trois documents rédigés en prison ( État espagnol) par le prisonnier politique Israel Clemente des GRAPO (Grupos de Resistencia Antifascista Primero de Octubre)
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LE « TOURNANT » DE L’IMPERIALISME DES ETATS-UNIS
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FACE À LA COURSE AUX ARMEMENTS ET À LA MILITARISATION EN PLEINE EXPANSION, IL EST INDISPENSABLE DE METTRE EN PLACE UN PUISSANT MOUVEMENT ANTIIMPÉRIALISTE ET ANTIFASCISTE
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L’IRAN DANS LE COLLIMATEUR
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LE « TOURNANT » DE L’IMPERIALISME DES ETATS-UNIS
Mansilla de Las Mulas, le 17 avril 2025
Après trois ans de guerre en Ukraine, l’échec des plans d’encerclement et d’agression menés par les États-Unis contre la Fédération de Russie est désormais évident. Il s’agit d’une nouvelle étape décisive dans le long processus de déclin de l’impérialisme américain.
Ses conséquences se font déjà sentir avec le revirement de la politique étrangère des États-Unis vis-à-vis de la Russie et les tensions croissantes avec les pays impérialistes européens membres de l’OTAN, qui ont été pris au dépourvu par les nouvelles priorités de Washington. Une course effrénée à l’armement s’empare de l’Europe.
Les plans militaristes de réarmement des oligarchies européennes menacent de transformer définitivement les États impérialistes en véritables prisons pour les travailleurs et d’accentuer la misère de larges pans de leurs populations. La classe ouvrière devra, une fois de plus, payer la facture exorbitante.
Une véritable hystérie belliciste secoue les principales capitales européennes ainsi que celles des États impérialistes de moindre envergure qui leur sont subordonnés (comme c’est le cas de l’État fasciste espagnol). Un nouveau spectre hante l’Europe (pour paraphraser le vieux Marx) ; dans ce cas, il ne s’agit pas encore du spectre du communisme, mais de celui de « la menace russe »…
Les budgets militaires se multiplient, les armées professionnelles s’étoffent et des projets sont à l’étude pour réintroduire le service militaire obligatoire dans toute une série de pays membres de l’Union européenne et de l’OTAN. La propagande russophobe alimente un climat pré-belliqueux.
Le cas de la Pologne en est l’exemple le plus abouti. La Pologne est en train de se doter d’une grande armée, s’armant massivement avec du matériel de guerre moderne acquis auprès des États-Unis et de la Corée du Sud afin de remplacer tout le matériel fourni au régime de Kiev et détruit sur les champs de bataille de Koursk et de Novorossiya. Parallèlement, elle met sur pied un important contingent de réservistes et le service militaire obligatoire est en pleine réintroduction dans le pays.
Il s’agit de l’État membre de l’OTAN qui s’est le plus impliqué dans la guerre en Ukraine en termes d’effectifs envoyés en tant que conseillers militaires, spécialistes des systèmes d’armes, « mercenaires », volontaires des légions étrangères, etc. Ses pertes sur place se comptent par centaines. Les fascistes polonais et les fascistes baltes y ont participé activement.
Dans une mesure plus ou moins grande, tous les États membres de l’OTAN ont participé directement à la guerre en soutenant le régime pro-nazi de Kiev. L’État espagnol également, bien que dans la mesure de ses possibilités, et en veillant à ne pas trop se faire remarquer.
Nous assistons actuellement à la fin de cet effort concerté des agresseurs impérialistes occidentaux dans leur politique d’encerclement de la Fédération de Russie. Une « fin » dictée par leurs revers militaires.
L’OTAN mène en Ukraine une guerre contre la Russie. Il s’agit d’une guerre de l’OTAN contre la Fédération de Russie. Menée grâce à un soutien massif en armement moderne au régime de Kiev, et à la participation directe de milliers de militaires de l’OTAN, de spécialistes des systèmes d’armes, de conseillers militaires, de mercenaires, etc.…
Nous avons assisté, durant l’été 2024, à un fait incontestable : le territoire historique même de la Fédération de Russie (reconnu comme tel dans les frontières internationales de 1991) a été envahi par des troupes ukrainiennes.
Les combats dans la région russe de Koursk ont duré huit mois et ont coûté la vie à des milliers de soldats ukrainiens, ainsi qu’une quantité colossale de matériel militaire moderne fourni à Kiev par la quasi-totalité des États membres de l’OTAN (y compris l’Espagne). Ce scénario se répète aujourd’hui à plus petite échelle dans la région de Belgorod.
C’est là le meilleur exemple, s’il en fallait encore un, que dans cette guerre, l’OTAN est l’agresseur et la Fédération de Russie le pays agressé, et que l’existence à Kiev, depuis 2014, d’un régime ukrainien fantoche de l’OTAN représentait pour la Russie elle-même une menace existentielle susceptible de mettre en péril sa propre survie en tant qu’État.
En d’autres termes, la soi-disant « opération militaire spéciale » (puisqu’il s’agit d’une guerre à part entière) était pleinement justifiée de la part de Moscou. La Russie s’est vue contrainte de mener une guerre qu’elle ne souhaitait pas. Cela explique les particularités, d’un point de vue militaire, du lancement de l’OMS (Opération militaire spéciale) en 2022. Elle espérait parvenir à un accord.
L’OTAN a été, et reste, la grande instigatrice de la guerre en Ukraine. Une guerre dirigée par les états-majors occidentaux, avec des armes et des renseignements fournis par l’OTAN, et dans laquelle l’armée ukrainienne a constitué la chair à canon généreusement sacrifiée par les stratèges occidentaux. Les principaux responsables ont été les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Pologne.
L’objectif ultime de cette guerre par procuration est de provoquer un changement de régime en Russie qui place au pouvoir une fraction de la bourgeoisie monopoliste russe favorable à un apaisement vis-à-vis de l’Occident et disposée à faire des concessions décisives dans sa politique étrangère et dans la défense de son indépendance en tant qu’État. Les monopoles américains et britanniques rêvent encore d’exploiter en toute liberté les immenses ressources énergétiques et naturelles de la Russie. La balkanisation de ce grand pays viendrait couronner ce processus de subordination et de chute dans la dépendance vis-à-vis du grand capital de l’Occident impérialiste.
