sur les mobilisations dans les lycées
Des sociologues, des politiciens et des journalistes – qu’ils soient de droite, de gauche atlantiste, libérale ou libertaire – nous avaient dit que les jeunes ne s’intéressaient pas à la politique, qu’ils étaient attachés aux mille facettes de leur identité et qu’ils éprouvaient une répulsion pour la dimension collective…
Aujourd’hui, nous sommes confrontés à des manifestations qui ont secoué les principales villes de France, concentrées principalement dans les lycées des quartiers populaires. Les revendications de ces élèves sont minimes : ils réclament une école publique qui fonctionne… La réponse à ces revendications a été un recours massif à la répression et à la violence de la part de la police. La solidarité directe apportée par LFI aux élèves en lutte a été criminalisée et les responsables politiques qui se sont joints aux élèves font l’objet d’un lynchage médiatique et judiciaire.
Cette haine de l’État impérialiste français à l’encontre des élèves est essentiellement liée à la composition sociale, ethnique et religieuse des quartiers populaires. Ce sont les enfants d’une France métissée, d’une nouvelle France. Il serait donc réducteur de ramener ces mobilisations à de simples questions liées aux salles de classe ou au matériel pédagogique… Il y a la haine contre la violence d’une police néocoloniale, la colère contre le climat d’islamophobie généralisé, le rejet des vents de guerre d’une France impérialiste qui veut une OTAN toujours plus forte contre la Russie, la solidarité instinctive avec la lutte du peuple palestinien…
Les quartiers populaires se « militarisent », accordant une immunité totale aux forces de police, qui se comportent trop souvent comme une véritable police « néocoloniale », fermant les yeux sur le trafic de drogue, la criminalité. Le travail, lorsqu’il existe, devient une «condamnation», et un «cauchemar» lorsqu’on ne le trouve pas. La précarité sociale est généralisée. C’est dans ce contexte que s’inscrivent les mobilisations étudiantes.
Réduire ces manifestations à du «syndicalisme», c’est faire preuve de myopie ou de conformisme vis-à-vis de l’État impérialiste français.
Ce n’est ni une révolution, ni une révolte, mais une protestation à caractère de classe, s’inscrivant dans le contexte précis de la métropole impérialiste.
Aujourd’hui, l’important est de ne pas diviser les étudiants entre les « bons » et les « mauvais », et de dénoncer la répression policière, son caractère de classe et sa dimension néocoloniale.
Que les jeunes communistes, les jeunes de la gauche prolétarienne qui traverse ces mouvements, placent au cœur de leurs préoccupations la question du socialisme, non pas comme une idée, mais comme dimension collective, comme exercice de la force populaire.
Les vents de guerre soufflent de plus en plus fort ; la crise est une crise de légitimité du gouvernement et de l’impérialisme français lui-même. La violence subie par les lycéens n’a pas entamé leur détermination. La lutte de ces jeunes nous enseigne que la passivité, le conformisme et la critique pour la critique ne servent à rien. Il faut s’organiser sur les lieux de travail, dans les quartiers populaires, dans les écoles, dans les prisons…
Il ne faut pas céder à la peur ; résister, c’est s’organiser!
Supernova

