Renforcer le front de la Nouvelle France

Réflexions sur le programme minimum au sein du mouvement

Face à l’impact qu’a eu le 17 octobre et à la force du mouvement des lycéens et de la jeunesse des quartiers populaires, on risque de rester prisonniers du rythme de l’actualité officielle et de se soumettre au calendrier politique des classes dominantes.

La force sociale disruptive des manifestations et des protestations qui ont secoué la France doit être capitalisée sur le plan politique, dans les rapports de force. Nous ne sommes pas face à une révolution, ni même à une insurrection ; laissons cette rhétorique à la littérature libertaire de la gauche occidentale. Mais nous ne sommes pas non plus face à une simple mobilisation. L’impact social des récentes manifestations a révélé une ampleur bien plus grande que celle de la grève (ce qui ne signifie pas pour autant que la grève soit inutile…), nous vivons dans une dimension métropolitaine où la frontière entre travail et non-travail est de plus en plus floue.

Ceux qui minimisent ces manifestations ou qui veulent, une fois de plus, se prêter à la propagande patronale et gouvernementale visant à opposer les « bons » manifestants aux « mauvais », font, comme toujours, le jeu des patrons et du gouvernement…

Il faut, au sein de cette nouvelle recomposition de classe, proposer un programme. Un programme capable de s’inscrire dans le système nerveux de ce mouvement qui, par nature, est magmatique et contradictoire.

Des points qui deviennent un programme lorsqu’ils ne sont pas de simples slogans pour l’avenir, mais des enjeux qui s’inscrivent dans les contradictions du présent et constituent le baromètre permettant de définir aujourd’hui les rapports de force au sein du front de la nouvelle France

Revenu universel

Le travail, lorsqu’il existe, devient une « condamnation », et un « cauchemar » lorsqu’on ne le trouve pas. La précarité sociale est généralisée, et la pénurie est artificielle !

Dans un monde où l’automatisation, l’intelligence artificielle et la production standardisée rendent le travail de moins en moins lié à l’activité humaine, il devient nécessaire de placer la question du revenu universel au centre des préoccupations. Il est significatif qu’aujourd’hui, la Chine populaire considère cette question comme fondamentale pour l’avenir. Cela rend encore plus évidente l’obsolescence de la société occidentale actuelle.

La démilitarisation de la police

Les forces de police sont en train de se transformer en une force militaire ; elles assument leur rôle comme une armée interne en guerre contre certains secteurs sociaux de la population. La dimension néocoloniale de la police française dans les quartiers populaires est quotidienne. Il faut promouvoir la démilitarisation de la police.

Islamophobie et délits d’opinion

L’abrogation de la loi n° 2004-228 ( qui, sous le couvert de la laïcité, mène une attaque ciblée contre la communauté musulmane) et la Loi n° 2014-1353 (relative à l’apologie du terrorisme), est nécessaire pour renforcer le développement d’espaces et de garanties démocratiques dans ce pays, aujourd’hui profondément remis en cause au sein d’une économie de guerre qui cherche de plus en plus à terroriser la population.

Nous vivons dans une société fondée sur l’inégalité, où dominent les échanges inégaux, tant avec les pays du Sud global qu’au sein même du territoire, d’outre-mer et métropolitain. Ces trois points se heurtent au mur de la « démocratie impérialiste », mais ils sont le signe tangible d’une recomposition de classe pour le front de la nouvelle France, qui trouve sa force dans la capacité d’organisation et de résistance sur les lieux de travail, dans les quartiers populaires, dans les écoles, dans les prisons et aux urnes contre les mouvements réactionnaires de masse, anciens et nouveaux, et contre leur économie de guerre.

Faire front pour le socialisme, aujourd’hui, c’est donner de la force au front de la nouvelle France.

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