Or, après trois ans de guerre, rien de tout cela ne s’est produit. Sur le terrain, sur le champ de bataille, les forces russes remportent péniblement victoire après victoire dans une longue guerre d’usure. D’une manière générale, et sur tous les fronts, la Russie domine le champ de bataille et conserve pleinement l’initiative militaire depuis l’échec retentissant de la contre-offensive stratégique ukrainienne durant l’été et l’automne 2023.
La Russie a su surmonter la confusion initiale, reformuler sa stratégie et sa planification militaire dans le cadre de l’OME, mener à bien une vaste mobilisation de réservistes avec un succès remarquable et une grande cohésion sociale, poursuivre la professionnalisation de ses forces armées, tirer des enseignements opérationnels inestimables sur la guerre moderne de haute intensité entre puissances industrielles ; elle oriente ses exportations énergétiques vers l’Asie et le Sud global, réduisant drastiquement ses liens économiques avec l’Occident, et rationalise et stimule une économie de guerre au milieu des sanctions économiques occidentales qui visaient à l’étrangler et à la mettre à genoux.
Sa position internationale s’est considérablement renforcée. Loin de devenir un État-paria assiégé par les organisations supranationales impérialistes, elle a consolidé et renforcé de nombreux liens politiques, économiques et diplomatiques avec de nombreuses nations du Sud global et des puissances émergentes asiatiques. La défense inébranlable de son indépendance nationale, associée à sa ferme détermination à faire face à l’offensive conjointe des agresseurs impérialistes, a redonné de la valeur à la politique étrangère de la Fédération de Russie aux yeux de la grande majorité des pays qui tentent de se libérer du joug du néocolonialisme dans une grande partie du monde.
Depuis qu’elle a assumé la présidence des BRICS en 2024, elle a encouragé l’élargissement du groupe à cinq nouveaux membres (dont l’Iran) et l’octroi, à d’autres États, du statut d’associé ou d’observateur au sein du groupe. Au cours de ce semestre, il est apparu clairement que les tentatives occidentales visant à isoler la Russie sur la scène internationale ont échoué lamentablement.
Il convient notamment de souligner que son partenariat économique et militaire avec la République populaire de Chine s’est renforcé depuis le début de la guerre en Ukraine. Leurs échanges commerciaux se sont multipliés de manière exponentielle et la coopération politique entre ces deux grandes puissances a pris un caractère stratégique. Cette orientation de la Fédération de Russie vers l’Asie a brisé l’encerclement international auquel les impérialistes occidentaux cherchaient à la soumettre.
La Russie s’est révélée être un os extrêmement dur à ronger pour les impérialistes. Si son alliance stratégique avec la Chine se consolide, alors, purement et simplement, l’Occident néocolonialiste n’aura aucune chance face au front que ces deux grands États et tous leurs alliés du Sud global pourront lui opposer.
Cette réalité a fini par s’imposer à mesure que, année après année, les plans offensifs de l’OTAN étaient mis en échec sur le terrain en Novorossiya et dans les régions de Koursk et de Belgorod.
Il est désormais pratiquement impossible de continuer à tenter de masquer le résultat final : l’OTAN a essuyé une défaite écrasante, accablante, en Ukraine, où ce sont les militaires russes qui détiennent l’initiative militaire aux niveaux stratégique et opérationnel. À Washington, on le sait parfaitement et on souhaite à tout prix éviter qu’un effondrement éventuel du front ukrainien ne les empêche de maquiller la réalité. La situation est ce qu’elle est : la guerre est perdue pour eux, et surtout pour leurs acolytes de Kiev, qui seront ceux qui en paieront les conséquences.
D’où la refonte de la politique américaine vis-à-vis de l’Ukraine entreprise par l’équipe de Trump dès son arrivée à la Maison Blanche. Ils sont pressés de se désengager d’une guerre interminable vouée à l’échec. Ils ont déjà dépensé beaucoup de moyens et de ressources, y compris humaines, et il leur est urgent de mettre en scène la fin de la guerre par une sorte d’« accord » qui tiendra compte des exigences russes et de la situation sur le terrain. Le régime pro-nazi de Kiev devra faire des concessions, et pas seulement vis-à-vis de la Fédération de Russie. Les États-Unis cherchent à tirer des bénéfices économiques du soutien qu’ils ont apporté.
Les impérialistes européens veulent eux aussi se partager le butin de l’Ukraine, en contrepartie de leur « soutien inconditionnel » ; ils ne veulent pas être exclus de ces accords. La Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France ont de nombreux intérêts en Ukraine occidentale et centrale. Cela explique leurs gesticulations et les manœuvres qu’elles ont entreprises pour que le criminel Zelensky et sa clique refusent toute concession à la Russie et ne cèdent pas aux nouvelles pressions américaines en ce sens.
Mais à cela s’ajoute le fait que plusieurs pays membres de l’OTAN ont des différends territoriaux avec l’Ukraine à ses frontières occidentales et sont tentés de profiter de la défaite de Kiev pour faire valoir leurs revendications. Cela concerne la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie et la Roumanie. À cette exception près que la Pologne dispose bel et bien de la capacité militaire de déployer des troupes sur le terrain dans la région très convoitée de Lviv, en profitant d’une conjoncture aussi favorable que celle que nous connaissons actuellement. Les frontières de l’Europe de l’Est, telles qu’elles ont été établies lors de la conférence de Potsdam en 1945, sont en passe d’être modifiées, ce qui, à long terme, accentuera la rivalité entre les États impérialistes eux-mêmes.
