Dans le cadre de la lutte contre l’impérialisme et ses collaborateurs, les représentants légitimes du peuple seront parfois victimes de répression. C’est inévitable. Cependant, la lutte séculaire du peuple contre les dirigeants, les tyrans et les régimes oppressifs a permis de garantir et d’établir des droits et libertés fondamentaux qui ne peuvent être ni ignorés ni bafoués. Il est de notre devoir de connaître ces droits, de les exercer et de les défendre. Cette brochure a été élaborée par le Bureau juridique du peuple, principalement à l’intention de ceux qui résident en Allemagne ou s’y rendent. L’Allemagne étant l’une des principales puissances impérialistes d’Europe, nous avons également décidé d’y inclure des informations pertinentes pour d’autres pays européens. Nos droits sont universels, et tous les États ont l’obligation de les respecter et de les protéger. Dans la pratique, cependant, ce n’est souvent pas le cas. Il nous appartient donc de connaître nos droits et de les faire valoir chaque fois que cela s’avère nécessaire. Ce numéro contient la première partie de la brochure. La deuxième partie, qui conclut la série, sera publiée dans notre prochain numéro (août 2026).
PARTIE I – INTRODUCTION
La lutte pour les droits et les libertés est la lutte politique, sociale et juridique menée pour défendre les droits et libertés fondamentaux du peuple contre les ingérences illégales et arbitraires, ainsi que contre les atteintes à ces droits et libertés, de la part des autorités politiques, des États et des organes exécutifs et judiciaires de l’État. La lutte menée pour défendre les droits et libertés fondamentaux du peuple est, en même temps, une lutte pour la justice, l’égalité et la liberté. Bien que, dans la pratique, cette lutte prenne souvent la forme d’une résistance contre les violations des droits des personnes et vise à protéger les droits d’un individu ou d’un groupe d’individus en particulier, elle n’est, en réalité, qu’une composante d’une lutte plus large et intégrée visant à défendre les droits et libertés de la société dans son ensemble. C’est pourquoi il s’agit d’une lutte importante, qui ne peut être négligée ni reportée. Du point de vue de l’individu, cette lutte peut également être considérée comme une lutte visant à préserver la dignité humaine, l’honneur et l’intégrité personnelle. Une personne n’est véritablement humaine que dans la mesure où elle jouit de ses droits et libertés. Il est évident qu’une personne privée de ces droits et libertés, qui n’en a pas conscience, qui reste silencieuse lorsqu’on les lui retire et qui est incapable de les défendre, sera également privée des valeurs humaines les plus fondamentales, perdant à la fois le respect d’elle-même et celui de la société. Comme l’a écrit le poète du peuple Ahmed Arif : « Vivre, se contenter de “vivre”, c’est l’occupation des vers et de la mousse. » Pour une personne dont les droits et libertés ont été confisqués et qui ne fait rien – ou est incapable de faire quoi que ce soit – d’autre que de se taire, la vie n’a guère plus de sens que cela. La lutte pour défendre nos droits et libertés est donc aussi une lutte pour préserver notre humanité. Notre plus grande arme et notre plus grande source de force dans cette lutte pour défendre nos droits et libertés, c’est la connaissance de ces droits et libertés. La connaissance, c’est le pouvoir. Si nous nous armerons de connaissances et prenons pleinement conscience de nos droits et libertés, nous serons sans aucun doute plus forts dans cette lutte. C’est précisément dans ce but que cette brochure a été élaborée. Son objectif concret est de nous permettre de connaître les droits dont nous disposons face à la police et de nous fournir des conseils sur la manière d’agir face à d’éventuelles violations de nos droits et à des pratiques arbitraires ou illégales auxquelles nous pourrions être confrontés au cours de telles procédures.
