Lumumba : une vie au service du peuple

« Il n’y a pas de compromis entre la liberté et l’esclavage », a déclaré Patrice Emery Lumumba, qui a sacrifié sa vie pour apporter une véritable liberté à son peuple. Ceux qui considèrent la liberté comme leur prérogative exclusive l’ont assassiné dans le but d’étouffer le nationalisme congolais.

« L’Afrique écrira sa propre histoire, et tant au Nord qu’au Sud, ce sera une histoire de gloire et de dignité », écrivait Lumumba quelques jours avant sa mort. Le Congo possède déjà sa propre histoire, mais, jusqu’à présent, ce n’est qu’une histoire de lutte, l’histoire d’une période de transition. L’histoire de gloire et de dignité dont parlait Lumumba est encore à venir.

Lumumba incarnait le peuple congolais. Il a choisi la voie de la souffrance, de la torture et, finalement, de la mort, plutôt que de devenir l’esclave des impérialistes. Il était fermement et profondément convaincu que, tôt ou tard, son pays serait pleinement indépendant. À l’instar de son leader, le peuple congolais préfère endurer toutes sortes de souffrances plutôt que de voir sa liberté mutilée et piétinée par ceux qui, pendant plus de 80 ans de domination coloniale, l’ont maintenu dans une telle pauvreté et un tel asservissement qu’il en a lui-même honte.

Le peuple congolais poursuit sa lutte pour une véritable indépendance.

LUMUMBA ET LE PEUPLE CONGOLAIS

Le mouvement de libération du Congo avait ses propres caractéristiques. Au début, lorsque de véritables nationalistes menés par Lumumba exigèrent une indépendance totale, certains dirigeants politiques, de mèche avec les cercles colonialistes, réclamèrent la création d’une communauté avec la Belgique. En clair, cela signifiait le maintien pur et simple de la domination coloniale au Congo. Un homme a compris avant et mieux que tout autre dirigeant politique ce qu’il fallait faire pour mener le mouvement de libération nationale à la victoire. Son nom était Patrice Emery Lumumba, et sa principale préoccupation était de faire prendre conscience à son peuple de son identité en tant que nation.

Il fut le premier dirigeant congolais à aller à la rencontre du peuple, à discuter avec lui des problèmes du pays et à tenir compte de sa volonté. En 1958, à son retour d’Accra, il organisa un rassemblement sur la place de la Victoire, à Léopoldville. Plus de 15 000 hommes, femmes, jeunes et personnes âgées accoururent pour l’écouter. C’était la première fois dans l’histoire du Congo que le peuple répondait à l’appel d’un compatriote. Jusqu’alors, on leur avait appris à n’obéir qu’aux ordres de l’homme blanc.

Le succès du rassemblement a dépassé toutes les attentes. J’étais là. Entouré d’autres dirigeants politiques congolais, Lumumba a parlé de la Conférence d’Accra de manière claire et simple. Le peuple l’a écouté en silence et avec attention.

Confiant en lui-même et s’exprimant spontanément, il a parlé au peuple des difficultés sur le chemin de l’indépendance. Il a insisté à plusieurs reprises sur la nécessité de l’unité et de la conscience nationale. « Nous ne sommes pas différents des autres habitants du monde. Le Congo est notre pays. Nous devons être maîtres chez nous. Alors, commençons dès aujourd’hui la lutte pour nos droits. Unissons-nous et avançons vers l’indépendance », a-t-il déclaré.

Le mot « indépendance » a profondément touché le cœur des gens. À ce moment-là, Lumumba a établi un contact direct avec son auditoire. Il avait touché leurs aspirations les plus profondes. Le peuple a vu en lui l’homme capable de les mener vers la liberté. À son tour, Lumumba a senti la réponse de son public.

