l’avant-garde n’est pas une question d’opinion (kenya)

Réponse à Godrick Namwaya sur la révolution nationale démocratique, le parti d’avant-garde et la révolution kenyane

Par Booker Ngesa Omole

Secrétaire général

Parti communiste marxiste du Kenya

Note de la rédaction

Cet article est une réponse à « Formation des cadres, revendications de l’avant-garde et la gauche kenyane » de Godrick Namwaya, publié par Countercurrents le 26 juillet 2026.

Les lecteurs qui n’ont pas lu l’article original peuvent le consulter ici :

https://countercurrents.org/…/cadre-building-vanguard…/

La présente réponse ne se veut pas une polémique personnelle. Elle aborde plutôt les questions politiques et idéologiques soulevées par l’article, notamment en ce qui concerne la conception léniniste du parti d’avant-garde, la révolution démocratique nationale, le centralisme démocratique, la formation des cadres et la voie stratégique vers le socialisme au Kenya. Il s’agit là de questions de ligne politique dont l’importance dépasse largement le cadre d’un individu ou d’une organisation en particulier.

Chaque période révolutionnaire engendre non seulement des révolutionnaires, mais aussi des luttes idéologiques sur l’orientation de la révolution. Ces luttes ne constituent pas des distractions par rapport à la lutte des classes. Elles en sont elles-mêmes l’expression. Le marxisme-léninisme n’a jamais craint la contestation idéologique. Au contraire, il se développe à travers la critique impitoyable des idées erronées, à travers la lutte entre les lignes politiques et à travers la mise à l’épreuve constante de la théorie dans la fournaise de la pratique révolutionnaire.

C’est dans cet esprit que je réponds à l’article récent de Godrick Namwaya, intitulé « Cadre Building, Vanguard Claims, and the Kenyan Left ». À première vue, cet article se présente comme une évaluation équilibrée et objective du mouvement socialiste au Kenya. Il emploie un langage neutre. Il invoque la démocratie, le pluralisme, l’inclusivité et l’ouverture. Pourtant, sous cette apparence soigneusement construite se cache un projet politique bien connu. Cet article ne porte pas principalement sur le Parti communiste marxiste du Kenya. Il s’agit d’une attaque contre la conception léniniste du parti révolutionnaire. Il rejette la révolution démocratique nationale. Il remet en cause le centralisme démocratique dans la pratique. Il écarte la nécessité d’une avant-garde communiste disciplinée. En bref, il promeut une ligne politique fondamentalement opposée au marxisme-léninisme.

Cela ne devrait surprendre personne.

Godrick Namwaya n’écrit pas en tant qu’observateur extérieur aux luttes idéologiques de la gauche kenyane. Il écrit en tant que participant actif dont le parcours politique reflète une succession de ruptures idéologiques avec le marxisme-léninisme. Ayant été auparavant associé à des organisations communistes avant d’adhérer à des tendances politiques fondamentalement en contradiction avec le léninisme, sa critique actuelle ne constitue pas une réflexion théorique, mais le résultat logique d’une trajectoire idéologique différente. La question qui nous occupe n’est donc pas la biographie d’un individu. Il s’agit de la ligne politique que cette biographie a engendrée.

Les lignes politiques ont leur importance.

L’histoire n’a jamais été façonnée par de bonnes intentions seules. La classe ouvrière a essuyé des défaites non pas parce qu’elle manquait de courage, mais parce que des lignes politiques erronées ont, à maintes reprises, détourné ses luttes vers le réformisme, l’économisme, le spontanéisme, le sectarisme, le liquidationnisme et l’opportunisme. Lénine a consacré toute une vie à combattre ces déviations, car il comprenait que sans théorie correcte, il ne peut y avoir de mouvement révolutionnaire.

L’article de Godrick s’inscrit dans cette longue tradition de critique révisionniste. Son argument central est d’une simplicité trompeuse. Puisque de nombreuses organisations s’engagent dans l’éducation socialiste et l’activisme politique, aucune organisation ne peut légitimement prétendre construire systématiquement le noyau d’une avant-garde révolutionnaire. Chaque organisation, nous dit-on, contribue de manière égale à la politique socialiste, et par conséquent toute revendication de leadership idéologique est rejetée comme du sectarisme.

Cet argument n’est ni nouveau ni scientifique.

Il confond quantité et qualité.

Il confond militantisme et formation de cadres.

Il confond sympathie socialiste et organisation communiste.

Il confond diversité politique et direction révolutionnaire.

Surtout, il abandonne la thèse léniniste centrale selon laquelle la classe ouvrière a besoin de sa propre avant-garde organisée, disciplinée et armée théoriquement si elle veut conquérir le pouvoir politique.

Cette thèse n’est pas une invention du Parti communiste marxiste du Kenya. C’est l’un des principes fondateurs du marxisme-léninisme lui-même.

Marx et Engels ont soutenu que le prolétariat devait s’organiser en tant que classe et, par conséquent, en tant que parti politique.

Lénine a transformé ce principe en théorie de l’avant-garde révolutionnaire.

Staline en a démontré la nécessité dans la construction socialiste.

Mao l’a développée davantage à travers la ligne des masses et la théorie de la Nouvelle Démocratie.