Cela devrait donner matière à réflexion aux populations allemandes et polonaises, si tant est qu’elles conservent encore une trace de mémoire historique qui n’ait pas été effacée par la russophobie dominante dans les médias de désinformation de masse. Leurs frontières communes ont elles aussi vu le jour à Potsdam… Il se peut que, dans un avenir pas si lointain, elles soient également remises en cause, conduisant l’OTAN à sa division, voire à sa disparition…
En résumé, à l’échelle mondiale, la défaite de l’OTAN en Ukraine a de vastes répercussions, car elle montre aux États opposés aux impérialistes et qui luttent pour préserver leur indépendance nationale en Afrique, en Asie et en Amérique latine, que le déclin de l’hégémonie américaine s’accélère considérablement (et avec elle celui de l’Occident tout entier) et que le monde évolue vers la « multipolarité » et l’émergence de puissances qui rejettent la tutelle néocoloniale des organismes supranationaux contrôlés par l’impérialisme.
La Fédération de Russie a résisté à toutes les pressions exercées à son encontre et, de manière pragmatique et réaliste, a noué des alliances militaires bilatérales avec des États encerclés par l’impérialisme, tels que la République populaire démocratique de Corée et la République islamique d’Iran. La situation les y contraignait, les obligeant à établir des liens militaires solides d’aide et d’assistance mutuelles dont les effets concrets se sont manifestés dans le déroulement même de la guerre en Ukraine.
La coopération militaire entre ces trois États a été suivie de la signature de traités de défense, d’aide et d’assistance mutuelle à des degrés divers, les plus étroits étant pour l’instant ceux conclus entre Moscou et Pyongyang.
Tout cela a eu de nombreuses conséquences pratiques, comme l’ont amèrement constaté les troupes ukrainiennes nazies qui ont fait incursion sur le territoire russe de Koursk.
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Paradoxalement, les plans agressifs de l’Occident contre la Russie ont produit l’effet contraire à celui qu’ils recherchaient. D’une part, les secteurs de la bourgeoisie monopoliste russe les plus étroitement liés économiquement à l’Occident se sont retrouvés fortement affaiblis et leurs prête-noms politiques réduits à l’impuissance face au virage patriotique opéré au sein de la société russe.
Il est apparu clairement que la cinquième colonne pro-occidentale manquait de soutien interne et d’importance suffisante pour pouvoir jouer un rôle dans l’opération de changement de régime en Russie.
La Fédération de Russie a resserré ses liens avec la Chine, avec les membres et les candidats aux BRICS, et a noué des relations militaires vitales avec des « États parias » tels que la RPDC et l’Iran, qu’elle a aidés à faire voler en éclats toutes les sanctions imposées par les impérialistes. Faisant preuve de pragmatisme, ces deux États ne vont pas reprocher aujourd’hui à la bourgeoisie dirigeante russe d’avoir collaboré pendant tant d’années aux sanctions occidentales à leur encontre. L’agression impérialiste a fini par forger d’étranges compagnons de route, malgré l’hétérogénéité qui caractérise la diversité de leurs différents régimes politiques. C’est une sorte de « realpolitik » qui s’est imposée, comme il ne pouvait en être autrement…
Le bilan, pour les États-Unis et leurs acolytes de l’OTAN, ne saurait être plus décourageant. C’est cette réalité écrasante qui a motivé le « revirement » de l’administration américaine dans ses relations avec la Russie et sa position concernant la guerre en Ukraine.
Il faudra voir sous quelle forme et dans quelle mesure ce revirement finira par se concrétiser dans la pratique. Il se heurtera à de nombreuses résistances au sein de la classe dirigeante américaine. On ne peut exclure des surprises et des bouleversements politiques résultant de la crise de leur hégémonie, qui les touche à tous les niveaux et a des conséquences internes extrêmement importantes.
C’est pourquoi elle envisage un nouveau « virage vers l’Asie », en ciblant la Chine, son concurrent stratégique, mais cela reste encore à mettre en œuvre. Il ne fait aucun doute que l’administration américaine actuelle cherche une « issue » en déplaçant vers l’Asie le foyer des tensions militaires. Et dans ce virage asiatique, pour l’instant, leur attention se concentre sur le Moyen-Orient en tant qu’étape intermédiaire, dans le but de priver la Russie et la Chine d’un allié et partenaire commercial important : l’Iran… même si cela doit se faire au prix de mettre le feu à toute la région et d’en subir de nouvelles conséquences indésirables… Ils restent ancrés dans un monde unipolaire qui, d’un point de vue historique, n’a duré qu’un clin d’œil… mais ils semblent ne pas s’en être rendu compte…
Les récents bombardements contre le Yémen annoncent qu’ils braquent leurs armes contre l’Iran. Ce n’est qu’une nouvelle preuve de leur impuissance, alors que les Houthis yéménites ont réussi à chasser de la mer Rouge la marine américaine, autrefois puissante, désormais redéployée plus loin dans l’océan Indien pour échapper à leurs attaques.
Ils combinent brutalité sanglante et menaces. Ils ont déjà entamé des « négociations » avec l’Iran en suivant le manuel de Trump… On peut se demander qui serait prêt à se fier à la valeur de ce qui a été signé par les États-Unis et leurs partenaires européens après avoir constaté à quel point, dans la pratique, ils violent en permanence ces mêmes accords lorsque cela leur convient. Il suffit de rappeler les accords de Minsk et de Minsk II de 2014. Leur non-respect a déclenché la guerre actuelle en Ukraine.
Quels que soient les « revirements » et les tours de passe-passe auxquels ils se livrent, l’ombre de l’« Ukraine » est très longue et ses conclusions impossibles à dissimuler… Cela continuera à conditionner pendant longtemps encore l’ensemble de la situation internationale.
Mansilla de las Mulas, le 23 avril 2025
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FACE À LA COURSE AUX ARMEMENTS ET À LA MILITARISATION EN PLEINE EXPANSION, IL EST INDISPENSABLE DE METTRE EN PLACE UN PUISSANT MOUVEMENT ANTIIMPÉRIALISTE ET ANTIFASCISTE
Je suis de très près la montée d’un militarisme des plus agressifs dans les pays impérialistes européens, lié à la russophobie rampante et à toute l’hystérie belliciste qu’elle a engendrée. La défaite, à peine dissimulée, de l’OTAN dans la guerre qu’elle mène contre la Fédération de Russie par le biais de l’Ukraine a attisé toutes ces tendances belliqueuses, qui étaient déjà en plein essor avant le déclenchement de la guerre.