Il a poursuivi : « Les colonialistes cherchent à nous diviser pour continuer à nous dominer. Prouvons notre maturité. Vivons comme des frères. L’indépendance est notre droit de naissance. Nous n’avons besoin de personne pour nous l’accorder, car ce pays nous appartient. Si les colonialistes choisissent d’ignorer nos justes revendications, nous ferons tout pour leur arracher notre indépendance. » La foule répondit par des cris de « Indépendance ! Vive Lumumba ! Indépendance ! »

Tandis que le peuple exprimait son soutien sincère aux paroles de Lumumba, les quelques Belges présents sur la place se tordaient de rage. Un fonctionnaire belge à mes côtés était rouge de colère. Pendant ce temps, Lumumba continuait à parler de l’indépendance nationale et de la lutte pour l’obtenir. Conformément à la coutume congolaise, l’orateur et son auditoire entamèrent un dialogue. « Voulez-vous être les maîtres de votre pays ? », demanda Lumumba. « Oui », répondirent-ils en chœur. « Et que faut-il pour cela ? », poursuivit-il. « L’indépendance ! », répondirent-ils à nouveau. Ce rassemblement, organisé par des Congolais pour des Congolais, s’est terminé dans une ambiance de liesse. Lumumba fut le premier homme à éveiller la conscience nationale du peuple, ce qui allait changer l’avenir de cette ancienne colonie belge.

LUMUMBA ET LA VIE POLITIQUE DU CONGO

Naturellement, le succès de ce rassemblement organisé par Lumumba exigeait la poursuite du travail politique parmi le peuple. Lumumba n’avait pas l’intention d’affronter cette tâche seul. Il appela les dirigeants politiques congolais à s’unir en un seul bloc politique ayant pour objectif commun l’indépendance. Il donna à son organisation politique le nom significatif de Mouvement national congolais (MNC), soulignant ainsi l’aspiration à l’unité. La plupart des dirigeants politiques répondirent favorablement à l’appel de Lumumba.

Les colonialistes suivirent attentivement les événements. Sentant leur politique menacée, ils recoururent immédiatement à la corruption. D’importantes sommes d’argent furent versées à certains dirigeants politiques, à condition qu’ils se séparent de Lumumba et s’opposent à ses efforts.

À partir de ses propres et modestes ressources, Lumumba parcourut le pays et fonda des sections du Mouvement national congolais, qui gagnait en popularité. L’influence croissante du MNC, en grande partie grâce aux efforts de Lumumba, stimula le développement du mouvement de libération nationale au Congo.

Dans la Province Orientale, le soutien au MNC était si massif que des sections furent créées même dans des villages de seulement vingt habitants. Lumumba parcourut personnellement ces villages, discutant avec la population. Il connaissait plusieurs dialectes congolais et n’avait aucune difficulté à communiquer. Il devint la figure la plus populaire du pays.

Dans les jeunes États africains, l’activité politique exige des qualités exceptionnelles, surtout de hautes qualités spirituelles. Le peuple aimait Lumumba parce qu’il savait qu’il partageait ses aspirations. Lumumba comprenait que faire de la politique signifiait travailler avec et parmi le peuple. Il a abandonné un emploi bien rémunéré et s’est consacré entièrement à la politique. Ses voyages à travers le pays l’ont conduit dans les coins les plus reculés.

Il faisait appel au peuple et le peuple répondait. Il partageait le destin malheureux de la nation congolaise et comprenait ses souffrances ; le soutien qu’il recevait du peuple l’encourageait à lutter pour des changements radicaux.

Tout au long de sa carrière de dirigeant politique, Lumumba prônait l’amour fraternel entre tous les Congolais. Et il mettait en pratique ce qu’il prêchait. Lorsque Kasavubu fut arrêté après les événements du 4 janvier 1959 à Léopoldville, Lumumba prit des mesures pour obtenir sa libération.

