Conscience de classe. L’actualité de la lutte contre la spontanéité

Conscience de classe. La situation actuelle de la classe ouvrière est profondément contradictoire. D’un côté, les luttes contre le système capitaliste se multiplient : la résistance du peuple palestinien, les luttes des femmes, l’organisation des familles des personnes disparues, la défense de l’eau, du territoire et des ressources naturelles, les luttes des peuples autochtones et des paysans, ainsi que les mobilisations des travailleurs pour de meilleures conditions de vie. Tout cela démontre que le capitalisme traverse une crise profonde et que ses injustices sont de plus en plus évidentes.

Dans ce contexte, et en reprenant les idées toujours d’actualité de Vladimir Lénine, nous observons partout des actions spontanées menées par différents secteurs de la population en quête de réponses. Cependant, ces luttes se limitent souvent à des objectifs immédiats. Elles s’organisent pour résoudre un problème concret, mais parviennent rarement à le relier à la nécessité de transformer en profondeur le système capitaliste qui en est à l’origine.

Le plus inquiétant est peut-être le faible niveau de conscience de classe qui règne parmi de larges secteurs du peuple travailleur

Mais le plus inquiétant est peut-être le faible niveau de conscience de classe qui règne parmi de larges secteurs du peuple travailleur. Bien que nous soyons des millions à subir l’exploitation, la spoliation et les inégalités, rares sont ceux d’entre nous qui se reconnaissent comme faisant partie d’une même classe aux intérêts communs. L’individualisme prédomine, ainsi que l’idée que chacun doit résoudre ses problèmes par ses propres moyens, tandis que le système continue de fonctionner sans être remis en cause dans son ensemble.

Ainsi, de nombreuses luttes finissent par être isolées les unes des autres. Certaines remportent de petites victoires, d’autres obtiennent des promesses de la part des gouvernements, mais les causes profondes des problèmes restent intactes.

Pourquoi en est-il ainsi ? Il ne fait aucun doute que la classe dominante utilise tous les moyens à sa disposition pour conserver ses privilèges. Mais il faut également reconnaître que le mouvement populaire est confronté à de nouveaux défis qui exigent un effort accru d’étude et d’élaboration théorique.

Dans l’ouvrage Que faire ?

Dans l’ouvrage Que faire ?, Lénine explique que la conscience de classe ne naît pas spontanément. Il ne suffit pas de participer à une manifestation ou de se heurter à une injustice pour comprendre l’origine de l’exploitation. Cette conscience se construit par l’étude, l’analyse de la réalité et l’organisation politique.

Aujourd’hui, la spontanéité prend de nouvelles formes. Les réseaux sociaux permettent à des milliers de personnes d’exprimer leur indignation, de dénoncer des injustices ou d’appeler à des mobilisations en l’espace de quelques heures. Tout cela peut constituer un point de départ important, mais cela ne suffit pas. Lorsque l’indignation ne se transforme pas en organisation, lorsque la protestation ne s’accompagne pas d’une formation politique et d’une stratégie révolutionnaire, elle finit par s’essouffler. L’actualité cesse d’être tendance, la mobilisation s’essouffle et le système continue de reproduire les mêmes conditions qui ont donné naissance au problème. C’est pourquoi la critique de Lénine conserve toute sa pertinence : la spontanéité peut éveiller le mécontentement des masses, mais seule l’organisation consciente peut transformer cette force en un outil de transformation de la société.

Aujourd’hui, il convient de se poser la question suivante : développons-nous les outils théoriques dont les luttes actuelles ont besoin ? Expliquons-nous clairement les nouvelles formes d’exploitation, la spoliation des territoires, la privatisation des ressources naturelles, la crise environnementale ou la manière dont le capitalisme adapte ses mécanismes de domination ? Ce sont là des tâches que le mouvement populaire ne peut pas négliger.

Théorie et pratique, propagande et agitation, stratégie et tactique sont des aspects indissociables. La spontanéité peut être le point de départ d’une lutte, mais à elle seule, elle ne suffit pas à construire un projet capable de transformer la société.

Il est important que le peuple reconnaisse que ses luttes sont justes. Mais il est encore plus important de comprendre qu’elles ont toutes la même origine. Lorsque nous comprenons que l’exploitation du travail, la spoliation du territoire, la destruction de la nature, la violence et bien d’autres injustices relèvent d’un même système, nous comprenons également que leur solution ne peut être isolée.

Toutes les luttes visent, au fond, un même problème : le capitalisme. Ce n’est qu’en transformant ce système que nous pourrons éliminer les conditions qui engendrent l’exploitation et l’oppression.

Comment avancer sur cette voie ? Lénine proposait de partir des faits concrets pour en découvrir les causes profondes. Pensons à la lutte des familles des personnes disparues. Il ne suffit pas d’exiger la justice dans chaque cas ou de tenir pour seul responsable un gouvernement. Il faut expliquer que ce problème s’inscrit dans une réalité sociale créée par le capitalisme lui-même, où la vie humaine, le territoire et les ressources naturelles deviennent des marchandises et des sources de profit. Il en va de même pour la spoliation des communautés, la destruction de l’environnement, la privatisation de l’eau ou l’exploitation du travail. Comprendre ces relations permet de montrer que les problèmes n’apparaissent pas isolément, mais qu’ils font partie d’un même système économique, politique et social.

Chaque lutte doit nous aider à comprendre le fonctionnement du capitalisme et la nécessité de le transformer. Chez FRAGUA, telle est notre mission : apporter des éléments pour renforcer la conscience de classe, expliquer les causes profondes des problèmes et démontrer que les luttes du peuple sont justes lorsqu’elles visent à changer la réalité à la racine.

L’actualité de « Que faire ? » ne réside pas dans la répétition des mots de Lénine, mais dans l’application de sa méthode pour comprendre notre époque. Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin de nous organiser, d’étudier la réalité, de développer une théorie et de devenir de meilleurs agitateurs et propagandistes, capables de porter les idées révolutionnaires sur notre lieu de travail, à l’école, dans notre quartier et au sein de notre communauté. La conscience de classe ne naît pas d’elle-même : elle se construit dans la lutte organisée et dans le travail politique quotidien.

Tel est également l’engagement de FRAGUA : être un outil au service de l’organisation, de la formation politique et du renforcement des luttes populaires. Si nous voulons que l’indignation cesse d’être passagère et devienne une force capable de transformer la société, il est temps d’étudier, de s’organiser et d’agir. Seul un peuple conscient, organisé et ayant une vision claire de ses objectifs pourra ouvrir la voie vers une société sans exploitation, où la richesse produite par les travailleurs sera au service de ceux qui la créent.

C’est pourquoi, à toi qui nous lis, nous t’invitons à partager tes expériences et tes dénonciations dans notre journal, à participer à nos brigades de mobilisation, à te mobiliser à nos côtés, à faire partie de cette Organisation de Lutte pour l’Émancipation Populaire, un espace où nous avons tous notre place, nous qui en avons assez de ce système injuste, de la violence du capital, de la spoliation et de l’exploitation.

Rejoins l’OLEP et, ensemble, traçons la voie de l’émancipation populaire.

Organización de Lucha por la Emancipación Popular- Mexique

 

Aller à la barre d’outils