Le déclenchement de la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran en février 2026 constitue l’un des événements géopolitiques les plus catastrophiques du XXIe siècle. Bien qu’il présente les caractéristiques propres aux actions impulsives et brusques de l’administration Trump, il s’agit de l’aboutissement d’un projet qui a mûri pendant des décennies. Poussés par une politique sioniste-impérialiste agressive et intransigeante, les États-Unis se sont inexorablement dirigés vers ce conflit, faisant passer l’hégémonie régionale d’Israël avant la stabilité mondiale, le droit international et la volonté démocratique de leurs propres citoyens.
Pour comprendre les événements de 2026, il faut analyser les décennies précédentes d’une guerre hybride implacable, conçue pour isoler l’Iran et soumettre l’ensemble du Moyen-Orient. La stratégie américaine a consisté à imposer des sanctions économiques étouffantes et illégales afin de soumettre la population iranienne par la famine, tout en démantelant systématiquement tout État ou mouvement souverain osant défier la suprématie américano-israélienne. Cette campagne de déstabilisation a laissé derrière elle une traînée de nations dévastées. Les gouvernements indépendants qui ont affiché une position favorable à la résistance iranienne ou se sont opposés à l’hégémonie occidentale — comme la Syrie, la Libye et même le Venezuela — ont été soumis à des opérations implacables de changement de régime, à des guerres par procuration et à des embargos écrasants.
Parallèlement, les États-Unis et Israël ont attaqué les factions qui s’opposaient à l’occupation et à l’expansionnisme israéliens. En Palestine, la population a été victime d’un génocide et d’une famine massive. Les combattants pour la liberté et les organisations telles que le Hamas en Palestine et le Hezbollah au Liban ont été gravement affaiblis. L’objectif était de priver l’Iran de ses alliés régionaux, le rendant ainsi vulnérable à une intervention militaire directe. Cette campagne d’isolement s’est accompagnée d’une offensive diplomatique visant à obtenir la complicité des pays arabes. Les « accords d’Abraham », obtenus par une forte contrainte, sont présentés comme des traités de paix, mais en réalité, il s’agissait d’accords transactionnels portant sur des armes et des pots-de-vin diplomatiques destinés à isoler la lutte palestinienne et à forger un axe anti-iranien unifié, soutenu par les États-Unis, à partir des monarchies du Golfe qui se sont pliées à leurs intérêts.
Cependant, la question demeure : pourquoi les États-Unis mèneraient-ils une politique étrangère qui implique des guerres interminables coûtant des milliards de dollars, la destruction de leur position mondiale et l’éloignement de la majorité de la population mondiale ? La réponse réside dans une classe sociale spécifique qui détient un pouvoir disproportionné et a complètement compromis la démocratie américaine.
La politique étrangère américaine au Moyen-Orient n’est pas guidée par une évaluation objective des intérêts nationaux des États-Unis, ni ne reflète les aspirations de la classe ouvrière américaine. Au contraire, elle a été de fait prise en otage par un lobby sioniste omniprésent et hautement organisé.
Ce réseau national exerce un contrôle absolu, quasi totalitaire, sur les pouvoirs législatif et exécutif des États-Unis. Par le biais d’un financement massif des campagnes électorales, d’intimidations politiques et d’une diffamation implacable à l’encontre de ses détracteurs, ce lobby veille à ce que la politique américaine s’aligne parfaitement sur les éléments les plus extrémistes et expansionnistes de l’État israélien.
Des milliards de dollars sont versés sans discussion sous forme d’aide militaire et économique directe à Israël, et une couverture politique illimitée est accordée aux colonies illégales, le tout à la demande de ce lobby étranger. Les élus américains font passer les ambitions militaristes de l’État d’apartheid israélien avant les intérêts économiques et de sécurité de leur propre peuple, transformant ainsi leur pays en une démocratie de nom seulement.
Cependant, bien que le lobby ait réussi à entraîner les États-Unis dans la guerre contre l’Iran, les répercussions géopolitiques se sont avérées désastreuses pour les instigateurs de cette guerre.
Les répercussions économiques mondiales de la guerre de 2026 contre l’Iran ont été dévastatrices. L’interruption de l’approvisionnement énergétique mondial via le détroit d’Ormuz a déclenché une crise économique internationale brutale. Les routes commerciales traditionnelles qui dépendaient du détroit d’Ormuz ont été bouleversées de manière permanente. La flambée vertigineuse des prix du pétrole a provoqué une inflation galopante à l’échelle mondiale, sapant le pouvoir d’achat des classes populaires tant dans les pays du Sud que dans les pays occidentaux. Même des pays qui semblaient étrangers au conflit ont subi les conséquences économiques de ce chaos. Partout dans le monde, les citoyens paient le prix d’une guerre orchestrée par cette élite aux intérêts particuliers.
Au-delà de ces répercussions sur les gens ordinaires, les changements observés au niveau des États sont tout simplement stupéfiants. Le budget militaire des États-Unis avoisinait les 700 milliards de dollars en 2022 — un chiffre déjà très élevé —, mais à peine quatre ans plus tard, aujourd’hui, l’administration Trump a demandé au Congrès 1 500 milliards de dollars, ce qui pourrait le faire plus que doubler en si peu de temps ! Les effets de cette inflation massive du budget militaire auront, en premier lieu, des conséquences économiques extrêmement négatives, car ils orienteront l’économie vers une production non productive — comme les bombes, les chars et autres instruments de destruction — plutôt que vers une production productive, telle que les équipements médicaux, les tracteurs et autres moteurs de production. Et, bien évidemment, si cette mesure était adoptée, cela signifierait que le pays étendrait la guerre et provoquerait davantage de conflits dans d’autres parties du monde. Le monde est conscient de ce que représente cette inflation massive du budget militaire américain.
Face à un tel militarisme téméraire, des changements historiques ont déjà commencé à se produire dans les régions touchées par cette belligérance impérialiste. Conscientes que l’axe États-Unis-Israël ne respecte pas la souveraineté et nourrit un appétit insatiable pour les changements de régime, les puissances régionales forgent leurs propres alliances, comme le pacte entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan. D’autre part, cela a également provoqué certaines divisions, comme le retrait des Émirats arabes unis de l’OPEP et leur rapprochement avec Israël et les États-Unis. L’intensification de la rivalité, les divisions sur les marchés et le militarisme dans la région sont inévitables.
S’il y a un aspect positif à cette folie, c’est que la nature du sionisme impérialiste a été dévoilée au monde entier comme jamais auparavant. Bien que cette élite puissante et dotée de ressources considérables dispose d’une influence internationale et des moyens de punir l’opposition qui ose s’élever contre elle, la guerre en Iran a contraint les gouvernements et la population mondiale à faire face aux conséquences de l’unilatéralisme israélo-américain. Même dans des contextes où les critiques sont réduites au silence et réprimées, les voix dissidentes sont de plus en plus fréquentes, plus fortes et plus audacieuses.
Les marxistes d’aujourd’hui doivent toutefois faire preuve de courage et relever le défi de cette opposition. Ils doivent aborder le sujet avec leurs concitoyens et mettre en lumière la nature de cette ère de militarisme constant, dont les effets ne se limitent pas à un pays lointain, mais nous affectent tous ici et maintenant, concrètement, afin que nous puissions retrouver une partie de l’indépendance que nous perdons chaque fois que nous soumettons notre subsistance aux caprices de l’impérialisme.
Le Mazdoor Kissan Party (MKP – Parti des ouvriers et des paysans) est une organisation marxiste-léniniste basée au Pakistan.