Il cherchait des moyens de former une alliance avec tous les dirigeants congolais pour lancer une offensive générale contre les colonialistes. Malgré les difficultés, il s’adressait au peuple et disait : « Nous allons poursuivre la lutte. Nous serons solidement aux côtés de nos frères qui ont été arrêtés par les colonialistes dans le but de nous diviser. »

LUMUMBA MÈNE LA LUTTE NATIONALE POUR L’INDÉPENDANCE IMMÉDIATE

La situation politique du pays s’est aggravée après les arrestations qui ont suivi la manifestation à Léopoldville, le 4 janvier 1959. Les événements au Congo ont contraint le gouvernement belge à mener une réforme politique et administrative.

Cette réforme a été annoncée dans une déclaration du roi et du gouvernement de Belgique le 13 janvier 1959. Elle mentionnait l’indépendance.

La publication de cette déclaration a provoqué une nouvelle vague de lutte pour l’indépendance nationale. Le développement de la lutte de libération dépendait de la position adoptée par les dirigeants congolais. Dans ce contexte, la position de Lumumba a attiré l’attention dans tout le pays — et, en particulier, celle des dirigeants politiques belges.

Lumumba proposa la convocation d’une table ronde entre dirigeants belges et congolais afin de définir les voies menant à l’indépendance immédiate du Congo. Les colonialistes rejetèrent son plan, refusant de dialoguer avec les dirigeants congolais qu’ils considéraient comme « non représentatifs ».

La proposition de table ronde bénéficia d’un large soutien à Léopoldville et dans d’autres grandes villes du Congo. Les propositions de Lumumba ont été approuvées par tous les dirigeants nationalistes. À ce moment décisif de la lutte pour l’indépendance, Lumumba a fait tout son possible pour unir les efforts des dirigeants politiques. À son initiative, des représentants des partis politiques congolais se sont réunis à plusieurs reprises pour élaborer une politique commune. Lumumba a naturellement joué un rôle important lors de ces rencontres et a considérablement influencé les décisions prises.

Lorsque les autorités belges refusèrent catégoriquement de rencontrer les dirigeants congolais, qu’elles considéraient encore comme « non représentatifs », Lumumba appela le peuple à descendre dans la rue pour manifester pacifiquement son aspiration à la liberté.

En 1959, il organisa deux congrès. Le premier rassembla les dirigeants du MNC ; lors du second, tous les partis nationalistes parvinrent à un plan d’action commun.

Le congrès du MNC eut lieu à un moment où il était évident que les colonialistes tenteraient de provoquer des troubles. Alors que le congrès se tenait dans la grande salle de la Commune Mangobo, à Stanleyville, des soldats et des gendarmes commandés par des officiers belges patrouillaient dans les rues environnantes. La présence des soldats ne calma en rien les esprits, mais Lumumba parvint à éviter que la situation ne s’aggrave.

Il appelait constamment la population au calme et la mettait en garde contre les provocateurs. Le congrès a adopté des résolutions exigeant l’indépendance immédiate, l’africanisation des cadres et une réunion urgente entre les dirigeants congolais et belges.

Lumumba dormait à peine pendant les jours du congrès. Après les séances, on pouvait le voir dans les bureaux du secrétariat, tapant à la machine et aidant à diverses tâches. Il recevait des délégations, discutait des problèmes avec les délégués et les visiteurs, rédigeait des communiqués de presse et tenait des conférences de presse.

À cette époque, il régnait une tension entre la population civile et les troupes commandées par des officiers belges. Cette tension atteignit son paroxysme lorsque le congrès des partis nationalistes débuta. Lumumba se rendit auprès de Leroy, gouverneur de la Province orientale, et l’avertit que le comportement de l’armée, prête à tirer sur la foule, pourrait avoir de graves conséquences.

