Dans une démonstration singulière de réflexion guidée par le désir, Pedro Sánchez, président de l’Espagne, a déclaré lors du récent Sommet du progressisme, qui s’est tenu les 16 et 17 avril, que « […] l’ère de l’extrême droite internationale et d’une droite soumise aux postulats réactionnaires a pris fin […] ».
Et au cas où il resterait un doute, il a ajouté : « … la droite, qui dépérissait, sait désormais que son orthodoxie néolibérale, inefficace et cruelle, a pris fin en 2008, avec la crise financière ». Il l’affirme et le déclare, bien que depuis cette année-là jusqu’à aujourd’hui, la richesse des multimillionnaires se soit multipliée, au point de faire naître des milliards de millionnaires, et que les guerres impérialistes de conquête et de spoliation ne cessent pas. La crise de 2008 est bien réelle, et le néolibéralisme aurait dû être enterré avec elle, mais 18 ans plus tard, il continue de plonger les peuples dans la misère et de concentrer la richesse entre de moins en moins de mains. Comme si cela ne suffisait pas, le chef de file le plus visible de l’empire envahit des pays, assassine des gens sans pitié, rase des villages, commet des génocides, sape le commerce mondial et mène les Nations Unies au bord de la faillite. En effet, il fait tout cela pour éviter sa fin, mais il ne tombera pas grâce à de bonnes intentions, même si Pedro Sánchez affirme : « … quand nous, les progressistes, gouvernons, les États ne s’agenouillent pas devant les élites. Ils les remettent à leur place ». D’autant moins quand des dirigeants comme Petro se soucient davantage que Trump ne le retire de la liste Clinton (OFAC) que de toute autre chose, ou de respecter ce à quoi il s’est engagé pour passer l’examen de bonne conduite. Malgré les discours du progressisme sur la justice sociale, l’injustice règne, et c’est face à ces manquements que la droite construit ses arguments pour reprendre le pouvoir. La véritable démocratie, celle du peuple, exige d’aller au-delà du progressisme et au-delà de l’idolâtrie et des formalités du vote. Il faut que les majorités mobilisées se fassent entendre et que, ainsi, les gouvernants respectent le mandat qu’elles leur confient et prennent leurs distances par rapport aux grands conglomérats de l’impérialisme, qui aujourd’hui les déterminent et leur tracent la voie. Il faut dépasser le progressisme, procéder à un examen critique de ses lacunes et de ses défaillances. C’est le débat qui s’ouvre aujourd’hui au sein de la gauche révolutionnaire.
