une révolution du peuple travailleur, soit au déclin de la société dans le chaos le plus total.
Ces deux voies sont diamétralement opposées et incompatibles. Tout comme un individu ne peut avancer simultanément vers l’est et vers l’ouest, un pays ne peut suivre à la fois la voie socialiste et la voie capitaliste. Ces discours de « mélange » et de « conciliation » relèvent de l’éclectisme et de l’opportunisme, et mènent inévitablement au capitalisme. En effet, la propriété privée et la propriété publique sont fondamentalement opposées ; la nature du capital est d’expanser et de dévorer : si vous ne le limitez pas et ne le transformez pas, c’est lui qui vous limitera et vous détruira. Vouloir faire « cohabiter pacifiquement » et « se développer conjointement » le capital et le socialisme revient à négocier avec un tigre pour lui prendre sa peau, c’est-à-dire à nourrir un tigre pour s’exposer à un danger futur.
Après la fondation de la Nouvelle Chine, et en particulier une fois la transformation socialiste de la propriété des moyens de production pratiquement achevée, nous avons établi le système socialiste fondamental. C’est là notre racine, notre fondement. Tout en adhérant fermement au système socialiste fondamental, réformer les éléments et aspects des rapports de production et de la superstructure qui ne sont pas adaptés au développement des forces productives constitue un perfectionnement et un développement du système socialiste lui-même. L’objectif est de permettre à la supériorité du socialisme de s’exprimer plus pleinement, et non pas de modifier le système socialiste fondamental, de se lancer dans une « occidentalisation totale » ou de s’engager sur la voie pernicieuse du capitalisme. Ce point doit être clairement et maintes fois expliqué à l’ensemble du Parti et au peuple tout entier.
III. Les diverses conceptions floues et tendances erronées qui existent actuellement
Face aux questions de principe fondamentales, certains de nos camarades ne font pas preuve d’une grande lucidité intellectuelle et ont même développé diverses conceptions confuses et tendances erronées, ce qui mérite que nous y prêtions une attention particulière.
Première tendance : la thèse du « non-débat ». Certains affirment qu’actuellement, dans le cadre de la construction, le temps presse et les tâches sont lourdes ; il suffit de se mettre au travail sans se poser de questions. Selon eux, débattre de la nature socialiste ou capitaliste du système ferait perdre un temps précieux et entraverait notre action. C’est faux ! Pour entreprendre quoi que ce soit, il faut avant tout avoir une orientation claire. Si l’orientation est erronée, plus on avance vite, plus on s’éloigne de l’objectif, et plus les pertes sont importantes. À l’époque de la cinquième campagne contre les « encerclements et anéantissements », Wang Ming, Bo Gu et leurs partisans ont ordonné à l’Armée rouge de livrer un combat acharné contre l’ennemi ; ils semblaient faire preuve d’un grand « zèle » et d’un « esprit d’action », mais quel en a été le résultat ? Les bases ont été perdues et l’Armée rouge a subi de lourdes pertes. Telles sont les conséquences néfastes d’une orientation erronée. La réforme et l’ouverture, ainsi que la modernisation, constituent une grande entreprise sans précédent, semée d’embûches et de récifs.
Si l’on ne lève pas régulièrement la tête pour regarder la route, si l’on ne vérifie pas fréquemment la direction, on risque fort de se perdre dans des situations complexes et d’être égaré par des courants de pensée erronés. « Ne pas débattre », c’est en réalité donner le feu vert aux idées erronées, c’est renoncer à la lutte idéologique, c’est faire preuve de lâcheté politique et d’une mentalité paresseuse. Ce qui doit être débattu doit l’être, car plus on débat, plus la vérité se précise. Sur les questions de principe, nous ne pouvons pas jouer les « conciliateurs » ni rechercher une « harmonie à tout prix ».