Sur la suggestion de Lumumba, le congrès envoya un télégramme au gouvernement belge exigeant que les autorités coloniales organisent immédiatement une rencontre avec les dirigeants congolais. Le gouvernement belge répondit qu’il n’avait aucune intention de discuter de l’avenir du Congo avec les dirigeants congolais. La réponse arriva dans la soirée. Le congrès s’attendait à quelque chose de plus favorable. Après la lecture du télégramme, Lumumba déclara : « Je propose de rompre avec la Belgique », et les délégués approuvèrent la proposition à l’unanimité.

Les officiers belges, qui observaient le congrès par les fenêtres, firent irruption dans la salle et lancèrent des grenades lacrymogènes. Lumumba, avec courage, s’avança vers eux et leur ordonna de quitter la salle. C’était la première fois dans l’histoire de la colonie belge que des officiers blancs étaient contraints d’obéir à un Africain.

Le comportement courageux de Lumumba a suscité l’approbation enthousiaste de la foule à l’extérieur. De plus en plus de gens se rassemblaient dans les rues. Face aux actions provocatrices des troupes, la population de Stanleyville s’est armée de lances, d’arcs, de flèches, de couteaux et d’autres armes. La situation devenait critique. Les officiers belges perdirent totalement le contrôle et commencèrent à tirer sur la foule, après que les soldats congolais eurent refusé de tirer sur leurs frères. Lorsque le premier Congolais tomba, touché par les balles des officiers, Lumumba courut vers lui, le souleva dans ses bras et pleura. La scène de Lumumba pleurant sous les balles a ému la population, qui a riposté à l’attaque des Belges. Certains officiers sont tombés, le cœur transpercé par des flèches. Lumumba souhaitait éviter davantage d’effusions de sang et, au milieu de la confusion, a appelé la population au calme. Celle-ci a obéi et s’est dispersée, laissant la rue aux soldats.

Des émeutes ont de nouveau éclaté cette nuit-là. Lumumba se trouvait dans un autre quartier de la ville et, lorsqu’il est arrivé sur les lieux des affrontements, il était déjà trop tard. Des corps de soldats et de civils, noirs et blancs, jonchaient la route. Les autorités ont décrété une répression impitoyable. Le lendemain, un mandat d’arrêt a été lancé contre Lumumba.

La nouvelle de l’arrestation de Lumumba s’est répandue comme une traînée de poudre à Léopoldville, capitale du Congo. Les colonialistes cherchaient désespérément du soutien auprès des dirigeants congolais, mais n’en trouvaient que très peu.

Les rassemblements organisés par le MNC attiraient de grandes foules. Des résolutions de soutien à Lumumba étaient envoyées à Bruxelles. Des délégations issues de divers secteurs de la population se rendirent auprès des autorités belges pour exiger la libération immédiate de Lumumba.

La situation politique empirait de jour en jour. Les élections aux instances locales du pouvoir, prévues pour la fin de 1959, approchaient. Les partis nationalistes décidèrent de boycotter ces élections. Même en prison, Lumumba continuait à diriger les travaux de ses partisans, et ses lettres parvenaient à leurs destinataires malgré la surveillance. Naturellement, il comptait sur l’aide des troupes congolaises. Curieusement, malgré les mesures strictes prises par les autorités coloniales, presque tous ces soldats étaient membres du MNC et possédaient une carte du parti.

LUMUMBA ET LA TABLE RONDE DE BRUXELLES

En janvier 1960, le gouvernement belge convoqua une table ronde à Bruxelles. Des dirigeants congolais et des représentants belges y participèrent. Au moment où la conférence s’ouvrit, Lumumba fut transféré de Stanleyville vers une prison de Jadotville, connue pour être une chambre de torture. Il était pieds nus, menotté et portait des traces de coups. Il avait été maltraité pendant le trajet.

La conférence s’est ouverte sans Lumumba, mais ses représentants étaient présents. Les séances se sont éternisées pendant plusieurs jours sans qu’aucun accord ne soit trouvé. Les dirigeants congolais ont clairement fait savoir aux autorités belges que la conférence échouerait si les répressions contre les Congolais n’étaient pas suspendues et si Lumumba n’était pas autorisé à y assister. Cette exigence a finalement été satisfaite.