Tout cela a de profondes répercussions sur les travailleurs eux-mêmes, l’ensemble du mouvement ouvrier et les différents mouvements d’opposition au fascisme et à l’impérialisme dans les principaux États impérialistes. La période actuelle se caractérise par une grande confusion.
Il est absolument nécessaire de mettre en place un puissant mouvement de rejet des plans offensifs des agresseurs de l’OTAN, sur la base d’un programme tactique démocratique et populaire reprenant certaines des revendications clés défendues de longue date par notre mouvement, telles que la sortie de l’État espagnol de l’OTAN et de l’Union européenne. Aujourd’hui plus que jamais, nous devons insister sur la nécessité de développer une propagande et une agitation qui dénoncent l’identité entre le militarisme et ses interventions guerrières à l’étranger, d’une part, et les processus de fascistisation en cours au sein des régimes politiques de la bourgeoisie dans tous les pays impérialistes, d’autre part.
La bourgeoisie impérialiste et monopoliste tend vers le fascisme et la réaction au sein de son propre État, et vers le déclenchement de guerres de pillage et d’agression à l’étranger. C’est là une loi de la phase impérialiste du capitalisme, qui, dans sa phase actuelle, présente en outre certaines spécificités :
– Tous les processus endogènes et exogènes de la crise générale de l’impérialisme sont renforcés et accélérés par le déclin imparable de l’ancienne hégémonie que les États-Unis exerçaient sur une grande partie du monde. Ce déclin s’accentue à tous les égards.
– L’Union européenne ressemble de plus en plus à un IVe Reich au sein duquel plusieurs puissances se disputent le leadership (l’Allemagne et la France tout particulièrement), tout en devant faire face aux obstacles que les pays les plus étroitement subordonnés aux États-Unis dressent sur leur chemin (l’Italie, la Pologne, les pays baltes…). La Grande-Bretagne gravite autour de sa « périphérie », tel l’éternel « cheval de Troie » qu’elle fut pour l’axe anglo-saxon, … et aspire elle aussi à jouer un rôle.
– Tous les pays impérialistes européens, qu’ils soient d’obédience « atlantiste » ou « européiste », partagent le même caractère profondément ultra-réactionnaire, chauvin et agressif, caractéristique des régimes dirigés par l’oligarchie financière.
Au sein de l’Union européenne, un état d’urgence permanent est en train d’être instauré sous prétexte de lutter contre la « menace russe ».
L’annulation des résultats des dernières élections présidentielles roumaines devrait servir de signal d’alarme pour toutes les forces démocratiques quant à ce qui nous attend. Cependant, la gauche servile et pro-impérialiste continue de perpétuer la confusion, en s’enfermant dans la mise en scène périodique de la fiction parlementaire « démocratique-bourgeoise » (qui a été balayée il y a des décennies par le développement même du capitalisme) et en continuant à entraîner une partie des travailleurs à voter pour elle lors de ces mascarades électorales, afin de conserver ses quotas de représentation institutionnelle. C’est la seule chose qui lui importe.
Le coup d’envoi de cette vague ultraréactionnaire qui balaye l’Europe – et qui, sous le couvert d’une paranoïa anti-russe constante alimentée par les médias de désinformation de masse, parvient à peine à dissimuler son anticommunisme profond – a été donné par le soutien pratiquement unanime des États membres de l’OTAN et de l’UE au régime néonazi ukrainien. Un régime criminel, avant tout à l’encontre de son propre peuple, qui maintient hors la loi plus de 12 partis politiques, parmi lesquels : le Parti communiste d’Ukraine, le Parti socialiste d’Ukraine, le Parti d’opposition de gauche, le parti Union de gauche et le Parti socialiste progressiste d’Ukraine, ce qui donne une bonne idée de la partialité idéologique du régime de Kiev.
Le régime ukrainien se trouve en état d’exception permanent, sous la loi martiale qui permet aux néonazis d’exercer une répression sans entrave contre tous leurs opposants internes. À ce jour, on ne sait rien du nombre de personnes arrêtées, emprisonnées et condamnées, exécutées extrajudiciairement et disparues en Ukraine.
En revanche, nous disposons d’informations assez précises sur les crimes de guerre et les massacres incessants perpétrés délibérément contre la population civile opposée à son régime dans les Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk ainsi que dans d’autres régions de la Novorossiya ; de même que sur ses bombardements aveugles contre des cibles civiles dans les régions russes occidentales de Koursk et de Belgorod, largement documentés par la presse russe.
Cela suffit à nous donner une idée du type de régime politique qui bénéficie d’un soutien massif en armes, en matériel et en experts militaires de la part de la quasi-totalité des États membres de l’OTAN. Un régime, pour le moins, philonazi, qui glorifie les collaborateurs des nazis pendant la Seconde Guerre mondiale et qui proscrit et tente d’enterrer la riche mémoire antifasciste et communiste du peuple ukrainien, en effaçant toute trace de celle-ci.
Rien d’anormal, d’ailleurs, par rapport à ce qui se passe dans cette même Europe impérialiste. Il en va de même dans les pays baltes et en Pologne, où les classes dirigeantes constituent le véritable avant-garde de la réaction anticommuniste et russophobe en Europe, allant jusqu’à jouer un rôle de premier plan dans l’orientation nettement anti-russe de la politique étrangère de l’UE elle-même. On observe un déséquilibre marqué, à l’image des cavaliers de l’Apocalypse, dans cette nouvelle marche vers l’Est. Sur le plan intérieur, ces États se distinguent de moins en moins du régime de Kiev. Telle est la tendance générale.