Savoir quels sont nos droits si nous sommes placés en garde à vue, si la police effectue une perquisition ou une fouille à notre domicile, ou si nous sommes convoqués pour faire une déposition ou si une déposition est recueillie auprès de nous, nous offre des garanties juridiques contre les comportements arbitraires et les violations de nos droits, et contribue à nous protéger en vertu de la loi. Être capable de défendre nos droits, de comprendre nos prérogatives légales et, le cas échéant, de solliciter une assistance juridique est important non seulement en tant que question individuelle ou personnelle nous concernant, mais aussi dans le cadre de la lutte plus large pour garantir la justice. Deux vérités fondamentales ne doivent jamais être oubliées. Premièrement, une personne est véritablement humaine en vertu de ses droits et libertés. Deuxièmement, les droits et libertés dont nous jouissons aujourd’hui ne nous ont été accordés par personne. Nous les avons conquis au prix d’une lutte acharnée. Ils sont le fruit de milliers d’années de lutte, connue sous le nom de lutte des classes, remportée grâce à des mouvements au cours desquels du sang a été versé et des vies ont été sacrifiées. Quelles que soient les circonstances, défendre ces droits dans toute leur étendue est à la fois une exigence de notre humanité commune et l’expression du respect dû à la lutte séculaire dont nous faisons partie, aux sacrifices consentis au cours de cette lutte et à ceux que nous avons perdus.
CHAPITRE I
Concepts fondamentaux et informations générales
1. Droits
Les droits sont les protections juridiques et éthiques dont jouissent un individu ou un groupe face à l’État ou à d’autres personnes. En termes juridiques, un droit est un intérêt appartenant à un individu qui est reconnu et protégé par la loi. Cela englobe un large éventail de droits, allant des droits humains fondamentaux (tels que le droit à la vie, la liberté d’expression et le droit à un procès équitable) aux droits économiques, sociaux et culturels accordés à des groupes particuliers au sein d’une société donnée.
2. Libertés
Les libertés sont les droits qui permettent aux individus de choisir, d’exprimer et de vivre librement leur vie, leurs croyances et leurs opinions. Elles comprennent, entre autres, la liberté de pensée, la liberté d’expression, la liberté de réunion, la liberté d’association et la liberté de religion.
3. Les objectifs fondamentaux de la lutte pour les droits et les libertés
A) Garantir l’égalité et la justice
Lorsqu’il n’y a pas d’égalité des droits et des libertés au sein d’une société, il en résulte généralement une injustice sociale. La réalité historique est que toutes les sociétés jusqu’à présent ont été caractérisées par des divisions entre oppresseurs et opprimés, et entre dirigeants et dirigés. Aucune société où de telles divisions existent ne peut véritablement connaître ni l’égalité ni la justice. La lutte pour les droits et les libertés exige l’instauration de l’égalité et de la justice dans un ordre social où ces valeurs font défaut, et vise à les concrétiser. Par exemple, les campagnes en faveur de l’égalité de rémunération pour un travail égal, de la journée de travail de huit heures, des droits syndicaux, du droit d’organisation, de la liberté d’expression, de l’élimination de la discrimination fondée sur le genre à l’égard des femmes, ainsi que de la suppression des barrières sociales qui restreignent les libertés, telles que le racisme et la discrimination religieuse, servent toutes cet objectif.
B) Protection des droits fondamentaux des individus
Les individus ont le droit d’exiger le respect de leurs droits fondamentaux. Ces droits comprennent, entre autres, le droit à la vie, le droit à la liberté et le droit à la liberté d’expression. Les violations de ces droits, ou leur restriction par des ingérences arbitraires et illégales, sont inacceptables et ne devraient pas être tolérées dans une société libre, juste et démocratique, ou qui prétend l’être. Par exemple, la violation de l’interdiction du génocide et du droit à la vie lors du génocide perpétré contre le peuple juif dans l’Allemagne nazie, ainsi que les violations contemporaines des droits fondamentaux de l’homme — telles que les interdictions arbitraires imposées par des gouvernements fascistes ou autoritaires, les violations du droit à la vie, la torture, les meurtres commis par la police, les massacres, les arrestations et détentions arbitraires — ne font que souligner l’importance de la lutte pour les droits et les libertés.
C) Changement/transformation économique, sociale et politique
La lutte pour les droits et les libertés ne se limite pas à la défense des droits des individus ou de groupes particuliers. Elle vise également à éliminer les injustices qui touchent la société dans son ensemble et à renforcer et faire progresser les droits et libertés démocratiques. En conséquence, cette lutte cherche également à provoquer des changements économiques, sociaux et politiques au sein de la société et sert cet objectif plus large.
