Nous publions le document rédigé par les camarades italiens du sol cobas, en les remerciant pour leur participation à la conférence internationale sur le panafricanisme du 26 avril
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Pour la revitalisation de la lutte ouvrière indépendante et anticapitaliste
Proposition du Comité exécutif national de Sol Cobas
Agression impérialiste, résistance héroïque de l’Iran et paix impossible
Dans la continuité de la tentative de génocide du peuple palestinien à Gaza et en Cisjordanie, la guerre contre l’Iran s’inscrivait dans le cadre du plan américano-israélien visant à soumettre l’ensemble du Moyen-Orient, à contrôler totalement ses ressources naturelles et, par conséquent, le marché mondial de l’énergie, et, en définitive, à contrer la montée en puissance d’autres acteurs économiques, politiques et même militaires, parmi lesquels la Russie et la Chine occupent une place prépondérante.
Ce plan agressif s’est toutefois heurté à la résistance de la République islamique d’Iran, qui a non seulement démontré sa capacité à tenir tête avec courage aux puissantes armées impérialistes-sionistes des États-Unis et d’Israël, mais aussi à les repousser, leur infligeant de graves dommages militaires et économiques. Les États-Unis et Israël, n’ayant ainsi atteint aucun de leurs objectifs stratégiques, et bien au-delà de leurs propres déclarations grandiloquentes et mensongères de « victoire totale », ont dû, en raison également de la pression politique interne croissante et de la déstabilisation des marchés internationaux par la résistance iranienne, faire marche arrière et accepter la trêve.
Quoi qu’il en soit, la situation est vouée à rester tendue et la trêve a peu de chances de durer. La coalition impérialiste-sioniste ne saurait se contenter d’une propagande victorieuse et devra, de fait, faire face aux exigences de l’Iran. Fort de sa résistance et bénéficiant d’un soutien populaire profond, l’Iran a posé des conditions très claires et sévères au maintien de la « paix ». Les principales sont :
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Le retrait de toutes les troupes américaines des États du Golfe,
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L’indemnisation des dommages de guerre,
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Le contrôle sélectif et total du détroit d’Ormuz.
L’impérialisme ne peut absolument pas accepter ces conditions, d’autant plus qu’elles signifieraient définitivement la fin de la domination du dollar perpétuel dans toute la région et, surtout, la fin d’Israël.
Pour une position sans équivoque
Quel que soit le résultat du conflit en Iran, le monde en sortira dévasté, de plus en plus en proie à une crise économique non résolue qui alimente la perspective d’une Troisième Guerre mondiale (qui, à bien des égards, a déjà commencé). Notre position ouverte ne se limite pas à une condamnation ferme d’une nouvelle agression militaire occidentale, ni à la dénonciation des violations du prétendu droit international, qui a toujours servi de prétexte aux massacres impérialistes à travers le monde. Nous soutenons donc ouvertement les raisons et les actions politiques et militaires de l’Axe de la Résistance (de l’Iran à la Palestine, en passant par le Yémen, le Liban, l’Irak et la Syrie), espérant sa victoire complète et, avec elle, la réalisation de tous ses objectifs déclarés, de l’expulsion des armées impérialistes du Moyen-Orient à la défaite de l’entité sioniste d’Israël.
Sur les perspectives du mouvement ouvrier en Occident
Il convient donc de s’engager sans réserve aux côtés de la résistance des peuples du Moyen-Orient, tout comme aux côtés des peuples du Sahel qui, par le biais de juntes militaires, ont vaincu le colonialisme français au Burkina Faso, au Niger et au Mali, ou qui, dans le Donbass, font face aux tentatives de l’OTAN de pénétrer en Ukraine pour dévaster la Russie. Cet engagement doit cependant se traduire par une lutte permanente et efficace pour défendre les intérêts spécifiques et généraux de la classe ouvrière ici, au cœur même de l’Occident riche et décadent. Ces intérêts de classe devront immédiatement faire face aux conséquences d’une « économie de guerre » que les prétendues « démocraties européennes », soumises aux intérêts politiques américains (par exemple, dans une nouvelle campagne militaire désastreuse contre la Russie), tenteront d’imposer à l’ensemble de la classe ouvrière, la contraignant ainsi à payer le prix de leur propre désastre politique et économique. Comme lors des précédents épisodes historiques de conflits mondiaux, le prolétariat n’a que deux options concrètes :
1. Rester aux côtés de ses patrons et de ses gouvernements, se berçant peut-être de l’illusion de pouvoir encore grappiller quelques miettes qui, pourtant, disparaîtront bientôt;
2. Se lever et lutter contre un ennemi commun, défendre ses intérêts de classe et éviter de devenir, pour la énième fois dans l’histoire, chair à canon au service des profits de la classe dirigeante.
Ceux qui, ces quinze dernières années, principalement dans le secteur de la logistique mais pas seulement, ont été les protagonistes d’importantes luttes syndicales et politiques pour les salaires et une nouvelle dignité de classe, seront appelés à construire une résistance efficace à la restructuration capitaliste (déjà en cours) qui mènera inexorablement à des licenciements massifs et à une pauvreté généralisée.
Pour une plateforme de lutte unie et de classe en Italie:
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Pour la sortie de l’Italie de l’OTAN et le retrait des troupes de toutes les missions de guerre impérialistes ; pour la rupture de toutes relations avec Israël et une opposition ferme aux impositions commerciales américaines sur l’énergie et les armements;
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Pour un plan d’investissement global visant à relancer une production industrielle socialement utile et à renforcer les services publics;
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Pour la défense du niveau d’emploi, des salaires et de la sécurité au travail, en commençant par une réduction générale du temps de travail, l’instauration d’un salaire minimum de 2 000 € par mois, indexé sur le coût de la vie, et un abaissement de l’âge de la retraite;
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Contre toutes les restrictions, anciennes et nouvelles, à la liberté de grève et à la liberté d’association sur le lieu de travail.
Ce sont là des objectifs essentiels et indispensables, mais ils ne peuvent être atteints qu’en s’organisant contre le gouvernement, tout en restant totalement indépendants de tous les groupes politiques de centre-gauche qui ont jadis soutenu le génocide en Palestine et les plans économiques et financiers de « l’ennemi chez nous », et qui aujourd’hui, pour défendre ces mêmes intérêts de classe opposés aux nôtres, dénoncent instrumentalement l’arrogance de Trump et la politique du gouvernement Meloni. Hypocrites et ennemis de la classe ouvrière, ils se joignent au chœur institutionnel qui voudrait que les travailleurs et les jeunes défendent les bastions démocratiques de l’impérialisme italien et, par là même, un système capitaliste de plus en plus en crise. Tous deux redoutent une possible résurgence de l’action indépendante des classes subalternes et, avec elle, la perspective d’un changement radical qui, aujourd’hui plus que jamais, est à la fois nécessaire et possible. Sur ces bases et avec ces perspectives, SOL Cobas organisera, durant les mois d’avril et de mai, des assemblées d’ouvriers d’usine et des réunions de coordination territoriale dans le but de constituer une Assemblée nationale de délégués, ouverte à toutes les composantes du mouvement ouvrier qui partagent ses principes et ses objectifs.
SOL Cobas – Sindacato Operai in Lotta (Syndicat des travailleurs en lutte)
Milan, le 10 avril 2026