L’État fasciste espagnol, comme on pouvait s’y attendre, a soutenu avec enthousiasme son homologue ukrainien. Il n’a manqué aux fascistes que de dépoussiérer le vieux slogan phalangiste de 1941 : « La Russie est coupable », et d’envoyer sur le front ukrainien une « Division bleue 2.0 » pour lutter contre les hordes asiatiques et sauvegarder l’Occident… Ce ne serait pas par manque de volonté dans certaines hautes sphères militaires du monarcho-fascisme, mais la dure réalité s’impose. L’État espagnol ne dispose actuellement ni de cette capacité militaire ni de cette capacité économique. Il ne peut pas non plus assumer aujourd’hui le coût politique de commencer à rapatrier des terres russes les cadavres d’une nouvelle « Légion des volontaires » vouée à l’échec…
Cela n’a pas empêché les socio-fascistes du PSOE et leurs « ailes de gauche » au sein des successifs gouvernements de coalition « progressistes » d’envoyer des milliers d’euros d’armes et de matériel de guerre au régime de Kiev afin de l’aider à continuer de commettre toutes sortes de crimes dans le Donbass et dans toute la Novorossiya.
Ils ont également contribué, dans la mesure de leurs moyens, à l’exacerbation des tensions militaires dans la région de la Baltique et de la mer Noire, en envoyant des contingents militaires en Lettonie, en Roumanie et en Slovaquie, et en participant aux vols de patrouille au-dessus de la mer Baltique et du golfe de Finlande, qui constituent un foyer permanent d’incidents avec l’aviation militaire russe. À titre anecdotique, la marine monarcho-fasciste s’est également montrée en mer Noire, bien que brièvement et avec une extrême prudence, car la situation y est tendue pour les frégates de l’OTAN et les fascistes ne sont pas là pour faire de grandes démonstrations.
En d’autres termes, les gouvernements « progressistes », tant ceux du PSOE-Podemos que du PSOE-Sumar, ont activement contribué à la militarisation de toute l’Europe de l’Est, ont armé (et continuent d’armer) un régime pro-nazi en Ukraine, et ont placé l’État espagnol en première ligne de la « défense » du flanc oriental de l’OTAN, suivant les diktats de Washington et des principales capitales européennes.
L’opportunisme montre une fois de plus son visage le plus abject
Or, c’est précisément maintenant, alors qu’il est plus que jamais nécessaire de mettre en place un puissant mouvement antimilitariste, antifasciste et anti-impérialiste pour rejeter le militarisme et la course effrénée aux armements dans toute l’UE, qu’une frange de l’opportunisme (Podemos) revient sous les feux des projecteurs médiatiques et se met en avant, non pas pour dénoncer tout cela de manière cohérente, bien sûr, mais pour se livrer à un exercice stupéfiant de démagogie dans le but de disputer électoralement son fief à Sumar.
Conscients que leurs perspectives électorales les placent dans une situation pratiquement désespérée, et craignant de finir par sombrer dans l’insignifiance et de perdre les derniers sièges dont ils disposent encore, ils se sont jetés sur l’occasion que leur offre la relance de la course aux armements en brandissant leur slogan éculé « Non à la guerre », dans le but d’améliorer leurs perspectives désastreuses. Ils m’ont fait penser à une meute enthousiaste de hyènes…
Je n’en reviens pas. Bien sûr, il faut leur reconnaître une chose : ils font preuve d’un culot et d’un cynisme monumentaux. Il se peut que ma perception soit quelque peu faussée par les nombreuses années que j’ai passées enfermé dans ces asiles psychiatriques pénitentiaires, je ne le nie pas. En effet, je crois déjà reconnaître en moi certaines phobies sociales qui se sont exacerbées et qui m’obligent à me comporter avec une certaine prudence. Néanmoins, je pense ne manifester encore aucun symptôme de détérioration cognitive lorsque la première question qui me vient à l’esprit, en voyant le cirque monté par les partisans de Podemos qualifiant Pedro Sánchez de « seigneur de la guerre », tout en essayant de se draper dans leur vieil étendard de l’« antimilitarisme », est la suivante : mais cette bande ne faisait-elle pas partie du gouvernement espagnol entre 2019 et 2023 ?
Bien sûr que oui ; avec un vice-président et quelques ministres, pour être précis. Pensent-ils que nous l’avions oublié ?
Si je me souviens bien, l’augmentation constante des dépenses militaires figurait déjà en bonne place dans les budgets généraux de l’État approuvés par le gouvernement de coalition du PSOE et de Podemos. C’est également à cette époque, sous ce gouvernement, que, à au moins deux reprises, son président, Pedro Sánchez, a cédé aux exigences des impérialistes américains et a considérablement renforcé la présence militaire américaine sur le territoire espagnol, en élargissant les capacités des grandes bases aéronavales de Rota (Cadix) et de Morón de la Frontera (Séville), en doublant la présence de frégates américaines dans la baie de Cadix, et en faisant de Rota un élément essentiel du dispositif « antimissiles » balistiques des États-Unis en Europe.
Quelqu’un a-t-il entendu les ministres et les députés de Podemos qualifier alors Pedro Sánchez de « seigneur de la guerre » ? Non, bien sûr que non. Ils n’ont pas non plus bloqué ces initiatives militaristes ni même menacé de rompre la coalition gouvernementale, n’est-ce pas ? Ils sont restés muets ; leur « antimilitarisme » de l’époque leur est sorti de la tête…
Le gouvernement « progressiste » a poursuivi sa route tranquille, augmentant les dépenses militaires et consolidant le rôle de l’État fasciste espagnol en tant qu’élément clé du dispositif militaire américain en Europe. La péninsule ibérique s’est imposée comme ce précieux « porte-avions insubmersible » dont se vantaient déjà depuis des décennies les stratèges américains. Peut-être nous faudra-t-il un jour constater quel est le prix amer à payer pour tout cela en cas de conflit…
La guerre actuelle qui oppose l’OTAN à la Fédération de Russie en Ukraine a débuté le 24 février 2022 ; dès lors, l’État fasciste espagnol a entamé un approvisionnement massif en armement et en matériel militaire au régime de Kiev, ainsi que l’entraînement et la formation au combat de milliers de militaires ukrainazis sur le territoire espagnol. Dès lors, l’Espagne est devenue, de fait, un « cobelligérant » aux yeux de la Fédération de Russie, avec tous les risques pour la sécurité que cela implique et qui ne sont pas négligeables…
Entend-on alors Podemos crier au scandale à ce sujet ? Bien sûr que non. Ils n’ont ni renversé le « gouvernement du progrès », ni bloqué de telles initiatives. Encore une fois, ils auraient pu le faire ; mais ils ont décidé de ne rien faire. Ils étaient trop attachés à leurs fonctions et à tous les avantages découlant de leur participation au gouvernement de l’État.