4. INFORMATIONS GÉNÉRALES
Arrestation
Les agents de police peuvent procéder à l’arrestation d’une personne lorsqu’un mandat d’arrêt a été délivré à son encontre ou lorsqu’elle est surprise en flagrant délit (in flagrante delicto). Au cours de la procédure d’arrestation, l’identité de la personne et d’autres circonstances pertinentes sont vérifiées. Garde à vue La garde à vue est la détention d’une personne arrêtée sous la surveillance de la police pendant une période déterminée aux fins de la conduite des procédures d’enquête.
Durée de la garde à vue
En vertu du Code de procédure pénale turc, la durée de la garde à vue est, en règle générale, limitée à 24 heures. Toutefois, en ce qui concerne les infractions commises en groupe, le procureur peut prolonger cette durée par périodes successives de 24 heures, jusqu’à un maximum de quatre jours. En outre, pour les infractions relevant de la loi antiterroriste, la durée de la garde à vue est de 48 heures, et peut également être prolongée par le procureur jusqu’à un maximum de quatre jours. Informations concernant les droits de la personne
Une personne qui a été arrêtée doit être informée immédiatement, et dans une langue qu’elle comprend, des droits dont elle bénéficie dès le moment de son arrestation.
Phase d’instruction
La phase qui suit l’arrestation, et qui se poursuit jusqu’à l’ouverture d’une procédure pénale ou jusqu’à la décision de ne pas poursuivre, constitue la phase d’instruction. Au cours de cette phase, la police ou la gendarmerie, agissant en leur qualité d’autorités judiciaires chargées de l’application de la loi, mènent des mesures d’instruction sur instruction et sous l’autorité du procureur de la République, notamment la collecte de preuves et l’audition des témoins.
Libération ou renvoi en détention
À l’issue de l’enquête, le procureur de la République peut soit ordonner la libération de la personne, soit la renvoyer devant le juge de paix pénal en demandant soit la détention provisoire, soit l’imposition de mesures de contrôle judiciaire. À l’issue de l’audition par le juge, la personne peut être placée en détention provisoire, libérée ou soumise à des mesures de contrôle judiciaire. Lorsque le procureur renvoie une personne en justice en demandant uniquement l’application de mesures de contrôle judiciaire, le juge ne peut pas ordonner la détention provisoire. Toutefois, lorsque le renvoi vise la détention provisoire, le juge peut, à la place, ordonner l’application de mesures de contrôle judiciaire. À l’issue de cette procédure, la personne peut exercer les droits de recours dont elle dispose contre les décisions du parquet ou de la magistrature de paix pénale, selon le cas.
Garanties juridiques, recours et autres voies de droit
Tout au long de la procédure d’arrestation et de garde à vue, y compris l’ensemble des mesures d’enquête menées au cours de cette procédure, il est essentiel que les droits fondamentaux de la personne soient respectés et que chaque étape se déroule conformément à la loi.
En conséquence, en cas de violation des droits ou de toute autre illégalité, des voies de recours sont disponibles. La légalité de la procédure d’arrestation et de garde à vue revêt également une importance cruciale pour garantir l’intégrité de toute procédure pénale ultérieure. Des actes illégaux ou des violations graves des droits fondamentaux commis au cours de cette phase peuvent compromettre l’ensemble de la procédure pénale et, par exemple, rendre irrecevables les preuves obtenues à l’encontre de la personne concernée. C’est pourquoi toute illégalité ou violation des droits survenant au cours de ces phases doit être traitée avec le plus grand soin, tant dans le cadre de la procédure d’opposition que lors de toutes les procédures judiciaires ultérieures. Comment fonctionne la procédure d’opposition à une arrestation ou à une décision de garde à vue ? Une opposition à une arrestation ou à une décision de placement en garde à vue doit être formée dès que possible après l’arrestation ou la décision de placement en garde à vue. Aucune forme particulière n’est prescrite pour une telle opposition. Elle peut être formulée oralement, auquel cas elle doit être officiellement consignée. Toutefois, à des fins de preuve, il est recommandé de la présenter par écrit.
Une opposition est généralement rédigée par un avocat et soumise au tribunal ou à l’autorité judiciaire compétente. Le tribunal examinera l’opposition, étudiera les éléments de preuve et déterminera si l’arrestation ou la décision de placement en garde à vue était légale. Si l’opposition est accueillie, la personne sera remise en liberté. Si elle est rejetée, la garde à vue se poursuivra.