Hô Chi Minh l’a appliquée au Vietnam.

Cabral l’a appliquée en Guinée-Bissau.

Thomas Sankara l’a incarnée au Burkina Faso.

Aucun de ces révolutionnaires ne croyait que toutes les tendances socialistes jouaient un rôle historique équivalent.

Aucun ne croyait que la direction révolutionnaire émergeait spontanément de la diversité organisationnelle.

Aucun n’imaginait que la clarté idéologique fût une forme de sectarisme.

Ils comprenaient une vérité simple.

Sans parti révolutionnaire, il n’y a pas de mouvement révolutionnaire.

Sans cadres révolutionnaires, il n’y a pas de parti révolutionnaire.

Sans socialisme scientifique, il n’y a pas de direction révolutionnaire.

Tout le reste découle de ce principe fondamental.

Le débat qui nous occupe ne porte donc pas sur l’existence d’autres organisations socialistes. Elles existent bel et bien.

Le débat porte sur la question de savoir si toutes les organisations socialistes remplissent la même fonction historique.

Le marxisme-léninisme répond à cette question de manière catégorique.

Non, elles ne la remplissent pas.

LES IDÉES ONT UN CARACTÈRE DE CLASSE

Le marxisme-léninisme n’a jamais analysé la politique à travers le prisme des personnalités. Il analyse les lignes politiques.

Les individus n’ont d’importance que dans la mesure où ils deviennent les représentants de tendances idéologiques bien définies. Telle était la méthode employée par Marx contre Proudhon, par Lénine contre les économistes et les mencheviks, et par Mao contre l’opportunisme tant de droite que de « gauche ». L’objectif n’a jamais été de réduire la politique à une biographie. L’objectif était de mettre à nu le contenu de classe dissimulé au sein des idées politiques.

Il est donc impossible de comprendre l’article de Godrick Namwaya sans reconnaître qu’il représente une tendance idéologique bien définie au sein de la gauche kenyane.

Sa critique du Parti communiste marxiste du Kenya ne se résume pas à un simple désaccord sur les tactiques organisationnelles. Il s’agit d’un rejet de la conception léniniste même du parti révolutionnaire.

Sa critique de la révolution nationale démocratique ne se limite pas à un débat sur les étapes de la lutte. Il s’agit d’un rejet de l’une des conclusions stratégiques centrales développées par le marxisme-léninisme pour les sociétés coloniales et semi-coloniales.

Sa conception de la formation des cadres n’est pas simplement plus large que la nôtre. Elle abandonne la distinction léniniste entre cadres révolutionnaires et militants progressistes.

Il ne s’agit pas là de désaccords isolés.

Ils forment une ligne politique cohérente.

Tout au long de l’histoire du mouvement communiste international, les ruptures idéologiques se sont rarement produites par le biais de déclarations spectaculaires. Le plus souvent, elles commencent par des révisions en apparence modestes. Un concept est édulcoré. Un principe est déclaré dépassé. Une exigence organisationnelle est rejetée comme sectaire. Au final, le cœur révolutionnaire du marxisme est vidé de sa substance tandis que son langage est conservé.

Ce processus a été décrit par Lénine comme de l’opportunisme, non pas parce que chaque désaccord constitue de l’opportunisme, mais parce que le révisionnisme progresse souvent sous la bannière de la flexibilité, de l’inclusivité et du réalisme.

L’article de Godrick Namwaya s’inscrit dans ce schéma historique.

Il assure au lecteur qu’il s’oppose au capitalisme.

Il condamne l’impérialisme.

Il s’exprime dans le langage du socialisme.

Pourtant, les conclusions organisationnelles qu’il en tire affaiblissent progressivement les instruments mêmes grâce auxquels le socialisme a été historiquement réalisé.

Il remet en question la nécessité d’une avant-garde révolutionnaire clairement définie.

Il réduit la formation des cadres à un processus général d’éducation socialiste mené par de nombreuses organisations.

Il relativise les différences idéologiques en suggérant que les tendances socialistes concurrentes ne sont que des contributions alternatives à une même lutte.

Il remplace les distinctions scientifiques par une équivalence politique.

Ce n’est pas du marxisme-léninisme.

C’est du relativisme organisationnel.

L’histoire démontre que les révolutions n’ont jamais réussi simplement parce que de nombreuses organisations progressistes existaient simultanément. La Révolution russe n’a pas triomphé parce que chaque courant socialiste y a contribué à parts égales. La Révolution chinoise n’a pas progressé parce que toutes les tendances politiques possédaient une valeur stratégique identique. La Révolution cubaine n’a pas prévalu parce que la direction révolutionnaire était dispersée entre des centres idéologiques rivaux.

Dans chaque révolution couronnée de succès, un parti révolutionnaire s’est imposé au terme de la lutte comme la direction organisée de la classe ouvrière et de ses alliés. Cette direction ne s’est ni autoproclamée, ni vue conférée par des commentateurs. Elle s’est construite consciemment à travers la lutte idéologique, la discipline organisationnelle, l’engagement concret au sein des masses et un attachement inébranlable aux objectifs révolutionnaires.

