SUR LE RÔLE DÉGÉNÉRATIF DE L’ACTIVISME DES ONG (Kenya)

SUR LE RÔLE DÉGÉNÉRATIF DE L’ACTIVISME DES ONG, DE L’OPPORTUNISME ET DU SABOTAGE POLITIQUE AU SEIN DU MOUVEMENT RÉVOLUTIONNAIRE

Le Centre pour la justice sociale de Mathare, Gacheke Gachihi, Waringa Wahome et la politique de l’activisme des célébrités

Le Comité central d’organisation du Parti communiste marxiste du Kenya estime nécessaire d’aborder ouvertement le rôle de plus en plus négatif joué par certaines franges du soi-disant mouvement pour la justice sociale, en particulier les individus associés au Mathare Social Justice Centre, dont la conduite en est venue à incarner la politique de l’activisme des célébrités, la dépendance vis-à-vis des ONG, l’opportunisme et l’hostilité envers l’organisation révolutionnaire.

Cette déclaration ne porte pas sur des personnalités. Elle porte sur la politique. Elle porte sur la position de classe. Elle porte sur la question de savoir si l’on sert le peuple ou si l’on se sert soi-même.

Le Sommet panafricain contre l’impérialisme (PASAI) a réuni des organisations révolutionnaires, anti-impérialistes, progressistes, syndicales, de jeunesse, de femmes et populaires de toute l’Afrique et du monde entier dans un effort collectif visant à renforcer la lutte contre l’impérialisme, le néocolonialisme, le sionisme et l’exploitation capitaliste. Le PASAI a été conçu comme un forum de coordination politique, d’échanges idéologiques et de renforcement de l’organisation anti-impérialiste.

Il est donc nécessaire d’expliquer pourquoi le comportement de certaines personnes au cours de ce processus est devenu un sujet de préoccupation politique.

Au cours des préparatifs et des travaux du PASAI, de sérieuses discussions ont émergé concernant la participation de personnes venues de leur propre initiative qui avaient auparavant abandonné la discipline du Parti, rejeté le travail organisationnel collectif et pris leurs distances par rapport aux structures révolutionnaires. Parmi les plus en vue de ces personnes figuraient Gacheke Gachihi et Waringa Wahome.

Même après que le Comité de travail du PASAI eut clairement indiqué qu’ils n’étaient pas des participants invités en raison de leur conduite lors de précédents processus du Parti, ces deux individus ont insisté pour dire qu’ils ne viendraient que pour rencontrer brièvement le professeur Vijay Prashad avant de repartir. Cette explication s’est rapidement révélée être un prétexte commode pour accéder à un processus auquel ils n’avaient apporté aucune contribution organisationnelle et pour lequel ils n’avaient accepté aucune responsabilité.

Le Parti avait déjà accumulé une expérience considérable concernant ces personnes. Lors de la Conférence théorique du Parti, elles avaient été accueillies bien qu’elles n’aient apporté aucune contribution significative à l’organisation de la conférence. Elles avaient été autorisées à participer au processus et à bénéficier de la bonne volonté du Parti. Pourtant, une fois la conférence terminée, elles ont abandonné leurs engagements, n’ont pas participé au travail de suivi et ont fait preuve de peu de considération pour les responsabilités collectives qu’elles avaient acceptées.

Les événements entourant le PASAI n’ont fait que confirmer ce qui était déjà devenu évident.

Bien qu’ils n’aient apporté aucune contribution à l’organisation du sommet, ils ont cherché à s’y mettre en avant. Bien qu’ils n’aient accepté aucune responsabilité, ils ont cherché à en tirer une reconnaissance. Bien qu’ils aient rejeté la discipline organisationnelle, ils ont tenté de se présenter comme des acteurs centraux au sein d’un processus construit grâce aux sacrifices des travailleurs, des paysans, de la jeunesse révolutionnaire et des organisations anti-impérialistes du monde entier.