Deuxième tendance : la théorie de la « primauté exclusive des forces productives ». Certains estiment que tant que l’économie progresse et que les forces productives se développent, on reste fidèle au socialisme ; quant aux méthodes utilisées ou aux formes de propriété adoptées, cela n’a pas d’importance. C’est là aussi une vision partiale, issue d’un matérialisme mécanique. Certes, le socialisme doit s’appuyer sur des forces productives hautement développées ; la pauvreté n’est pas le socialisme. Cependant, les forces productives se développent toujours dans le cadre de rapports de production déterminés. Le capitalisme est lui aussi capable de développer les forces productives et, durant sa phase ascendante, il a d’ailleurs considérablement stimulé ce développement. Marx et Engels l’ont d’ailleurs confirmé dans le *Manifeste du Parti communiste*. Alors, quelle est la différence fondamentale entre le développement des forces productives que nous menons aujourd’hui et celui du capitalisme ? Elle réside dans le fait que nos objectifs, nos voies et nos résultats sont différents. Nous développons les forces productives dans le cadre d’un système où la propriété publique occupe une place prépondérante et dans la perspective d’une prospérité commune progressive, afin de consolider et de développer le système socialiste pour aboutir finalement au communisme. Si l’on ne parle que des forces productives, sans aborder les rapports de production ni la superstructure, ni la question de la propriété, alors, une fois que les forces productives auront atteint un certain niveau, la richesse se concentrera inévitablement de plus en plus entre les mains d’une minorité de particuliers, une polarisation sociale apparaîtra inévitablement, et la base économique du socialisme sera inévitablement érodée et démantelée. À ce moment-là, même si les forces productives sont très développées, il s’agira toujours de forces productives capitalistes, au service de la bourgeoisie ; quel avantage cela présenterait-il pour la grande majorité des travailleurs ? Avant l’effondrement de l’Union soviétique, on ne pouvait pas dire que les forces productives n’étaient pas développées, mais l’orientation était erronée, et le résultat fut un échec total. C’est pourquoi, pour analyser une question, il ne faut pas se limiter à la vitesse de développement à un moment donné et dans un lieu donné, mais il faut surtout examiner la nature, l’orientation et les conséquences à long terme de ce développement.
Troisième tendance : la thèse consistant à « rattraper le retard sur le capitalisme ». Certains, constatant que le niveau de nos forces productives est encore relativement arriéré, estiment que notre passage au socialisme est « prématuré » ou « en avance sur son temps », et qu’il faudrait revenir en arrière pour « rattraper le retard sur le capitalisme », afin de ne passer au socialisme qu’une fois que le capitalisme se sera pleinement développé. Ce discours est une « théorie de la double révolution » typique, une réédition de l’opportunisme de droite de Chen Duxiu, qui a depuis longtemps été réfuté par la pratique historique de la révolution chinoise. Pourquoi la Chine a-t-elle pu franchir le « gouffre de Kafding » du capitalisme et s’engager directement sur la voie du socialisme ? Cela tient aux conditions nationales spécifiques de la Chine, à son environnement international et à la direction juste du Parti communiste chinois. L’histoire a déjà prouvé que la voie du capitalisme est une impasse en Chine. Les trois montagnes insurmontables que sont l’impérialisme, le féodalisme et le capitalisme bureaucratique ne permettent pas à la Chine de développer un capitalisme indépendant ; la faiblesse de la bourgeoisie nationale chinoise a également empêché celle-ci de mener à bien la révolution démocratique. C’est le Parti communiste chinois qui, à la tête du peuple, a créé, à travers la révolution de nouvelle démocratie, les conditions nécessaires à la transition vers le socialisme. L’instauration du système socialiste en Chine est une nécessité historique et le choix du peuple. Aujourd’hui, nous avons établi le cadre fondamental du socialisme ; bien qu’il ne soit pas encore parfait, nous ne pouvons qu’aller de l’avant, en le perfectionnant et en le développant sans cesse sur la voie du socialisme ; nous ne devons en aucun cas faire marche arrière ni revenir en arrière. Ce qu’on appelle « rattraper le retard » revient en substance à abandonner le socialisme et à rétablir le capitalisme ; c’est un recul historique que le peuple n’acceptera jamais.
Quatrième tendance : la « théorie de la convergence ». D’autres affirment qu’à l’heure actuelle, le socialisme et le capitalisme s’inspirent mutuellement, tirant parti de leurs atouts respectifs pour pallier leurs faiblesses, que les frontières entre les deux s’estompent de plus en plus et qu’à l’avenir, ils « convergeront » vers un système social qui ne sera ni socialiste ni capitaliste. Ce sont là des sornettes destinées à tromper le monde ! Le socialisme et le capitalisme sont deux systèmes sociaux fondamentalement opposés, avec des bases économiques et des superstructures différentes : comment pourraient-ils « converger » ?