Toute la mise en scène à laquelle nous assistons actuellement n’a d’autre but que de relancer la candidature d’Irene Montero en vue des prochaines élections législatives et d’essayer d’articuler un discours qui leur soit propre, dans une posture pseudo-gauchiste en concurrence avec celle de Sumar qui ne trompe plus personne, car, en substance, ces deux fractions opportunistes sont identiques quant à leur servilité face aux diktats de l’impérialisme, de l’oligarchie financière et de la « politique d’État » menée par le PSOE.
Israël
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Mansilla de las Mulas, mai 2025
L’IRAN DANS LE COLLIMATEUR
Comme on pouvait s’y attendre, les faits montrent que la nouvelle administration américaine, après avoir rendu publique son intention de se désengager progressivement de la guerre en Ukraine, procède à un déplacement des tensions militaires vers l’Asie. Plus précisément, vers la région du Moyen-Orient.
Depuis la reprise à grande échelle des hostilités en Palestine en octobre 2023, les impérialistes américains, en étroite alliance avec les sionistes génocidaires, cherchent à affaiblir progressivement l’Axe de la Résistance inspiré par la République islamique d’Iran dans toute la région.
L’énorme flux de livraisons militaires vers Israël, qui était déjà stupéfiant sous le gouvernement Biden, s’est encore intensifié sous l’administration trumpiste. C’était prévisible, compte tenu de la présence marquante, au sein de son gouvernement, de représentants du sionisme le plus agressif. Cela permet à l’État sioniste de poursuivre sa campagne génocidaire, véritablement barbare, contre le peuple palestinien.
Le soutien des États-Unis aux criminels de Tel-Aviv est absolu et sans restriction, et il alimente les tendances les plus agressives au sein de l’exécutif sioniste.
Il ne fait aucun doute que l’objectif final de cette vaste guerre régionale déclenchée contre l’Axe de la Résistance antisioniste et anti-impérialiste au Moyen-Orient est l’Iran. Les États-Unis et Israël bénéficient pour cela du soutien actif de plusieurs pays impérialistes européens, notamment la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne.
L’enjeu, c’est la volonté prédatrice des anciens colonialistes d’imposer à toute la région le joug d’un néocolonialisme plus ou moins « renouvelé ».
Plusieurs conflits s’inscrivent dans cette stratégie militaire américaine consistant à affaiblir progressivement les alliés de l’Iran dans toute la région :
1 – La guerre génocidaire perpétrée par les sionistes en Palestine.
2 – Les bombardements lancés contre la résistance libanaise du Hezbollah, qui ont abouti à l’invasion israélienne ratée du sud du Liban fin 2024.
3 – L’effondrement du régime baasiste en Syrie fin 2024.
4 – Les bombardements intermittents menés conjointement par l’État sioniste, la Grande-Bretagne et les États-Unis contre les Houthis yéménites.
Objectivement, les alliés de l’Iran au Moyen-Orient ont été affaiblis à la suite des coups subis au cours de la dernière année et demie,
à l’exception notable des Houthis yéménites, qui ont poursuivi leurs opérations de blocage des voies maritimes d’approvisionnement de l’État sioniste en mer Rouge et ont réussi à mettre la marine américaine elle-même dans une situation très difficile grâce à l’efficacité et à la sophistication de leurs attaques soutenues contre elle.
Cette situation ne pouvait que susciter et encourager les plans les plus agressifs contre l’Iran de la part des « faucons » de l’administration américaine. C’est une conjoncture propice pour accroître la pression sur l’Iran.
À Washington et dans les principaux ministères des Affaires étrangères européens, on continue de rêver d’un changement de régime en Iran qui ouvrirait à leurs monopoles l’exploitation des immenses ressources pétrolières et gazières du pays perse, selon les conditions qu’ils dicteraient. D’un point de vue géopolitique, cela porterait un coup sévère à la Chine et à la Fédération de Russie en les privant d’un allié militaire et d’un partenaire commercial de grande importance.
Les principales faiblesses du régime iranien résident dans sa situation politique interne, et les impérialistes occidentaux en sont parfaitement conscients. Ils soutiennent activement les mouvements d’opposition internes visant à déstabiliser le pays : les sécessionnistes kurdes et baloutches, ainsi que les djihadistes arabes sunnites (le très médiatisé État islamique), ont reçu un soutien militaire et logistique de la part des impérialistes, dosé en fonction de l’évolution des négociations entre le régime iranien et l’Occident.
Il existe un courant d’analyse important qui estime que les soi-disants « faucons » quant à la ligne d’action à adopter vis-à-vis de l’Iran se concentreraient au sein du Département d’État américain, tandis que, sur ce point, les cercles militaires du Pentagone feraient preuve d’un plus grand pragmatisme et d’une plus grande souplesse, conscients des limites objectives d’une éventuelle action militaire contre l’Iran, ainsi que de ses conséquences probables aux niveaux régional et mondial.
La question clé réside dans les différentes évaluations qui sont faites concernant la capacité militaire de la riposte iranienne prévisible, ainsi que les chances de la repousser avec succès. Les « réalistes » finiront-ils par s’imposer, ou seront-ce les « faucons », aveuglés par les lobbies sionistes, qui l’emporteront ?
La République islamique d’Iran ne cesse de renforcer et d’améliorer ses capacités de dissuasion militaires, notamment sa technologie de missiles et de drones ainsi que son réseau de défense antiaérienne.
Les récents échanges de tirs de missiles et de drones d’attaque avec l’État sioniste montrent que Téhéran a réalisé des progrès notables dans ces deux domaines et que sa capacité et sa préparation au combat ne peuvent être ignorées, sous peine de s’exposer à de sérieux revers.
D’autre part, la collaboration militaire de l’Iran avec la Fédération de Russie s’est multipliée de manière exponentielle depuis le début de la guerre en Ukraine. Cela a débouché sur le récent accord de défense signé entre les deux États. Grâce à cette collaboration croissante, les forces armées iraniennes sont en train de renforcer et de renouveler progressivement l’ensemble de leur système de défense aérienne multicouche et d’acquérir une aviation militaire moderne pour la première fois depuis la création de la République islamique.