CHAPITRE II
ARRESTATION, PERQUISITION ET SAISIE, CONVOCATION POUR UNE DÉCLARATION ET AUTRES PROCÉDURES : VOS DROITS A) VOUS AVEZ ÉTÉ ARRÊTÉ(E) / PLACÉ(E) EN DÉTENTION POLICIÈRE ; QUELS SONT VOS DROITS ?
En Turquie, en Allemagne et dans d’autres pays européens, toute personne faisant l’objet d’une accusation pénale et qui, de ce fait, est arrêtée ou placée en garde à vue bénéficie d’un certain nombre de droits légaux. Ces droits sont reconnus et protégés tant par les constitutions et législations nationales que par des instruments internationaux tels que la Convention européenne des droits de l’homme. Certains des principaux droits sont exposés ci-dessous.
1. Le droit de garder le silence (Recht zur Aussageverweigerung)
Une personne qui a été arrêtée n’est pas tenue de s’incriminer elle-même, même si elle a commis une infraction pénale. Elle a donc le droit de garder le silence pendant l’interrogatoire de police. Il s’agit d’un droit fondamental qui permet à une personne d’éviter de s’incriminer elle-même. La personne doit être informée de ce droit (ce que l’on appelle communément la « mise en garde Miranda »).
2. Le droit de consulter un avocat (Recht auf Anwalt)
Une personne placée en garde à vue ou en détention provisoire a le droit de consulter un avocat. L’avocat peut assurer la défense de la personne et lui fournir des conseils juridiques. Avant d’interroger la personne, la police doit lui donner la possibilité de consulter un avocat.
3. Détention et durée de la garde à vue
En Allemagne, la durée pendant laquelle une personne peut être maintenue en garde à vue (détention provisoire) est limitée. Après son arrestation, la personne doit être présentée devant un juge au plus tard dans les 24 heures qui suivent. Le juge décidera si la détention de la personne doit se poursuivre. Si le juge n’ordonne pas la détention, la personne doit être remise en liberté.
4. Le droit d’être informé des faits qui lui sont reprochés (Recht auf Information)
Une personne qui a été arrêtée a le droit de connaître la nature des faits qui lui sont reprochés avant d’être interrogée à ce sujet. En d’autres termes, elle doit être informée de l’accusation pénale avant sa détention et son interrogatoire.
5. Protection contre la torture
En tant que membre du Conseil de l’Europe, l’Allemagne accorde une grande importance à la protection des droits individuels. Nul ne peut être soumis à la torture ni à des traitements inhumains ou dégradants. La torture physique ou psychologique est interdite tant pendant qu’après la garde à vue.
6. La présomption d’innocence (Unschuldsvermutung)
Une personne qui a été arrêtée doit être présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie. En conséquence, tant qu’un verdict de culpabilité n’a pas été rendu, la personne doit être traitée comme innocente et a le droit de se défendre contre les accusations portées à son encontre.
7. Le droit aux soins médicaux et à des conditions de détention humaines
Une personne placée en garde à vue a le droit de bénéficier d’une assistance médicale si son état de santé se détériore. De plus, les conditions de détention doivent être humaines et les besoins fondamentaux de la personne doivent être satisfaits.
8. Interdiction des déclarations forcées
Nul ne peut être contraint de faire une déclaration.
Une déclaration ne peut être faite que de manière volontaire et avec le consentement libre et éclairé de la personne.
B) LA POLICE S’EST PRÉSENTÉE À VOTRE DOMICILE POUR VOUS INVITER À FAIRE UNE DÉCLARATION ; QUE DEVEZ-VOUS FAIRE ? QUELS SONT VOS DROITS ? En Allemagne, la police peut se présenter au domicile d’une personne afin de l’inviter à se présenter pour un interrogatoire et à faire une déposition. Toutefois, cela n’affecte en rien les droits légaux de la personne concernée. Une personne dont la déposition est sollicitée continue de jouir de tous les droits que lui confère la loi et peut exercer ces droits pour décider de la manière de répondre. Il est donc important de connaître les droits fondamentaux et les conseils pratiques suivants. 1.