C’est précisément pour cette raison que la question de l’avant-garde ne peut être écartée comme un exercice de vanité organisationnelle.

Il s’agit d’une nécessité révolutionnaire.

Rejeter la nécessité d’une avant-garde révolutionnaire revient en fin de compte à rejeter l’expérience historique accumulée par le mouvement communiste international.

La véritable question qui se pose à la gauche kenyane n’est donc pas de savoir s’il existe plusieurs organisations socialistes.

Elles existent bel et bien.

La question décisive est de savoir si toutes incarnent la même théorie de la révolution, la même conception de l’organisation du parti, la même compréhension du pouvoir d’État et la même voie stratégique vers le socialisme.

Ce n’est pas le cas.

C’est précisément parce qu’elles ne le sont pas que la lutte idéologique est inévitable.

La classe ouvrière ne peut progresser en prétendant que toutes les lignes politiques sont également valables.

Elle progresse en distinguant la ligne correcte de la ligne erronée par la théorie, par la pratique et par le jugement de l’histoire.

LA PREMIÈRE ERREUR DE GODRICK NAMWAYA : CONFONDRE LES MILITANTS ET LES CADRES

La première erreur, et peut-être la plus fondamentale, de l’article de Godrick Namwaya réside dans son traitement de la question de la formation des cadres.

Il soutient que, puisque les syndicats, les organisations étudiantes, les organisations féministes, les mouvements communautaires, les formations clandestines historiques et plusieurs organisations socialistes s’engagent dans l’éducation politique, aucune organisation ne peut légitimement prétendre former systématiquement des cadres socialistes.

Cette conclusion ne semble raisonnable que parce qu’elle repose sur une définition imprécise de ce qui constitue un cadre.

Le marxisme-léninisme n’a jamais considéré un cadre comme un simple militant doté d’une conscience politique.

Il n’a jamais non plus confondu la participation à des luttes progressistes avec la formation de cadres communistes.

Cette distinction est décisive.

Un organisateur syndical peut devenir un cadre.

Un militant étudiant peut devenir un cadre.

Un organisateur communautaire peut devenir un cadre.

Une organisatrice féministe peut devenir un cadre.

Mais aucun d’entre eux ne devient un cadre communiste simplement en participant à la lutte.

Les cadres sont formés de manière consciente.

Ils reçoivent une formation politique.

Ils sont forgés idéologiquement.

Ils sont disciplinés sur le plan organisationnel.

Ils sont mis à l’épreuve à maintes reprises dans la lutte pratique.

Plus important encore, ils se développent au sein du cadre organisationnel d’un parti communiste révolutionnaire.

Cette distinction n’est pas d’ordre sémantique.

C’est l’un des fondements du léninisme.

Lénine a maintes fois averti que les luttes spontanées de la classe ouvrière, aussi militantes soient-elles, ne produisent pas automatiquement une conscience socialiste révolutionnaire. Laissé à la spontanéité, le mouvement ouvrier développe une conscience syndicale, et non une conscience révolutionnaire. La théorie révolutionnaire doit donc être systématiquement introduite, assimilée et organisée par le biais du parti communiste.

C’est précisément pour cette raison que les partis communistes créent des écoles de parti.

Ils mettent en place des commissions idéologiques.

Ils organisent des cercles d’étude.

Ils développent des programmes éducatifs internes.

Ils attribuent des responsabilités organisationnelles concrètes.

Ils évaluent les camarades sur les plans politique et organisationnel.

Ils cultivent la discipline.

Ils combattent l’individualisme.

Ils mènent une lutte idéologique au sein de leurs propres rangs.

C’est ce processus dans son ensemble que les marxistes appellent la formation des cadres.

Cela n’équivaut pas à assister à des débats politiques.

Cela n’équivaut pas à soutenir des causes socialistes.

Cela n’équivaut pas à participer à des manifestations.

Godrick Namwaya efface complètement cette distinction.

En élargissant le concept de formation des cadres pour y inclure pratiquement toutes les activités politiques progressistes, il vide ce concept de toute signification scientifique.

Si chaque organisation progressiste produit des cadres communistes, alors le parti communiste perd sa fonction historique unique.

Si chaque militant est déjà un cadre, il n’y a pas besoin de formation idéologique systématique.

Si chaque tendance socialiste développe une direction révolutionnaire équivalente, alors la théorie léniniste de l’avant-garde devient superflue.

Ce n’est pas une conclusion fortuite.

Elle découle directement de la logique du relativisme organisationnel.

L’histoire, cependant, raconte une autre histoire.

Le Parti bolchevique n’a pas formé de cadres par hasard.

Le Parti communiste chinois n’a pas formé de cadres par le biais de réseaux politiques informels.

Le Parti communiste vietnamien n’a pas formé de cadres simplement en encourageant le militantisme.

Le Parti communiste cubain n’a pas formé de révolutionnaires par le biais du pluralisme idéologique.

Chaque mouvement communiste couronné de succès a consciemment formé des cadres grâce à une éducation politique rigoureuse, à la discipline organisationnelle, au centralisme démocratique, à la critique et à l’autocritique, à l’immersion au sein des masses et à une pratique révolutionnaire continue.