En d’autres termes, le temps joue contre les plans offensifs des impérialistes américains. C’est pourquoi tant leur allié sioniste que les partisans d’une action militaire directe contre l’Iran au sein de l’administration américaine intensifient leurs pressions, insistant sur la nécessité urgente de lancer leur attaque contre le pays perse avant qu’il ne se renforce encore davantage.
Cette menace militaire permanente de la part des impérialistes ne doit pas être dissociée des négociations irano-américaines récemment entamées à Oman et dans plusieurs pays européens dans le but de parvenir à un accord concernant le programme nucléaire iranien et d’autres questions connexes. Ces deux aspects sont étroitement liés.
En d’autres termes, ces négociations se déroulent sur fond d’une série de campagnes militaires en cours dans la région du Moyen-Orient et sous la menace permanente d’une agression de la part des impérialistes et de leurs collaborateurs sionistes.
Que cherchent à obtenir les deux camps à travers ces négociations récemment engagées ?
La République islamique d’Iran souhaite revenir à un accord nucléaire similaire à celui signé en 2015 et dont les États-Unis se sont retirés unilatéralement lorsque Trump est arrivé pour la première fois à la Maison Blanche. Cet accord entraînerait la levée de toutes les sanctions imposées par l’Occident à l’économie iranienne dans le but de l’étrangler.
Quant aux États-Unis, leurs prétentions varient considérablement, allant d’un scénario minimaliste à un scénario maximaliste qui introduirait des éléments supplémentaires très différents de ceux convenus initialement il y a une décennie.
Dans un accord hypothétique minimaliste, les impérialistes américains accepteraient de revenir à un accord similaire à celui de 2015, à condition que les compagnies pétrolières américaines obtiennent une part importante des contrats d’exploitation du pétrole iranien.
En revanche, dans le cadre de leurs exigences maximales, la République islamique d’Iran devrait s’engager sur d’autres points, tels que la limitation et le démantèlement partiel de son programme de missiles, ainsi que la cessation de toute aide militaire à l’Axe de la Résistance antisioniste au Moyen-Orient.
Ces objectifs sont bien plus difficiles à atteindre pour les États-Unis, car ils affaibliraient considérablement les capacités d’autodéfense de l’Iran en cas d’attaque et compromettraient gravement sa position en tant que puissance régionale. En effet, ils isoleraient le pays perse de l’Axe de la Résistance, qui a fini par servir de bouclier défensif à l’Iran lui-même. L’objectif des Américains est d’éroder la crédibilité de l’Iran auprès de ses alliés régionaux et de neutraliser sa capacité à exercer une influence géopolitique.
En réalité, de telles initiatives vont à l’encontre de la sécurité même du pays et le placeraient dans une position plus vulnérable dans le contexte du conflit en cours dans tout le Moyen-Orient, ce qui rend leur acceptation par l’Iran extrêmement difficile.
Je suis d’avis que rien de tout cela ne peut se produire tant qu’Israël poursuit l’occupation coloniale et le génocide perpétrés contre le peuple palestinien.
Pour sa part, la seule chose que l’État sioniste attend de ces négociations entre les États-Unis et l’Iran, c’est qu’elles échouent de la manière la plus totale et que cet échec lui donne carte blanche pour attaquer l’Iran sous prétexte de mettre un terme à son programme nucléaire.
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Si les négociations échouaient parce que les États-Unis s’obstinent à maintenir une position maximaliste quant à leurs exigences, cela ouvrirait la voie à toute une série de scénarios de guerre probables.
Celles-ci peuvent varier considérablement en fonction du type d’attaque perpétrée contre l’Iran, de son auteur, de sa portée et de son intensité, ainsi que de sa létalité, en termes de nature et d’étendue des cibles hypothétiquement touchées.
Les objectifs politico-militaires que viserait une telle attaque varient également selon une échelle croissante : « apaiser » l’Iran en le contraignant à modérer sa politique étrangère, affaiblir l’ensemble de l’Axe de la Résistance, renforcer l’État sioniste face à celui-ci, priver la Fédération de Russie et la Chine d’un partenaire commercial et d’un allié militaire de premier plan, etc.… Et ainsi de suite, jusqu’à parvenir au changement de régime tant espéré à Téhéran.
Quant au type d’action militaire que pourraient actuellement mener les impérialistes américains et leur allié sioniste sans s’exposer à des risques excessifs, tout semble indiquer une campagne aérienne et aéro-navale de bombardement stratégique.
Cela exclurait toute opération navale ou amphibie dans le golfe Persique même de la part de la marine américaine. Compte tenu des capacités remarquables de l’Iran dans le domaine des missiles balistiques et de croisière, le détroit d’Ormuz et le golfe Persique lui-même constituent une zone interdite pour la marine américaine, si celle-ci ne veut pas risquer de subir un échec cuisant, avec des pertes écrasantes et des conséquences désastreuses à l’échelle mondiale pour son prestige militaire.
Toute campagne terrestre impliquant la participation directe de troupes américaines contre l’immense territoire de la République islamique d’Iran est également exclue, car le récent cauchemar vécu par les troupes américaines en Irak et en Afghanistan ressemblerait à une promenade bucolique en comparaison de l’enfer qui les attendrait si elles décidaient de déployer des effectifs réguliers sur le terrain en Iran, compte tenu du niveau de préparation du CGRI et des Pasdaran iraniens à la « guerre asymétrique » et de leur moral de combat élevé pour la défense de leur territoire national.
En réalité, même d’un point de vue logistique et opérationnel, un plan global d’invasion de l’Iran serait inconcevable. Si, en 1990-1991, les États-Unis ont mis six mois à transporter et à ravitailler une armée de près d’un demi-million d’hommes déployés en Arabie saoudite, ils ont pu le faire en toute sérénité car l’Irak de Saddam Hussein a adopté une position purement passive tout au long de cette période. Sa marge de manœuvre et sa capacité militaire étaient bien plus réduites que celles dont dispose aujourd’hui la République islamique d’Iran. Alors que Saddam Hussein était isolé sur la scène internationale, l’Iran compte aujourd’hui de puissants alliés sur la scène internationale. Il est membre des BRICS+ et de l’Organisation de coopération de Shanghai. Il entretient des accords bilatéraux en matière de défense avec la Fédération de Russie et, ce qui est bien plus significatif, avec la Chine.