Vous n’êtes pas tenu de donner suite à cette invitation Si l’invitation à faire une déposition n’a pas été émise par le parquet et que vous n’avez pas reçu de citation à comparaître officielle par écrit, vous n’êtes pas tenu de vous présenter au commissariat de police au seul motif que la police vous y a invité. Dans de telles circonstances, vous pouvez informer la police que vous êtes disposé à faire une déposition devant le procureur à la place. En règle générale, au cours de la phase d’enquête, l’autorité compétente pour recueillir les déclarations est le procureur, et non la police. La police ne peut exercer cette fonction qu’au nom du procureur et conformément à ses instructions. Par conséquent, vous pouvez indiquer que vous souhaitez faire votre déclaration devant le procureur, qui est l’autorité compétente et le décideur ultime en la matière. 2. Si vous souhaitez refuser la convocation a. Si vous refusez la convocation et que la police insiste néanmoins pour que vous l’accompagniez, vous pouvez lui demander pourquoi elle insiste et s’il existe un fondement juridique justifiant que vous soyez emmené de force. b. Pour que la police puisse vous contraindre à l’accompagner, il doit normalement exister un mandat d’arrêt ou une décision légale autorisant votre arrestation ou votre placement en détention. Si aucun mandat d’arrêt ni aucune ordonnance d’arrestation n’a été émis à votre encontre par les autorités judiciaires compétentes, la police ne peut pas vous emmener de force.
3. Si vous décidez d’accéder à l’invitation
Vous devriez demander à la police de vous expliquer clairement l’objet de l’interrogatoire, les allégations portées à votre encontre et l’infraction pénale à laquelle ces allégations se rapportent. Le fait d’accepter de vous présenter ne signifie pas que vous êtes obligé de faire une déposition. Vous conservez le droit de garder le silence. Vous pouvez demander à consulter un avocat et indiquer que vous ne ferez aucune déclaration tant que vous ne l’aurez pas fait. Dans ce cas, votre déposition ne devrait pas être recueillie avant que vous n’ayez eu la possibilité de consulter votre avocat. Si la police vous invite à faire une déposition, vous pouvez demander que votre avocat soit présent pendant l’interrogatoire. Votre avocat peut superviser le déroulement de l’interrogatoire et vous fournir des conseils et une assistance juridiques tout au long de celui-ci. Même si vous indiquez ne pas souhaiter être représenté par un avocat, la police reste tenue de respecter vos droits légaux. Dans tous les cas, solliciter les conseils d’un avocat constitue la démarche la plus appropriée. Un avocat est le mieux placé pour protéger vos droits, surveiller le comportement de la police et contribuer à prévenir toute irrégularité de procédure ou autre conséquence défavorable au cours de la procédure pénale.
4. Vous n’êtes pas tenu de faire une déposition.
Le droit de garder le silence s’applique à tout moment. Le droit de garder le silence (Recht zu schweigen) En Allemagne, une personne invitée par la police à faire une déposition n’est en aucun cas tenue de donner suite à cette invitation ni de faire une déposition. L’exercice du droit de garder le silence ne signifie pas que la personne est coupable. Il s’agit simplement de l’exercice d’un droit fondamental de la défense. Si vous ne souhaitez pas faire de déclaration, vous devez le dire clairement.
5. Les déclarations obtenues sous la contrainte sont interdites. En aucun cas, une personne ne peut être contrainte de faire une déclaration. La police ne peut menacer, intimider ou exercer une pression sur une personne afin d’obtenir une déclaration. Si vous ne souhaitez pas faire de déclaration, vous avez le droit de maintenir votre refus.
6. Circonstances dans lesquelles vous n’êtes pas tenu de faire une déposition Lorsque la police vous demande de faire une déposition, mais que vous souhaitez plutôt consulter votre avocat, elle doit vous permettre d’avoir accès à un avocat et vous donner la possibilité de vous entretenir avec lui avant que toute déposition ne soit recueillie. Tout au long de cette procédure, vous ne devez pas être traité comme coupable, et la présomption d’innocence continue de s’appliquer.
7. Vous ne pouvez pas être arrêté ou placé en garde à vue à votre domicile au seul motif que vous refusez de faire une déposition (sous réserve d’exceptions limitées) Si la police a l’intention de vous arrêter ou de vous placer en garde à vue à votre domicile, une décision judiciaire est généralement requise. En règle générale, la police ne peut arrêter une personne à son domicile sans une telle décision que si celle-ci est prise en flagrant délit.