Les cadres ne sont pas nés.

Les cadres ont été formés.

Le Parti communiste marxiste du Kenya aborde la formation des cadres précisément dans cette tradition.

Nous ne confondons pas la sympathie avec l’engagement.

Nous ne confondons pas l’activisme avec l’organisation.

Nous ne confondons pas la simple présence avec le développement idéologique.

Nous comprenons que chaque cadre communiste doit devenir un organisateur, un éducateur, un enquêteur, un agitateur et un dirigeant parmi les masses.

L’objectif n’est pas simplement de former des personnes qui comprennent le marxisme.

L’objectif est de former des révolutionnaires capables d’appliquer le marxisme pour transformer la société.

C’est pourquoi la formation des cadres reste l’une des questions décisives de toute révolution.

Les révolutions ne réussissent pas simplement parce que des idées révolutionnaires existent.

Elles réussissent parce que des cadres organisés portent ces idées dans les usines, les villages, les universités, les syndicats, les communautés et tous les terrains de la lutte des classes.

Un parti sans cadres n’est qu’une simple association.

Un mouvement sans cadres n’est qu’une simple manifestation.

Une révolution sans cadres ne reste qu’un rêve.

L’argumentation de Godrick Namwaya occulte cette vérité élémentaire du marxisme-léninisme.

En confondant l’activisme politique avec la formation des cadres communistes, il n’élargit pas le concept d’organisation révolutionnaire.

Il le supprime.

L’AVANT-GARDE NE SE DÉCLARE PAS. ELLE SE CONSTITUE.

Après avoir réduit la formation des cadres communistes à un simple activisme socialiste général, Godrick Namwaya enchaîne sur son deuxième argument, plus déterminant. Il insiste sur le fait qu’aucune organisation ne devient l’avant-garde en se déclarant telle. Il soutient que la direction révolutionnaire ne peut être acquise que par la pratique politique et la confiance des masses.

Prise isolément, cette affirmation semble tout à fait incontestable.

En effet, aucun marxiste-léniniste n’a jamais soutenu qu’un parti communiste devient l’avant-garde par la seule proclamation.

Le problème se situe ailleurs.

Godrick établit une fausse opposition entre l’organisation consciente et la validation historique, comme si les marxistes-léninistes croyaient que le leadership révolutionnaire s’obtient par une simple auto-désignation. Aucun communiste sérieux n’a jamais défendu une telle position.

Le Parti communiste marxiste du Kenya n’a jamais prétendu que l’histoire puisse être commandée par une déclaration.

Nous affirmons tout autre chose.

Un parti communiste doit s’organiser consciemment en tant qu’avant-garde révolutionnaire de la classe ouvrière tout en justifiant ce rôle par la théorie, l’organisation, le sacrifice et la pratique.

Ces propositions ne sont pas contradictoires.

Elles sont indissociables.

Les bolcheviks n’ont pas attendu octobre 1917 pour s’organiser en tant que parti de la révolution prolétarienne.

Pendant des décennies, ils ont bâti une organisation se distinguant par son unité idéologique, son centralisme démocratique, sa discipline révolutionnaire et son travail acharné parmi les ouvriers, les paysans et les soldats.

Lorsque la crise révolutionnaire a éclaté, ils possédaient ce qu’aucune autre tendance politique ne possédait.

Ils disposaient d’un parti capable de diriger.

Le Parti communiste chinois n’est pas devenu la force dirigeante parce que les commentateurs ont fini par reconnaître sa légitimité.

Il s’est consciemment forgé en tant que direction révolutionnaire au fil d’années de lutte agraire, d’éducation politique, d’organisation militaire et d’application de la ligne des masses.

La révolution vietnamienne a suivi la même voie.

Il en a été de même pour la révolution cubaine.

L’histoire ne produit pas spontanément de direction révolutionnaire.

Elle récompense les organisations qui se préparent à diriger avant que le moment décisif n’arrive.

C’est précisément pour cette raison que Lénine a accordé une telle attention à la question de l’organisation.

Dans « Que faire ? », Lénine a soutenu que la classe ouvrière avait besoin d’une organisation révolutionnaire disciplinée, capable d’insuffler une conscience socialiste scientifique au mouvement ouvrier.

Il n’a pas soutenu que toutes les tendances socialistes devaient coexister indéfiniment jusqu’à ce que l’histoire désigne d’une manière ou d’une autre un vainqueur.

Il n’a pas non plus soutenu que la direction révolutionnaire devait émerger du pluralisme idéologique.

Il a plaidé pour la construction d’un parti révolutionnaire unique, capable de mener le prolétariat au pouvoir d’État.

C’est là l’essence même de la conception léniniste de l’avant-garde.

Ce n’est pas de l’arrogance.

C’est une question de responsabilité.

L’ironie de l’article de Godrick Namwaya réside dans le fait que, tout en critiquant toute organisation qui prétend construire le noyau d’une avant-garde, il finit par présenter sa propre approche politique comme plus convaincante que celle du Parti communiste marxiste du Kenya.

Cela révèle une vérité incontournable.

Chaque tendance politique estime que sa ligne stratégique est la bonne.

Chaque organisation politique cherche à convaincre la classe ouvrière que son programme offre la meilleure voie à suivre.