Ce qui en est ressorti n’était pas un engagement révolutionnaire, mais la politique du spectacle.

Le traitement des invités internationaux et la question de l’éthique révolutionnaire

Il est important de dénoncer Wahome, Gacheke et certaines sections du Centre pour la justice sociale. Le jour où les invités internationaux ont été libérés de prison, les deux anciens camarades ont abusé de leur proximité avec les camarades pour les induire en erreur et exiger par la suite une rançon du Parti, retenant littéralement les camarades sous prétexte de frais juridiques inexistants, puisque toutes les démarches juridiques et les relations avec les avocats avaient déjà été prises en charge par la Ligue juridique du Parti.

Cet épisode a révélé plus qu’un simple acte isolé de mauvaise conduite. Il a mis au jour une dégénérescence politique plus profonde. Les processus révolutionnaires ont été traités comme des occasions de manœuvres personnelles plutôt que comme une lutte collective. Les camarades internationaux venus en solidarité avec le mouvement anti-impérialiste sont devenus l’objet d’influences concurrentes et d’opportunisme politique. Une telle conduite est en contradiction directe avec les principes de l’internationalisme prolétarien, de la discipline collective et de l’intégrité révolutionnaire sur lesquels repose le mouvement communiste.

À la suite du PASAI, le Comité central d’organisation a appris que certains camarades internationaux avaient été sollicités pour une aide financière prétendument destinée à des camarades locaux qui seraient confrontés à la maladie, à la famine et à des conditions de vie extrêmement difficiles. Le Parti a mené des enquêtes par le biais de ses propres structures et n’a trouvé aucun fondement à un certain nombre des allégations qui avaient été présentées.

Sur la base de ces conclusions, le Comité central d’organisation a conclu que ces appels constituaient ce que le Parti considère comme une extorsion politique de camarades internationaux sous prétexte de maladie et de famine. Le Parti considère qu’un tel comportement constitue une grave violation de l’éthique révolutionnaire, qui sape l’internationalisme prolétarien, nuit à la confiance entre les organisations révolutionnaires et exploite les relations de solidarité à des fins incompatibles avec les principes du mouvement révolutionnaire.

La déformation des contradictions

Le Comité central d’organisation rappelle également le rôle joué par ces individus dans la présentation au Parti d’une interprétation particulière de la crise et de la scission qui s’est finalement produite au sein de certaines sections du mouvement pour la justice sociale.

À l’époque, la contradiction a été présentée comme une lutte profonde de principes politiques, une confrontation entre une tendance anti-impérialiste et une tendance opposée prétendument alignée sur les intérêts impérialistes.

L’évaluation du Comité central d’organisation est sans équivoque. Les développements ultérieurs n’ont pas renforcé ce récit. Au contraire, ils ont confirmé la conclusion du Parti selon laquelle la contradiction était fondamentalement caractérisée par des rivalités organisationnelles, des antagonismes personnels, une lutte d’influence et des conflits enracinés dans la sphère de la politique des ONG. Ce qui avait été présenté comme une confrontation entre tendances anti-impérialistes et impérialistes s’est de plus en plus révélé déconnecté des tâches concrètes de la lutte révolutionnaire et des intérêts des masses ouvrières. Le recours à un langage anti-impérialiste a servi à obscurcir plutôt qu’à clarifier la nature réelle de la contradiction.

Le Parti rejette donc les tentatives visant à présenter ces différends comme des luttes idéologiques de principe et soutient qu’ils constituaient une manifestation de la dégénérescence politique, de l’opportunisme et de la décadence organisationnelle de plus en plus associés à l’activisme mené par les ONG.

La question de la « lumpénisation »

L’une des conséquences les plus destructrices d’une immersion prolongée dans la politique des ONG et l’activisme petit-bourgeois est la lumpénisation politique et idéologique.

La lumpénisation n’est pas simplement une condition sociale. C’est une dégénérescence politique.