Dans tous les autres cas, un mandat d’arrêt délivré par un juge est normalement requis. Toutefois, lorsque la police s’est rendue à votre domicile dans le seul but de vous inviter à faire une déposition, il ne saurait être question que vous soyez arrêté, placé en garde à vue ou emmené de force pour cette seule raison.
8. Le droit d’être informé des faits qui vous sont reprochés La police doit vous informer des faits qui vous sont reprochés ou de la raison pour laquelle vous avez été invité à faire une déposition. En d’autres termes, lorsque vous êtes convoqué pour un interrogatoire, vous avez le droit de connaître la nature des faits qui vous sont reprochés et au sujet desquels votre déposition est sollicitée.
9. Vos droits doivent vous être expliqués avant toute déposition Avant de recueillir votre déposition — en particulier lorsque l’interrogatoire porte sur une infraction pénale présumée —, la police doit vous informer de vos droits, notamment de votre droit de garder le silence et de votre droit de consulter un avocat. Une fois ces droits expliqués, c’est à vous de décider si vous souhaitez ou non les exercer. En conclusion, lorsque la police allemande convoque une personne pour qu’elle fasse une déposition, celle-ci continue de jouir de tous ses droits légaux et n’est nullement tenue de faire une déposition. Si vous ne souhaitez pas répondre aux questions, vous devez l’indiquer clairement et, le cas échéant, demander conseil à un avocat. En vertu du droit allemand, la police peut procéder à une perquisition au domicile d’une personne dans certaines circonstances. Toutefois, ces perquisitions sont soumises à un contrôle judiciaire et à des garanties légales strictes. Étant donné qu’une perquisition à domicile constitue une atteinte grave aux droits fondamentaux, elle ne peut être effectuée que conformément à des exigences légales rigoureuses et dans les conditions prévues par la loi.
C) LA POLICE EST VENUE PERQUISITIONNER VOTRE DOMICILE / A PROCÉDÉ À UNE PERQUISITION À VOTRE DOMICILE ; QUE DEVEZ-VOUS FAIRE ? QUELS SONT VOS DROITS ?
Les exigences légales et les règles régissant les perquisitions policières de locaux d’habitation en Allemagne Une perquisition de locaux d’habitation est une mesure d’enquête importante menée par la police dans le but d’obtenir des preuves. Toutefois, avant que la police puisse effectuer une descente ou une perquisition à votre domicile, certaines exigences légales et procédures doivent être respectées. En Allemagne, les perquisitions de locaux d’habitation sont régies principalement par la Loi fondamentale (Grundgesetz) et le Code de procédure pénale allemand (Strafprozessordnung – StPO). Les principales règles régissant ces perquisitions sont les suivantes.
1. Mandat de perquisition (Durchsuchungsbefehl) En règle générale, avant de perquisitionner le domicile d’une personne, la police doit obtenir un mandat de perquisition judiciaire (Durchsuchungsbefehl). Ce mandat doit préciser les locaux à perquisitionner, les motifs de la perquisition ainsi que les éléments de preuve ou les objets recherchés. Un mandat de perquisition doit reposer sur l’existence de motifs concrets permettant de croire que des éléments de preuve relatifs à une infraction pénale spécifique peuvent y être trouvés. Une décision autorisant la perquisition d’un domicile en vue d’obtenir des éléments de preuve doit donc être approuvée par le tribunal compétent. Circonstances urgentes : lorsque la police est confrontée à une personne surprise en flagrant délit ou lorsque le fait d’attendre l’obtention d’un mandat judiciaire créerait un risque grave — par exemple, s’il existe un danger que des éléments de preuve soient détruits —, une perquisition peut être effectuée sans mandat. Même dans de tels cas, toutefois, la légalité de la perquisition doit être contrôlée a posteriori par un juge.
2. Heure et lieu de la perquisition En règle générale, les perquisitions de locaux d’habitation sont menées pendant la journée (normalement entre 6 h 00 et 22 h 00). Cette restriction peut être assouplie en cas d’urgence ou lorsque la gravité de l’infraction présumée le justifie. Perquisitions nocturnes : lorsque l’infraction présumée est particulièrement grave ou qu’il existe un risque réel que des éléments de preuve soient détruits, la police peut procéder à une perquisition pendant la nuit. De telles perquisitions nécessitent une justification spécifique et exceptionnelle.
3. Exigences fondamentales à respecter pendant la perquisition Identification Avant de commencer la perquisition, les agents de police doivent s’identifier et présenter leur carte de police officielle.