La différence ne réside pas dans le fait de proposer ou non une ligne politique.

La différence réside dans le fait que cette ligne politique corresponde ou non à la réalité objective.

Le marxisme-léninisme n’a jamais réduit cette question à une opinion individuelle.

Une ligne politique correcte n’est pas déterminée par la sincérité.

Elle n’est pas non plus déterminée par la popularité.

Elle est déterminée par l’analyse concrète des conditions concrètes.

Elle est mise à l’épreuve au sein de l’organisation.

Elle est affinée par la critique et l’autocritique.

Elle est vérifiée dans la pratique révolutionnaire.

C’est pourquoi le Parti communiste marxiste du Kenya parle de construire le noyau de l’avant-garde.

Non pas parce que l’histoire a déjà rendu son verdict définitif.

Non pas parce que nous prétendons à l’infaillibilité.

Mais parce que tout véritable parti communiste digne de ce nom doit se préparer consciemment aux responsabilités historiques qu’exige la révolution.

Un parti qui refuse de se construire en tant que future direction de la classe ouvrière a déjà abandonné sa mission révolutionnaire.

On ne peut pas se préparer à diriger en refusant de diriger.

On ne peut pas construire une avant-garde en niant la nécessité de le devenir.

L’histoire du mouvement communiste international confirme une leçon simple.

L’avant-garde n’est jamais créée par proclamation.

Elle ne se crée pas non plus par hasard.

Elle se forge à travers la lutte idéologique.

Elle se tempère par la discipline organisationnelle.

Elle est mise à l’épreuve dans le feu de la lutte des classes.

Elle est reconnue par les masses parce qu’elle a d’abord reconnu sa propre responsabilité historique.

Telle est la conception léniniste de l’avant-garde.

Elle reste aussi pertinente pour la révolution kenyane aujourd’hui qu’elle l’était pour les révolutions russe, chinoise, vietnamienne et cubaine en leur temps.

LA RÉVOLUTION NATIONALE DÉMOCRATIQUE N’EST PAS UNE OPTION. C’EST UNE NÉCESSITÉ SCIENTIFIQUE.

Après avoir remis en question la conception léniniste de l’avant-garde, Godrick Namwaya s’attaque ensuite au fondement stratégique du Parti communiste marxiste du Kenya, à savoir la révolution nationale démocratique.

Il soutient que la révolution démocratique nationale sépare artificiellement les tâches démocratiques et socialistes en étapes historiques successives. Il suggère en outre que cette stratégie accorde une confiance excessive à certains secteurs de la bourgeoisie nationale dont les intérêts sont profondément liés à l’impérialisme. En revanche, il défend l’idée que les tâches démocratiques et socialistes doivent se dérouler simultanément sous la direction exclusive de la classe ouvrière.

Cet argument a une longue histoire.

Il n’est pas propre au Kenya.

Il s’agit de la critique classique adressée au marxisme-léninisme par ceux qui rejettent la stratégie élaborée par Lénine et enrichie par la suite par Staline, Mao Zedong, Ho Chi Minh, Amílcar Cabral et de nombreux mouvements révolutionnaires en Asie, en Afrique et en Amérique latine.

Le Parti communiste marxiste du Kenya ne défend pas la révolution démocratique nationale parce qu’il s’agit d’un article de foi.

Nous la défendons parce qu’elle découle de l’analyse concrète des conditions concrètes du Kenya.

Le marxisme enseigne que toute révolution ne commence pas par des formules abstraites, mais par une enquête scientifique.

Avant de tracer la voie vers la révolution, il faut d’abord répondre à une question fondamentale.

Quel type de société le Kenya représente-t-il ?

Cette question ne peut être éludée.

Toute stratégie révolutionnaire repose sur la réponse à cette question.

Le Kenya n’est pas une société capitaliste avancée comparable à la Grande-Bretagne du XIXe siècle ou à l’Allemagne du XXe siècle.

Ce n’est pas non plus une société socialiste en proie à des contradictions internes.

Le Kenya reste une formation sociale néocoloniale dont l’économie est subordonnée au capital financier international, aux multinationales et à la domination impérialiste. Parallèlement, des relations précapitalistes persistent dans les campagnes, sous la forme d’une propriété foncière inégale, du grand-propriétarisme, de l’usure, de l’oppression patriarcale et d’un développement inégal. Ces réalités façonnent les principales contradictions auxquelles est confronté le peuple kenyan.

Ignorer ces conditions objectives revient à substituer une préférence idéologique à l’analyse scientifique.

La révolution nationale démocratique émerge précisément parce que ces contradictions restent irrésolues.

Ses tâches historiques immédiates comprennent la destruction complète de la domination impérialiste.

La liquidation de la domination néocoloniale.

La résolution de la question agraire.

La démocratisation du pouvoir politique.

Le développement d’une économie nationale indépendante.

L’instauration d’une véritable souveraineté nationale.

Le démantèlement du capitalisme comprador.

La défaite des vestiges féodaux.

Il ne s’agit pas de réformes au sein du capitalisme.

Ce sont des tâches révolutionnaires.

