La camaraderie, bien plus qu’une simple amitié. Des liens affectifs et une conscience commune qui nous unissent

La camaraderie.

Au cours de ces plus de 14 années d’existence en tant qu’organisation, nous avons été confrontés à de nombreux défis, dont l’un, présent depuis nos débuts, est le suivant : comment intégrer davantage de camarades à ce processus organisationnel ? Souvent, le peuple sent intuitivement que les choses ne vont pas bien, qu’il n’est pas normal que l’inégalité, la pauvreté et la misère règnent pour la majorité tandis qu’une poignée de personnes concentre d’énormes richesses. Certains sympathisent avec nous, s’indignent face à l’injustice. C’est un premier pas, mais la sympathie ne suffit pas à garantir un engagement ou une participation à la lutte à laquelle nous adhérons : celle du socialisme.

Pour transformer cette sympathie en participation, nous tissons des liens politiques. Autrement dit, nous construisons des relations qui nous permettent de former des camarades de lutte. La relation politique se distingue des autres relations du capitalisme, car elle se construit autour d’un objectif commun ; et bien que nous ayons appris qu’il faut nouer des liens avec ceux qui nous sont sympathiques ou qui nous sont proches, la lutte sociale implique de se coordonner et de travailler avec des personnes de tous horizons, qui parfois ne partageront pas nos goûts personnels ou que nous percevrons même comme très différentes, car au cœur de la relation politique se trouve l’engagement envers le peuple. Nous pouvons ainsi comprendre les relations politiques comme une forme d’interaction qui transcende l’amitié ; il s’agit d’une relation de camaraderie, entre camarades qui luttent pour le socialisme et dont le fondement principal n’est pas émotionnel, mais politique et idéologique.

La camaraderie, bien plus qu’une simple amitié

Comme nous le voyons, la construction de ces relations est un objectif en soi et, à ce titre, elle nécessite une méthodologie. Cette méthodologie ne nous fournira pas de recette mécanique, mais pas non plus une flexibilité désordonnée ; elle requiert à la fois de la créativité, une approche systématique et des connaissances pour être mise en œuvre, ce qui nous permet de dire que la construction de relations politiques est un véritable art. Mais comme les arts ne sont pas dépourvus de méthode, examinons les éléments précis à prendre en compte. Il faut partir du principe qu’une bonne relation politique repose sur une bonne relation humaine ; pour cela, le militant doit développer diverses qualités, telles qu’une personnalité équilibrée, la capacité à établir une relation sociopolitique avec des personnes de toutes les couches sociales, le sens des responsabilités, l’esprit critique, la maturité émotionnelle et une bonne santé mentale. Y parvenir nécessite tout un processus de rééducation.

Poursuivons avec les éléments structurants, ceux qui donnent forme à la méthode. La première chose à faire est d’apprendre à connaître les masses : leur parler dans le cadre de nos activités, les inviter à nos espaces de formation et à nos activités, et nous rendre dans leurs lieux de rencontre. Ensuite, comme nous l’avons déjà dit : il faut établir de bonnes relations humaines avec elles, et non des relations utilitaires ou clientélistes. En ce sens, ce n’est que si nous sommes des militants transparents quant à nos objectifs en tant qu’organisation que nous pourrons élever cette relation humaine au rang de relation politique. Bien sûr, nous devons connaître ceux qui s’approchent de l’OLEP, ce qui signifie les écouter, leur demander ce qu’ils pensent et ce qu’ils ont à dire sur le monde, observer comment ils travaillent dans le cadre des tâches organisationnelles, comment ils réagissent face aux difficultés ou aux succès, comment ils se débrouillent lorsqu’ils assument des responsabilités accrues, observer leurs qualités, mais aussi leurs défauts et surtout leur volonté de les surmonter. De même, l’éducation politique (en théorie et en pratique) est un élément central de la méthode de construction des relations politiques. Et le plus essentiel : nous devons comprendre que l’engagement dans la lutte populaire doit être un acte volontaire et conscient. C’est pourquoi nous disions que le militant a une tâche globale : le développement permanent de la conscience politique et prolétarienne, en lui-même et, par conséquent, dans ses relations.

S’organiser et lutter pour le socialisme est une nécessité historico-sociale

Une fois que l’on a clarifié ce que sont les relations politiques et comment elles se construisent, il faut prendre du recul et réfléchir au sens de l’organisation politique. Nous pouvons constater que celle-ci ne naît pas de l’ennui, de problèmes personnels, de crises existentielles ou d’un simple pragmatisme. S’organiser et lutter pour le socialisme est une nécessité historico-sociale, et c’est une nécessité que nous pouvons observer objectivement dans la décadence du capitalisme, qui met constamment en danger non seulement une vie digne, mais la vie elle-même en misant sur les génocides, la précarisation du travail, les violations des droits de l’homme et la violence permanente. Une fois que nous avons pris conscience de la nécessité et de la responsabilité qui nous incombent, en tant que classe prolétarienne, de mener à bien la transformation de notre réalité, on comprend mieux pourquoi nous souhaitons que davantage de camarades soient prêts à lutter à nos côtés, côte à côte.

Ainsi, la construction de relations politiques constitue une nécessité permanente au sein du mouvement populaire, et en ce sens, elle représente également un défi constant pour ceux qui le composent, car cela implique d’aller à la rencontre des gens, de les connaître sous différents aspects, d’adapter notre méthodologie aux besoins du peuple à travers un exercice constant de critique et d’autocritique, sans perdre de vue les objectifs organisationnels, cette nécessité historique de nous organiser en tant que prolétariat opprimé pour nous libérer de la bourgeoisie oppressive. C’est pourquoi nous vous invitons à découvrir l’OLEP à travers le travail que nous menons au sein des brigades, lors des mobilisations, dans les différentes Écoles des droits humains et du travail, lors des rassemblements, des tournées de sensibilisation, des présentations de livres et des distributions de FRAGUA, et à vous convaincre, ainsi qu’à convaincre les autres, de la nécessité de continuer à lutter pour une vie digne et pour le socialisme. !

Luttons, luttons avec dignité, aux côtés du peuple organisé, luttons jusqu’à la victoire !

OLEP (Mexique)

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