Si le capitalisme s’inspire de certaines mesures de régulation macroéconomique et de certaines politiques sociales du socialisme, c’est dans le but d’atténuer les contradictions de classe et de préserver sa domination ; sa nature, fondée sur l’exploitation et l’oppression, reste inchangée. Quant à nous, lorsque nous nous inspirons des technologies de pointe et de l’expérience en matière de gestion du capitalisme, c’est pour développer les forces productives socialistes et renforcer la puissance du socialisme ; notre nature, fondée sur la propriété publique et la prospérité commune, reste inchangée. C’est comme le loup et le mouton : le loup peut parfois imiter le bêlement du mouton, mais c’est dans le but de le dévorer plus facilement. Peut-on pour autant dire que le loup et le mouton « convergent » ? Cette « théorie de la convergence » engourdit la volonté du peuple et brouille les frontières entre le bien et le mal ; c’est l’un des outils théoriques utilisés par la bourgeoisie monopoliste internationale pour mener une « évolution pacifique » des pays socialistes, et nous devons la réfuter avec fermeté.
Cinquième tendance : les prémices d’une tendance, dans la pratique, à privilégier le « capital » au détriment du « socialisme ». Cela mérite d’autant plus notre vigilance. Par exemple, en matière de propriété, certaines localités, au lieu de s’efforcer d’améliorer et de dynamiser les entreprises de propriété publique, en particulier les entreprises d’État, se contentent de les vendre sous le prétexte de la « restructuration », ce qui entraîne une fuite massive des actifs publics et affaiblit la position dominante de la propriété publique. En revanche, l’économie privée et l’économie à capitaux étrangers bénéficient d’un traitement plus favorable que celui accordé aux entreprises nationales ; on va même jusqu’à lancer des slogans erronés tels que « le retrait de l’État et l’avancée du secteur privé » ou « les entreprises d’État doivent se retirer de tous les domaines concurrentiels ». En matière de répartition, les écarts de revenus ne cessent de se creuser, le coefficient de Gini ne cesse de grimper : certains chefs d’entreprise privés et spéculateurs s’enrichissent de manière fulgurante, tandis que les conditions de vie de certains ouvriers et agriculteurs ne s’améliorent que lentement, voire s’aggravent dans une situation de pauvreté relative. Dans le domaine idéologique et culturel, les courants de l’individualisme, du culte de l’argent et de l’hédonisme se sont répandus, tandis que l’esprit socialiste, le collectivisme et la volonté de lutter avec acharnement ont été tournés en dérision et remis en cause. Bien que ces phénomènes ne constituent pas la norme, ils sont bel et bien réels et, dans certaines régions, leur ampleur est même considérable. Si l’on laisse cette situation perdurer, la variation quantitative entraînera une variation qualitative : les fondements économiques du socialisme risquent d’être vidés de leur substance, et la superstructure pourrait changer de nature. Ce n’est absolument pas de l’alarmisme !
IV. Pourquoi dit-on qu’il s’agit d’un problème majeur ?
Lorsque nous affirmons que la question de savoir si le système est socialiste ou capitaliste est un problème majeur et non mineur, en quoi réside cette « importance » ?
Premièrement, son importance réside dans le fait qu’elle touche aux fondements mêmes de l’État. L’État est un instrument de domination de classe. Un État socialiste est un État de dictature de la classe ouvrière, un instrument destiné à protéger le peuple et à réprimer ses ennemis. Un État capitaliste est un État de dictature de la bourgeoisie, un instrument destiné à protéger les capitalistes et à opprimer les travailleurs. Selon le régime politique, la nature de l’appareil d’État – gouvernement, législation, armée, police, etc. – diffère. Si nous vacillons sur la voie fondamentale, la nature du pouvoir d’État changera, et la dictature du prolétariat se transformera en dictature de la bourgeoisie. À ce moment-là, le pouvoir acquis par le peuple sera perdu. Les leçons tirées de l’Union soviétique et de l’Europe de l’Est constituent un avertissement. Là-bas, les partis communistes ont abandonné l’étendard du socialisme ; du jour au lendemain, les États ont changé de couleur, et les fruits de plusieurs décennies de lutte des travailleurs ont été réduits à néant. Cette question fondamentale n’est-elle pas d’une importance capitale ?