Or, ce sont des tâches qui créent les conditions politiques, économiques et sociales dans lesquelles l’avancée ininterrompue vers le socialisme devient possible.

Godrick suggère que cette stratégie accorde sa confiance à la bourgeoisie nationale.

Il s’agit là d’un malentendu profond.

La Révolution nationale démocratique ne subordonne pas la classe ouvrière à la bourgeoisie.

Elle insiste sur le fait que la classe ouvrière doit diriger l’alliance révolutionnaire.

La question de la direction est décisive.

Le front unique n’est pas une alliance entre égaux.

C’est une alliance placée sous la direction prolétarienne, dirigée contre l’impérialisme et tous ses alliés nationaux.

Le marxisme-léninisme n’a jamais soutenu que chaque fraction de la bourgeoisie nationale soit révolutionnaire de manière permanente.

Au contraire.

L’expérience montre que cette classe est instable.

Elle vacille.

À certains moments, elle peut s’opposer à la domination impérialiste.

À d’autres moments, elle fait des compromis avec l’impérialisme pour protéger ses propres intérêts.

C’est précisément en raison de cette instabilité que la classe ouvrière ne doit jamais renoncer à la direction politique.

Elle doit s’unir lorsque c’est possible.

Elle doit lutter lorsque c’est nécessaire.

Elle doit maintenir une indépendance idéologique totale en toutes circonstances.

Telle était la position de Lénine.

Telle était la position de Mao.

Telle était la position de Cabral.

Telle reste la position du Parti communiste marxiste du Kenya.

L’histoire confirme à maintes reprises la justesse de cette approche.

La Révolution chinoise a réussi non pas parce que le Parti communiste s’est dissous dans un vaste mouvement démocratique.

Elle a réussi parce que le Parti communiste a conservé une direction indépendante tout en construisant un front uni contre l’impérialisme japonais et la réaction.

La Révolution vietnamienne a suivi la même voie.

Les luttes en Guinée-Bissau, au Mozambique et en Angola ont toutes démontré que les alliances révolutionnaires nécessitent une direction prolétarienne pour pouvoir progresser de manière cohérente.

La leçon est sans équivoque.

Le front unique n’est pas un abandon de principes.

C’est la méthode par laquelle la classe ouvrière isole l’ennemi principal tout en préservant son indépendance politique.

La tragédie de nombreuses déviations d’extrême gauche à travers l’histoire a été leur incapacité à faire la distinction entre compromis et capitulation.

En rejetant toute alliance, elles se sont isolées des masses.

En exigeant une transformation socialiste immédiate sans tenir compte des conditions objectives, elles ont confondu l’impatience révolutionnaire avec la science révolutionnaire.

Le marxisme-léninisme rejette à la fois l’opportunisme et l’aventurisme.

Il ne prône ni la collaboration de classe ni l’isolement politique.

Il prône une direction révolutionnaire ancrée dans une analyse concrète des conditions concrètes.

La révolution nationale démocratique n’est donc pas un report du socialisme.

C’est le pont historique par lequel les classes opprimées démantèlent la domination impérialiste, achèvent la transformation démocratique de la société et créent les conditions d’une transition ininterrompue vers le socialisme.

Ceux qui rejettent cette stratégie ont la charge de démontrer, et non pas simplement d’affirmer, qu’une autre voie correspond davantage aux réalités concrètes du Kenya.

Le Parti communiste marxiste du Kenya a choisi la voie éclairée par le socialisme scientifique.

C’est une voie éprouvée par la révolution.

C’est une voie forgée par l’expérience des nations opprimées.

C’est une voie fondée non pas sur des vœux pieux, mais sur les conditions matérielles de notre propre pays.

Pour le Kenya, la révolution nationale démocratique n’est pas une option stratégique parmi d’autres.

C’est la voie nécessaire vers le socialisme.

LA THÉORIE LIBÉRALE DE LA GAUCHE : QUAND TOUTES LES LIGNES POLITIQUES SONT TRAITÉES SUR UN PIED D’ÉGALITÉ

Après avoir remis en question la conception léniniste de l’avant-garde et rejeté la révolution nationale démocratique, Godrick Namwaya parvient à la conclusion logique de son argumentation politique. Il avance que l’avenir du socialisme au Kenya dépend moins de la clarté idéologique que de l’organisation démocratique, du pluralisme et de la coexistence de diverses tendances socialistes.

Cela semble généreux.

Cela semble démocratique.

Cela semble tolérant.

En réalité, cela revient à abandonner l’un des principes les plus fondamentaux du marxisme.

Le marxisme ne part pas du principe que toutes les lignes politiques possèdent une validité historique égale.

Le marxisme part du principe que chaque ligne politique exprime des intérêts de classe bien définis.

Les idées ne sont jamais neutres.

La politique n’est jamais neutre.

L’organisation n’est jamais neutre.

Chaque programme répond à une question de classe.

Chaque stratégie répond à une question de classe.

Chaque théorie de la révolution répond à une question de classe.

Suggérer que les diverses tendances au sein de la gauche kenyane ne représentent que des approches différentes mais tout aussi légitimes du socialisme revient à remplacer le socialisme scientifique par le relativisme idéologique.