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Quant à la campagne aérienne de bombardements stratégiques elle-même, les options des impérialistes se heurtent également à des limites lorsqu’il s’agit de la mettre en œuvre. La concentration dans la région des moyens aéronavals, indispensables pour mener cette campagne avec certaines garanties de « succès » contre des cibles de grande valeur et très bien protégées, est extrêmement difficile à réaliser sans finir par alerter la République islamique elle-même de ce qui se prépare. La concentration dans la région de moyens d’attaque finirait par contraindre l’Iran à renforcer ses propres mesures défensives.
Quels pourraient être les objectifs d’une telle campagne aérienne ? L’éventail des options est déjà très large en soi, et varie considérablement selon qu’Israël participe directement à l’attaque ou non, car l’État sioniste poursuit ses propres objectifs qui ne coïncident pas toujours avec ceux des États-Unis. Le considérer comme un simple pion des Yankees reviendrait à commettre une erreur de calcul.
Supposons que l’objectif de la campagne se limite à frapper sévèrement des cibles et des installations liées au programme nucléaire iranien jusqu’à le rendre inutilisable. Cela impliquerait d’attaquer une multitude de cibles, car ce programme est décentralisé, précisément pour réduire ses vulnérabilités en cas de bombardement aérien. De plus, une grande partie de ces installations sont souterraines et situées dans des sites spécialisés et protégés ; elles sont donc conçues pour résister à la plupart des attaques et minimiser les dégâts subis.
L’attaque serait menée à l’aide d’avions furtifs de bombardement stratégique et tactique, accompagnés d’une salve massive de missiles balistiques et de croisière lancés contre les centres de commandement et de contrôle du système de défense aérienne multicouche iranien. Son efficacité n’est en aucun cas garantie et ne dépend pas exclusivement de la quantité de moyens utilisés.
La riposte iranienne, à l’aide de missiles à moyenne portée et de drones d’attaque, est capable d’atteindre toutes les bases aéronavales américaines stationnées au Moyen-Orient, ainsi que les groupes aéronavals de sa flotte déployés dans l’océan Indien. Rappelons que l’Iran a développé une large gamme de missiles à courte et moyenne portée de fabrication nationale, parmi lesquels figurent plusieurs types de projectiles hypersoniques extrêmement difficiles à intercepter.
Si l’État sioniste participait à l’agression aérienne, il pourrait être tenté de frapper des cibles stratégiques iraniennes plus « vulnérables » ou plus accessibles, telles que des raffineries et des installations pétrolières et gazières. Avec ou sans l’assentiment de Washington.
Cela provoquerait certainement une réaction proportionnée de la part de l’Iran, qui pourrait ou non agir à titre dissuasif lors du choix de ce type de cibles. Israël manque de profondeur stratégique, ses 22 000 km2 ne le lui permettent pas, et un bombardement efficace contre ses raffineries et installations pétrolières à Haïfa ou contre la centrale nucléaire de Dimona aurait des conséquences importantes pour sa viabilité en tant qu’État.
En d’autres termes, une fois l’attaque aérienne contre l’Iran lancée, différents scénarios pourraient se produire, suivant une escalade de représailles et de contre-attaques.
Au sommet de cette échelle de guerre hypothétique se trouverait la « guerre des 70 millions de morts », avec une escalade nucléaire entre Israël et l’Iran, telle que l’a récemment envisagée Scott Ritter. Je tiens à préciser qu’il s’agit selon moi de l’un des analystes américains les plus sérieux et les plus rigoureux, ce qui lui a valu de subir toute une série de harcèlements de la part du FBI.
D’autre part, l’Iran peut toujours bloquer le détroit d’Ormuz s’il venait à subir une attaque de ce type. Il en a la capacité et pourrait le faire relativement facilement. Cela affecterait immédiatement les chaînes d’approvisionnement dépendantes du transport maritime, obligeant les impérialistes occidentaux à contourner tout le continent africain pour éviter le golfe Persique, la mer Rouge et une grande partie de l’océan Indien. Les répercussions sur les prix du transport et sur ceux du pétrole seraient rapidement mondiales. Il s’agit là d’un puissant moyen de pression entre leurs mains.
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Tous ces scénarios hypothétiques dépendront de l’évolution des négociations irano-américaines en cours, ainsi que de l’évaluation par l’administration américaine de ses possibilités d’action et des conséquences probables qui en découleraient.
Si aucun accord n’est conclu, nous assisterons tout d’abord à une recrudescence des tentatives de déstabilisation interne en Iran, prélude à une nouvelle escalade des tensions militaires dans toute la région du Moyen-Orient.
Pendant ce temps, faisant preuve de leur brutalité et de leur chantage habituels, les impérialistes continuent de tenter d’intimider l’Iran en lui envoyant des messages imprégnés du sang yéménite. Les massacres perpétrés au Yémen par l’aviation des impérialistes visent à intimider l’Iran. Les néocolonialistes ne comprennent toujours rien au Moyen-Orient ni à la dignité de ses peuples.
Le problème pour eux, c’est qu’à ce stade, la crédibilité dont peuvent jouir les États-Unis en matière de respect des traités internationaux qu’ils ont signés est quasi nulle. On peut citer les précédents infâmes des accords de Minsk de 2014-2015, violés par les États-Unis et les principales puissances impérialistes européennes, et, bien sûr, l’accord sur le nucléaire avec l’Iran de 2015, qui a été dénoncé par Trump en 2016.
La réalité est que, comme on le constate dans la pratique, les accords signés par les impérialistes ne sont que du papier, ils n’ont aucune valeur. Qui serait assez fou pour leur accorder la moindre crédibilité au vu de tels précédents ?
Israël Clemente