Elle se manifeste lorsque la responsabilité collective est remplacée par le gain individuel. Elle se manifeste lorsque l’engagement révolutionnaire est remplacé par l’avancement personnel. Elle se manifeste lorsque le service au peuple est remplacé par la recherche d’influence, de reconnaissance, de visibilité et d’avantages matériels.

Le mouvement révolutionnaire se nourrit du sacrifice et de l’effort collectif. Le Parti n’est pas un marché. Le Parti n’est pas une agence de sous-traitance. Le Parti n’est pas une source de subsistance personnelle. Le Parti est un instrument de lutte des classes.

Une mentalité dangereuse se développe lorsque des individus commencent à aborder la politique révolutionnaire comme une relation transactionnelle. Au lieu de se demander ce qu’ils peuvent apporter à la lutte, ils commencent à se demander ce qu’ils peuvent en retirer. Au lieu de servir les intérêts collectifs, ils commencent à évaluer chaque activité politique en fonction de leur intérêt personnel.

De telles tendances représentent l’inversion totale des valeurs prolétariennes.

Le militant communiste s’engage dans la lutte pour servir le peuple.

L’opportuniste s’engage dans la lutte pour se servir lui-même.

Le militant communiste comprend le sacrifice.

L’opportuniste comprend les transactions.

Le militant communiste recherche la victoire collective.

L’opportuniste recherche la reconnaissance individuelle.

Cette mentalité est fondamentalement étrangère à l’éthique communiste.

Le Centre de justice sociale de Mathare et la crise de la politique des ONG

L’expérience de ces dernières années démontre les limites et les dangers d’un activisme mené par les ONG. Détachée de l’organisation révolutionnaire et dépourvue de responsabilité envers la classe ouvrière, une telle politique dérive inévitablement vers le libéralisme, le carriérisme, l’opportunisme et l’hostilité envers une organisation politique disciplinée.

Cette tendance est de plus en plus associée à certaines sections du Mathare Social Justice Centre. Ce qui était autrefois présenté comme un vecteur de la lutte populaire est de plus en plus dominé par une culture d’activisme de célébrités, de dépendance vis-à-vis des ONG et de mise en avant individuelle.

Au lieu de former des cadres disciplinés ancrés parmi les ouvriers et les paysans pauvres, cette politique cultive de plus en plus des personnalités dont l’existence politique dépend de la visibilité, des réseaux de donateurs, de l’attention des médias et de la mise en avant de leur influence personnelle.

Il en résulte une pratique politique qui privilégie la visibilité médiatique au détriment de l’organisation, la reconnaissance publique au détriment de la responsabilité, et les personnalités individuelles au détriment de la direction collective.

Une telle politique ne peut faire avancer la Révolution démocratique nationale.

La Révolution démocratique nationale exige de la discipline.

La Révolution démocratique nationale exige des sacrifices.

La Révolution démocratique nationale exige de la responsabilité.

La Révolution démocratique nationale exige des cadres qui subordonnent leurs intérêts personnels aux intérêts collectifs.

Le mouvement révolutionnaire ne peut être transformé en une tribune d’autopromotion.

Elle ne peut être réduite à une tribune pour les célébrités politiques.

Elle ne peut être subordonnée aux agendas des ONG et à l’individualisme libéral.

Le Comité central d’organisation appelle donc tous les véritables révolutionnaires à rejeter l’opportunisme, à rejeter l’activisme de célébrité, à rejeter l’individualisme libéral, à rejeter la lumpenisation, et à se réengager dans la tâche difficile mais nécessaire de construire une organisation révolutionnaire disciplinée parmi les ouvriers, les paysans, la jeunesse, les femmes et les masses opprimées.

La révolution n’est pas un spectacle.

La révolution n’est pas une carrière.

La révolution n’est pas une marque personnelle.

La révolution est la lutte organisée des masses pour le pouvoir.

Ceux qui se placent au-dessus du collectif se placent inévitablement en dehors de la voie révolutionnaire.

Comité central d’organisation

Parti communiste marxiste du Kenya

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