L’histoire ne progresse pas grâce à la coexistence pacifique des lignes politiques.

L’histoire progresse grâce à la lutte.

Marx et Engels ont lutté contre le socialisme utopique.

Lénine a lutté contre l’économisme, le menchevisme et l’anarchisme.

Staline a lutté à la fois contre l’opportunisme de droite et l’aventurisme d’extrême gauche.

Mao a lutté contre le dogmatisme et le révisionnisme.

Cabral a lutté contre le nationalisme petit-bourgeois.

Aucun d’entre eux ne croyait que l’unité de la gauche exigeait le silence face à des lignes politiques erronées.

Au contraire.

Ils comprenaient que le plus grand service que l’on puisse rendre à la classe ouvrière est de distinguer les idées justes des idées erronées.

C’est précisément pour cette raison que le marxisme insiste sur la lutte idéologique.

Non pas parce que les communistes aiment la polémique.

Mais parce que c’est la classe ouvrière qui en paie le prix chaque fois que des lignes politiques erronées prévalent.

L’article invoque à plusieurs reprises la démocratie comme si celle-ci existait au-dessus de la société de classes.

Mais le marxisme n’a jamais conçu la démocratie de cette manière abstraite.

Toute démocratie a un caractère de classe.

La démocratie des propriétaires d’esclaves excluait les esclaves.

La démocratie des seigneurs féodaux excluait les paysans.

La démocratie de la république bourgeoise protège la propriété privée tout en proclamant l’égalité formelle.

De même, toute organisation révolutionnaire possède son propre caractère de classe.

La question décisive n’est donc pas de savoir si une organisation est démocratique en son sein.

La question décisive est de savoir à quels intérêts de classe sa pratique démocratique sert en fin de compte.

Au sein du mouvement communiste, la démocratie n’a jamais signifié la coexistence sans restriction de lignes politiques contradictoires.

Elle a signifié le centralisme démocratique.

Elle a signifié un débat interne vigoureux suivi d’une unité dans l’action.

Elle a signifié la critique et l’autocritique.

Elle a signifié l’éducation idéologique.

Elle a signifié la discipline collective.

Sans ces principes, le parti révolutionnaire cesse de fonctionner comme un instrument politique unifié et devient au contraire une fédération d’opinions concurrentes.

L’histoire a démontré à maintes reprises où mène un tel libéralisme organisationnel.

Il conduit à la fragmentation.

Il conduit au factionnalisme.

Il conduit à la paralysie.

Il conduit finalement à la liquidation.

Godrick Namwaya met en garde contre le sectarisme.

Les communistes doivent en effet rejeter le sectarisme.

Le sectarisme isole les révolutionnaires des masses.

Il substitue des slogans à l’analyse.

Il confond isolement organisationnel et pureté idéologique.

Mais il existe un autre danger.

Le liquidationnisme.

Le liquidationnisme dissout le parti communiste au sein de la Gauche en général.

Il brouille les distinctions idéologiques.

Il rejette la discipline organisationnelle.

Il célèbre la diversité tout en abandonnant la cohérence révolutionnaire.

Si le sectarisme érige des murs là où des ponts sont nécessaires, le liquidationnisme détruit les fondations sur lesquelles le pont lui-même doit reposer.

Le marxisme-léninisme rejette les deux.

Le Parti communiste marxiste du Kenya n’a jamais soutenu que toute organisation en dehors de nos rangs était un ennemi.

Nous n’avons pas non plus revendiqué le monopole du sacrifice, du courage ou de l’engagement.

De nombreuses organisations ont apporté des contributions précieuses à la lutte anti-impérialiste.

De nombreux camarades en dehors de notre Parti ont fait preuve d’un dévouement remarquable à la cause de la justice sociale.

La reconnaissance de ces contributions ne peut toutefois pas exiger l’abandon des distinctions scientifiques.

Reconnaître la diversité, ce n’est pas nier la hiérarchie.

Reconnaître l’existence de multiples organisations ne revient pas à nier la nécessité d’une direction révolutionnaire.

Reconnaître le débat idéologique ne revient pas à renoncer à la lutte pour la ligne politique correcte.

En fin de compte, le socialisme ne triomphera pas parce que chaque organisation se sentira valorisée de la même manière.

Le socialisme ne triomphera que lorsque la classe ouvrière réussira à construire un parti révolutionnaire capable d’unir les opprimés, de vaincre l’impérialisme, d’écraser l’État néocolonial et d’ériger un nouveau pouvoir politique.

L’histoire n’a jamais proposé d’autre voie.

Le Kenya non plus.

L’HISTOIRE EST LE TRIBUNAL SUPRÊME DE LA POLITIQUE RÉVOLUTIONNAIRE

Tout au long de son article, Godrick Namwaya revient sans cesse sur une même thèse.

Aucune organisation, affirme-t-il, ne peut prétendre être le noyau d’une avant-garde révolutionnaire.

Très bien.

Que l’histoire en décide.

Le marxisme-léninisme n’a jamais craint l’histoire.

Les communistes n’ont jamais demandé à être jugés sur la base d’articles élégants, de discours éloquents ou de commentaires universitaires.

Nous demandons à être jugés sur la base de la pratique révolutionnaire.