À Bruxelles, Lumumba fut accueilli par la plupart des dirigeants congolais et par des journalistes. Il leur montra ses blessures. Dans une déclaration à la presse, il appela les Belges et les Congolais à parvenir à un accord sur l’indépendance le plus rapidement possible.

Sa présence a clarifié l’atmosphère de la conférence. Il a joué un rôle particulièrement marquant dans la fixation de la date de proclamation de l’indépendance. Lors de la conférence, il a dénoncé publiquement les manœuvres de certains groupes financiers belges qui cherchaient à diviser les Congolais et, ainsi, à fragmenter le pays. Il est même allé jusqu’à se retirer de la conférence, ne revenant que lorsque l’avocat de Tshombe, un Belge du nom de Humblet, a été exclu des séances. Il comprit que l’objectif était de légaliser la sécession du Katanga et attira l’attention sur ce danger. Les autres dirigeants congolais soutinrent sa position et condamnèrent les agissements de Tshombe qui, face au mécontentement général, fut contraint d’assurer qu’il n’avait jamais défendu la sécession du Katanga. Mais les événements ultérieurs démontrèrent que c’était un mensonge.

Au cours de la table ronde, sur une suggestion de Lumumba, un Conseil exécutif, composé de membres congolais et rattaché au gouverneur général du Congo, fut créé. En principe, ce conseil avait pour mission d’aider aux préparatifs de la proclamation de l’indépendance et des élections législatives.

À leur retour au Congo, les dirigeants nationaux furent accueillis avec enthousiasme par le peuple. Les Congolais étaient fiers du succès de leurs représentants. La campagne électorale commença. Lumumba remporta les élections en avril 1960.

Les colonialistes n’ont pas bien accepté ce résultat et ont fait tout leur possible pour l’empêcher d’accéder au pouvoir. Mais ils se sont heurtés à la détermination du peuple et à la réalité du Congo. Malgré toutes les intrigues, Lumumba est devenu Premier ministre de la République du Congo. Son vice-Premier ministre était Antoine Gizenga, qui poursuivrait plus tard son combat.

LUMUMBA ET L’INDÉPENDANCE DU CONGO

Les complots des colonialistes, qui visaient à n’accorder au pays qu’une indépendance formelle, avaient été dénoncés par Lumumba bien avant le 30 juin 1960 — date de la proclamation de l’indépendance de la République du Congo. Il s’adressa au peuple, expliquant la situation politique et appelant à l’unité. Des rassemblements furent organisés dans tout le pays. Lumumba obtint un accord de base entre les partis nationalistes sur l’unité d’action. Ces partis formèrent par la suite le bloc de Lumumba, ou bloc nationaliste.

Le 30 juin 1960, alors que le peuple congolais célébrait son indépendance, les Belges rêvaient déjà de reprendre le contrôle du pays. Mais, malgré toutes leurs intrigues contre Lumumba, celui-ci resta au pouvoir jusqu’au moment le plus sombre de sa carrière politique.

Six jours après la proclamation de l’indépendance, le peuple congolais a été plongé dans une crise provoquée par les colonialistes. Tout le monde sait de quelle crise il s’agit. À cette époque — et jusqu’à la dernière minute de sa vie — Lumumba s’est révélé être un grand leader, guidant le destin de son peuple, qu’il a toujours servi avec dévouement.

La vie de Lumumba a été une lutte incessante pour les intérêts du Congo. Avec le soutien du peuple, il est devenu chef du gouvernement et leader du mouvement de libération nationale dans le pays. Aujourd’hui, même après sa mort, son peuple se souvient de lui, de sa cause et de sa vie.

Nous sommes convaincus que la juste cause pour laquelle tant de fils du Congo ont donné leur vie triomphera, définitivement.

Jean Bulabemba, jornalista congolês

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