Deuxièmement, son importance réside dans le fait qu’elle concerne la survie même du Parti. Le Parti communiste chinois est l’avant-garde de la classe ouvrière chinoise, mais aussi celle du peuple chinois et de la nation chinoise. L’idéal suprême et l’objectif ultime du Parti sont la réalisation du communisme. La nature, la finalité et les objectifs du Parti sont étroitement liés à la voie socialiste. Si notre Parti renonçait à ses objectifs de lutte pour le socialisme et le communisme pour se lancer dans le capitalisme, il perdrait alors sa raison d’être, se dénaturerait, ne serait plus un parti de la classe ouvrière et se transformerait en un parti de la classe bourgeoise ou en tout autre type de parti. Les rangs du Parti se diviseraient, ses organisations se désagrégeraient et son prestige serait anéanti. En fin de compte, le Parti perdrait sa légitimité à gouverner et serait abandonné par le peuple. La question de la ligne politique est une question de vie ou de mort pour le Parti. Tout écart par rapport à cette ligne fondamentale aurait des conséquences désastreuses.
Troisièmement, il s’agit avant tout du bien-être du peuple.
La voie socialiste est celle de la prospérité commune. Bien que nous en soyons encore au stade initial du socialisme, que la prospérité commune nécessite un certain temps et que des écarts subsistent, notre système et nos politiques vont dans cette direction. Si nous permettons à une partie de la population et à certaines régions de s’enrichir en premier, c’est pour stimuler et aider celles qui s’enrichiront plus tard, afin de parvenir finalement à la prospérité commune. Si nous empruntions la voie du capitalisme, cela conduirait inévitablement à une polarisation, à une concentration de la richesse entre les mains d’une minorité, à une pauvreté relative pour la majorité et à une exacerbation des contradictions sociales. Avec une population aussi nombreuse et des bases économiques aussi fragiles, si la Chine adoptait le capitalisme, une minorité s’enrichirait peut-être rapidement pour former une nouvelle bourgeoisie, mais la grande majorité de la population sombrerait dans la pauvreté, sans même pouvoir subvenir à ses besoins alimentaires. La société serait plongée durablement dans l’agitation et le chaos, et aucune modernisation ne serait possible. C’est là que réside l’intérêt fondamental de la grande majorité du peuple. Faut-il permettre à la majorité de mener une vie meilleure, ou laisser une minorité s’enrichir tandis que la majorité souffre ? Cette question cruciale n’est-elle pas évidente ?
Quatrièmement, cela concerne les tendances mondiales. À l’échelle mondiale, le socialisme reste un phénomène récent. Bien que le capitalisme semble encore relativement puissant aujourd’hui, sa contradiction fondamentale — celle entre la socialisation de la production et la propriété privée des moyens de production — est insurmontable. Les crises économiques, les fractures sociales, les crises environnementales et les menaces de guerre sont autant de manifestations de cette contradiction. Le socialisme représente la direction du développement de la société humaine, il incarne l’avenir. Même si le mouvement socialiste mondial traverse actuellement une période de marasme, le glas du capitalisme a déjà sonné depuis longtemps : c’est une loi de l’histoire. En tant que grande puissance socialiste, la Chine, en s’en tenant à la voie socialiste, ne joue pas seulement son propre destin, mais aussi l’avenir du socialisme mondial et la cause de la libération de l’humanité. Si nous tenons bon et que le drapeau du socialisme continue de flotter haut, cela constituera un immense encouragement pour tous les peuples et toutes les nations opprimés à travers le monde. Si nous abandonnons, ce sera un coup dur pour la cause du progrès mondial. C’est pourquoi cette question n’est pas seulement un problème chinois, mais un enjeu majeur d’importance historique mondiale.