La question qui se pose au peuple kenyan n’est donc pas de savoir si le Parti communiste marxiste du Kenya se proclame organisation révolutionnaire.

La question est de savoir s’il agit en tant que tel.

Étudie-t-il les conditions concrètes de la révolution kenyane ?

Produit-il une analyse cohérente de la structure de classes du Kenya ?

Forme-t-il systématiquement des cadres ?

Met-il en place des organes d’éducation politique ?

Organise-t-il les ouvriers, les paysans, les jeunes, les femmes et les étudiants ?

Développe-t-il une littérature révolutionnaire ancrée dans les réalités concrètes du Kenya ?

Pratique-t-il le centralisme démocratique ?

Participe-t-il aux luttes quotidiennes des opprimés ?

Construit-il une organisation durable plutôt qu’une mobilisation ponctuelle ?

Ce sont là les questions qui comptent.

Pas les slogans.

Pas les étiquettes.

Pas les déclarations.

Le marxisme est une science.

La science exige des preuves.

Le Parti communiste marxiste du Kenya n’a jamais prétendu que la direction révolutionnaire puisse s’obtenir par la rhétorique.

La direction doit se construire patiemment.

Un cadre à la fois.

Une section à la fois.

Une lutte à la fois.

Une génération à la fois.

Tout communiste authentique le comprend.

Les bolcheviks ont passé des décennies à se préparer avant octobre.

Les communistes chinois ont marché des milliers de kilomètres avant la victoire.

Les révolutionnaires vietnamiens ont enduré des générations de guerre avant la libération.

Aucun révolutionnaire sérieux ne s’attendait à ce que l’histoire récompense l’impatience.

L’histoire récompense l’organisation.

L’histoire récompense la discipline.

L’histoire récompense la clarté politique.

Godrick Namwaya invite la gauche kenyane à embrasser le pluralisme organisationnel comme si la pluralité elle-même constituait une force révolutionnaire.

Mais le marxisme pose une question différente.

Plusieurs lignes politiques concurrentes peuvent-elles mener simultanément une même révolution ?

L’histoire répond par la négative.

Toute révolution couronnée de succès a fini par trancher la lutte pour la direction politique.

Non pas par décret administratif.

Non pas par supériorité morale.

Mais par la pratique politique.

Par la lutte idéologique.

Par le développement organisationnel.

Par la confiance gagnée auprès des masses.

La question n’est donc pas de savoir si différentes organisations socialistes doivent exister.

L’histoire elle-même a donné naissance à diverses tendances au sein du mouvement socialiste.

La question décisive est de savoir si toutes les lignes politiques font progresser de la même manière les intérêts révolutionnaires de la classe ouvrière.

Le marxisme-léninisme y répond clairement.

Non, elles ne le font pas.

Certaines lignes politiques renforcent le mouvement révolutionnaire.

D’autres le détournent vers le réformisme.

Certaines cultivent la discipline révolutionnaire.

D’autres érigent le laxisme organisationnel en principe.

Certaines préparent la classe ouvrière à conquérir le pouvoir d’État.

D’autres la résignent à une opposition permanente.

Ces distinctions ne relèvent pas du tempérament.

Elles ont des conséquences historiques.

C’est pourquoi le Parti communiste marxiste du Kenya ne craint ni n’évite la lutte idéologique.

Nous l’accueillons favorablement.

Chaque critique nous oblige à affiner notre théorie.

Chaque débat nous oblige à approfondir notre analyse.

Chaque défi nous oblige à confronter notre ligne politique à la réalité.

C’est ainsi que le marxisme se développe.

Pas par le silence.

Pas par la flatterie réciproque.

Mais par une lutte de principe autour des idées.

L’Histoire ne demandera pas qui a écrit l’article le plus brillant.

L’Histoire ne demandera pas qui est apparu le plus modéré.

L’Histoire ne demandera pas qui a accumulé le plus grand nombre d’abonnés sur les réseaux sociaux.

L’Histoire posera une question différente.

Quelle ligne politique a organisé la classe ouvrière ?

Quelle ligne politique a uni la paysannerie pauvre ?

Quelle ligne politique a vaincu l’impérialisme ?

Quelle ligne politique a démantelé le néocolonialisme ?

Quelle ligne politique a bâti l’organisation révolutionnaire capable de transformer le Kenya ?

C’est le seul verdict qui compte.

Le Parti communiste marxiste du Kenya a choisi de placer sa confiance non pas dans l’opinion à la mode, ni dans l’approbation des intellectuels, mais dans la force organisée de la classe ouvrière, de la paysannerie pauvre et de toutes les masses opprimées, sous la direction d’un parti marxiste-léniniste discipliné.

L’histoire jugera chaque organisation.

L’histoire jugera chaque ligne politique.

L’histoire a toujours été le tribunal suprême.

Et devant ce tribunal, personne ne bénéficie d’un traitement de faveur.

Seule la pratique parle.

Seule la lutte décide.

Seule la révolution rend son verdict.

En avant vers la révolution démocratique nationale.

En avant vers le socialisme.

En avant vers l’unité révolutionnaire de la classe ouvrière kenyane.

cpmk.org

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