Présentation du mandat de perquisition Lorsqu’un mandat de perquisition a été délivré, la police doit le présenter afin que l’occupant puisse vérifier que la perquisition repose sur une base légale valable. Présence de l’occupant ou d’une personne habilitée Le propriétaire ou l’occupant des lieux doit être présent pendant la perquisition. Si cette personne est absente, une autre personne habilitée présente sur les lieux — par exemple, un locataire ou un autre occupant légitime — doit être autorisée à assister à la perquisition. Cette personne peut observer la perquisition et s’assurer qu’elle est menée dans le respect de la loi.
4. Déroulement de la perquisition La police ne peut perquisitionner que les lieux spécifiés dans le mandat et uniquement dans le but de localiser des éléments de preuve liés à l’infraction mentionnée dans le mandat.
La portée de la perquisition est limitée par les termes de l’autorisation judiciaire. Au cours de la perquisition, la police doit respecter le droit à la vie privée de la personne concernée. Les effets personnels, les documents privés et les informations concernant exclusivement les membres de la famille ne doivent pas être examinés, sauf s’ils relèvent du champ d’application légal de la perquisition. Un procès-verbal écrit doit être établi pendant la perquisition, décrivant les mesures prises et identifiant les éléments de preuve ou les objets recherchés. Si des éléments de preuve d’une infraction pénale sont découverts, ils doivent être officiellement saisis par la police et consignés avec précision dans le procès-verbal de perquisition.
5. Recours à la force Si une personne fait obstruction ou oppose une résistance à la perquisition, la police peut être autorisée à recourir à la force. Toutefois, toute force utilisée doit être strictement nécessaire, licite et proportionnée. La police ne peut recourir à la force que dans la mesure nécessaire à l’exécution de la perquisition et ne peut faire usage d’une force excessive ou disproportionnée à l’encontre des personnes qui tentent d’entraver l’exécution du mandat de perquisition.
Droits d’une personne dont le domicile fait l’objet d’une perquisition
En vertu du droit allemand, une personne dont le domicile fait l’objet d’une perquisition par la police bénéficie d’un certain nombre de droits juridiques importants, notamment les suivants : Le droit d’être informé du motif de la perquisition : la police est tenue d’expliquer le motif de la perquisition. Protection contre les dommages matériels inutiles : la police doit veiller à ne pas causer de dommages matériels inutiles à l’intérieur du domicile. Si des biens sont endommagés inutilement, vous avez le droit de déposer une plainte et, le cas échéant, de demander réparation en justice. Perquisition limitée aux éléments pertinents : la police ne peut rechercher que des éléments liés à l’infraction présumée. Elle ne peut pas porter atteinte à vos effets personnels ou privés au-delà du cadre légal de la perquisition. Droit à une représentation juridique : Vous avez le droit de faire assister votre avocat pendant la perquisition. La présence d’un avocat peut s’avérer utile pour garantir que la perquisition se déroule dans le respect de la loi et que vos droits soient respectés. Droits des autres occupants : Si d’autres personnes sont présentes dans le domicile, leurs droits doivent également être respectés. La police doit leur expliquer clairement à la fois le fondement juridique de la perquisition et les motifs qui la justifient. Le droit à l’information à l’issue de la perquisition : Une fois la perquisition terminée, l’occupant doit être informé de tout élément de preuve découvert et de tout objet saisi. Lorsque des accusations pénales ont été portées contre la personne concernée, celle-ci doit également être informée de ces accusations. Si des poursuites pénales sont engagées, la personne a le droit de se défendre dans le cadre de la procédure judiciaire. Si la police a recouru à une force inutile ou excessive pendant la perquisition, la personne concernée peut déposer une plainte et exercer les recours juridiques appropriés devant les tribunaux. En conclusion, une personne dont le domicile fait l’objet d’une perquisition bénéficie d’un certain nombre de garanties procédurales importantes, notamment le droit de consulter le mandat de perquisition, de contacter un avocat, de se faire assister par des témoins pendant la perquisition le cas échéant, et d’être informée du résultat de la perquisition. Ces droits ont pour but de garantir que la personne puisse exercer efficacement ses droits légaux de défense.
people’s law office
RESISTANCE, bulletin of anti-imperialist front
juillet, 2026