V. Comment s’en tenir à la voie socialiste ?
Puisque la question de savoir si notre système est socialiste ou capitaliste revêt une telle importance, comment devons-nous nous assurer que notre pays continue à avancer sur la voie du socialisme ? Cela ne se résout pas par quelques slogans ; il faut passer à l’action et intégrer cette orientation dans tous les domaines : économique, politique, culturel et social.
Premièrement, il faut maintenir la position dominante de la propriété publique, sans aucune hésitation. La propriété publique constitue la base économique du socialisme. Il faut approfondir la réforme des entreprises d’État, mais l’objectif de cette réforme est de renforcer le dynamisme, le contrôle et l’influence de l’économie d’État, ainsi que de rendre les entreprises d’État plus fortes, plus performantes et plus importantes, et non de les affaiblir ou de les éliminer. Il faut perfectionner la propriété collective rurale, explorer des formes efficaces de mise en œuvre de l’économie collective et ne pas laisser la privatisation des terres se faire sans contrôle. Sur le plan politique, il faut empêcher l’expansion anarchique du capital privé, l’empêcher de contrôler les secteurs vitaux de l’économie nationale et de nuire à la sécurité nationale. Il faut exercer une surveillance stricte des actifs d’État et colmater les failles qui permettent leur détournement.
Deuxièmement, il faut s’en tenir au principe de la répartition selon le travail comme principe fondamental et réaliser progressivement la prospérité commune. Il faut approfondir la réforme du système de répartition des revenus, augmenter la rémunération des travailleurs, en particulier ceux de première ligne, et accroître la part de la rémunération du travail dans la répartition primaire. Il faut perfectionner le mécanisme de régulation par la redistribution, dont les principaux instruments sont la fiscalité, la sécurité sociale et les transferts sociaux, afin de réduire les écarts de répartition des revenus. Il faut lutter résolument contre les revenus illégaux, réglementer les revenus « gris » et réguler efficacement les revenus excessifs. Il faut perfectionner le système de sécurité sociale afin de tisser un filet de sécurité solide pour l’ensemble de la population. La grande victoire remportée dans la lutte contre la pauvreté constitue un pas solide vers la prospérité commune ; il faut la consolider et l’étendre, tout en l’articulant efficacement avec la revitalisation rurale. La prospérité commune n’est pas synonyme d’égalitarisme, mais il faut empêcher résolument l’aggravation des tendances à la polarisation.
Troisièmement, il faut renforcer et améliorer la direction du Parti, afin de garantir que le Parti et l’État ne changent pas de couleur. Le Parti communiste chinois est le noyau dirigeant de la cause socialiste. Pour rester fidèles à la voie socialiste, il est essentiel de maintenir la direction du Parti. Il faut renforcer la construction interne du Parti, en particulier sa construction politique, et éduquer tous les camarades du Parti à garder à l’esprit les aspirations initiales et la mission du Parti, à affirmer fermement leurs idéaux et leurs convictions communistes, et à résister à l’érosion causée par toutes sortes d’idées pernicieuses.
Il faut mener avec rigueur la vie politique au sein du Parti, assainir l’écosystème politique, lutter résolument contre la corruption et préserver l’avancée et la pureté du Parti. Il faut veiller à ce que le pouvoir de direction à tous les niveaux soit entre les mains de personnes fidèles au marxisme et à la cause socialiste. Il faut renforcer le travail idéologique et politique, et armer l’ensemble du Parti ainsi qu’éduquer le peuple à l’aide des derniers acquis de la sinisation du marxisme.
Quatrièmement, il faut persévérer dans la dictature démocratique populaire et consolider le pouvoir socialiste. Il faut mettre en œuvre la démocratie la plus large possible pour le peuple, garantir son droit à être maître de son propre destin et développer sans cesse la démocratie populaire à tous les niveaux. Parallèlement, il faut exercer la dictature conformément à la loi à l’encontre de toutes les forces et de tous les éléments hostiles qui s’opposent au système socialiste ou cherchent à le détruire. Il faut préserver la sécurité nationale et la stabilité sociale, prévenir et résoudre les risques et défis de toute nature. Il faut construire une défense nationale puissante afin de défendre pour toujours l’intégrité territoriale de la patrie socialiste.
Cinquièmement, il faut construire une civilisation spirituelle socialiste et consolider la position directrice du marxisme. Il faut s’en tenir à l’orientation consistant à servir le peuple et le socialisme, adhérer à la ligne directrice de « l’épanouissement de mille fleurs et du débat de cent écoles », et favoriser l’essor et le développement de la culture socialiste. Il faut renforcer la direction du travail idéologique, s’opposer et résister sans ambiguïté à toutes sortes de courants de pensée erronés, en particulier le nihilisme historique, le néolibéralisme et la théorie des « valeurs universelles ». Il faut promouvoir avec vigueur l’idéologie patriotique, collectiviste et socialiste, et renforcer la construction de la morale sociale, de la déontologie professionnelle, des vertus familiales et de la moralité individuelle.
Sixièmement, il faut gérer correctement la relation entre la réforme et l’ouverture et le maintien de l’orientation socialiste. Dans tout ce que nous entreprenons, nous avons une orientation, une position et des principes. L’auto-perfectionnement du système socialiste, qui consiste à absorber toutes les réalisations excellentes de la civilisation humaine pour développer le socialisme, ne signifie en aucun cas changer de drapeau ou copier aveuglément l’Occident. Tout au long de notre mandat, nous devons sans cesse nous demander « pour qui, en s’appuyant sur qui, qui sommes-nous », mais le plus fondamental est de déterminer si cela favorise la consolidation et le développement du système socialiste, si cela favorise la direction du Parti, et si cela sert les intérêts fondamentaux de la grande majorité du peuple. Il faut oser lutter et s’opposer avec fermeté à tous les discours et actes qui tentent d’orienter la réforme et l’ouverture vers la voie pernicieuse du capitalisme.
VI. Conclusion
La lutte entre le « socialisme » et le « capitalisme » est une lutte de longue haleine, complexe, voire parfois aiguë. L’arbre veut se reposer, mais le vent ne cesse de souffler. Les forces hostiles à l’échelle internationale n’ont pas renoncé à leur volonté de nous détruire ; leur stratégie d’« évolution pacifique » n’a jamais changé. Au niveau national également, il y aura toujours des personnes qui, pour diverses raisons, chercheront à changer notre orientation. Nous ne devons en aucun cas faire preuve de naïveté ni baisser la garde.
Nous devons, comme l’a enseigné le Président Mao,« lire et étudier avec sérieux, et maîtriser le marxisme », afin de bien maîtriser les outils permettant de distinguer le vrai socialisme du faux. Nous devons« redoubler de vigilance et défendre la patrie », non seulement pour protéger le territoire national, mais aussi pour préserver le système socialiste. Nous devons« perpétuer la tradition révolutionnaire et lutter pour une plus grande gloire », en conservant à jamais notre essence politique de lutte acharnée et notre principe de servir le peuple de tout notre cœur.
La question de la voie à suivre est une question qui détermine notre destin. Si nous empruntons la bonne voie, nous pourrons aller de victoire en victoire et, à terme, réaliser la grande renaissance de la nation chinoise et le grand idéal du communisme. Si nous empruntons la mauvaise voie, ce sera un abîme sans fond, et nous deviendrons des criminels de l’histoire.
C’est pourquoi nous devons rester vigilants à tout moment et attentifs en toutes circonstances ; dans toutes nos activités, nous devons nous demander si elles sont conformes aux principes du socialisme et si elles servent la cause socialiste. Il faut mener régulièrement une éducation socialiste au sein de tout le Parti et parmi tout le peuple, en expliquant en profondeur et de manière exhaustive cette question fondamentale, afin qu’elle soit connue de tous et ancrée dans les cœurs.
Tant que nous adhérons au marxisme-léninisme et à la pensée de Mao Zedong, que nous maintenons sans faiblir la ligne fondamentale du Parti pendant cent ans, que nous restons étroitement unis et que nous luttons avec acharnement, nous serons certainement en mesure de vaincre toute manœuvre visant à nous faire dévier de la voie du socialisme, et le drapeau rouge du socialisme chinois flottera haut, de génération en génération, pour toujours !
Cette question est bel et bien une question majeure, et en aucun cas une question mineure. Nous devons absolument y réfléchir profondément, la discerner clairement et la mettre en pratique avec détermination !
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