les droits du travail en Chine

Si l’on tente de souligner le fait que « la Chine est un pays socialiste », certains marxistes occidentaux rétorqueront aussitôt : « Mais qu’en est-il des droits du travail en Chine ? »

Si l’on effectue une recherche sur « les droits du travail en Chine » à l’aide de moteurs de recherche occidentaux, on trouvera d’innombrables cas de violations des droits du travail commises par le « régime autoritaire » chinois, rapportés par diverses ONG telles qu’Amnesty International, notamment dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang.

Si l’on lit des articles des grands médias occidentaux sur les « droits du travail en Chine », on découvrira les histoires de plusieurs militants syndicaux chinois célèbres, tels que Han Dongfang et Li Qiang, et on apprendra le « secret caché » du « PCC » selon lequel « la Fédération nationale des syndicats de Chine (中华全国总工会) collabore avec les entreprises et les salariés n’ont que peu de pouvoir », comme l’affirme le New York Times.

Il est en effet « fascinant » de constater que les propriétaires et les bailleurs de fonds des géants technologiques occidentaux, des ONG et des grands médias, à savoir la classe dirigeante bourgeoise de l’Occident impérialiste, se disent profondément « préoccupés » par les droits des travailleurs en Chine, tout en massacrant directement ou indirectement des travailleurs noirs et métis dans d’autres pays du tiers-monde sans éprouver la moindre culpabilité.

La classe d’Epstein, celle qui « mange des bébés », se soucie-t-elle vraiment de nous, les travailleurs chinois ? Leurs discours anti-chinois s’appuient-ils sur des faits ?

Comme de nombreuses sources occidentales traitant des droits du travail en Chine sont rédigées dans une optique eurocentrique, je voudrais partager mon point de vue sur cette question dans une perspective marxiste chinoise en me concentrant sur les trois questions suivantes :Les travailleurs sont-ils opprimés en Chine ?

  • Les travailleurs sont-ils opprimés en Chine ?

  • Des syndicats « indépendants » à l’occidentale contribueront-ils à faire avancer la cause socialiste en Chine ?

  • Quels intérêts les syndicats chinois représentent-ils ?

C’est sans doute la première question que se posent de nombreux Occidentaux lorsqu’il est question des droits du travail en Chine.

Au sens strict, comme pratiquement aucun pays dans le monde actuel (la RPDC est probablement la seule exception) n’a complètement aboli le travail salarié et n’est entré dans le stade supérieur du socialisme, l’exploitation par le travail existe dans presque tous les pays à des degrés divers, y compris dans les pays socialistes. Mais ce n’est certainement pas pour cette raison que de nombreux Occidentaux posent la question, car de ce point de vue, la question elle-même « les travailleurs EN CHINE sont-ils opprimés ? » perd tout son sens.

(Certains marxistes occidentaux diront probablement que non, que la Chine, le Vietnam et Cuba ne sont pas des pays socialistes car l’exploitation du travail n’y a pas été complètement abolie. Il s’agit là d’un point de vue extrêmement erroné, né de la naïveté et d’un manque de pratiques révolutionnaires concrètes. Rien ne peut être plus arrogant et messianique que des marxistes occidentaux dénonçant les pays socialistes parce qu’ils ne sont pas parvenus à atteindre un stade supérieur du socialisme en l’espace de quelques décennies, en raison de la menace constante et de l’encerclement de l’Occident impérialiste, tout en ne faisant rien chez eux pour lutter contre leur propre classe dirigeante, la classe impérialiste mondiale, racine de tous les maux. Quant à la question « pourquoi la Chine est-elle socialiste ? », elle a trouvé une réponse claire dans les sources suivantes : le recueil « Unlearn Capital » : « La Chine est-elle capitaliste ? », et l’article récent du camarade Yaretzi «Le marxisme messianique du Premier Monde ».)

Alors, que veulent vraiment dire les Occidentaux lorsqu’ils demandent : « Les travailleurs en Chine sont-ils opprimés ? » Dans la plupart des cas, ils veulent dire : « Les travailleurs en Chine sont-ils plus opprimés que les travailleurs occidentaux ? ».

Si l’on compare les chiffres relatifs aux conditions de travail en Chine et en Occident, tels que les niveaux de salaire, les horaires de travail et les congés annuels, on en conclura rapidement que les travailleurs en Chine sont plus opprimés que les travailleurs occidentaux. Cependant, cette analyse est erronée à deux égards.

Premièrement, cette comparaison est profondément eurocentrique, ignorant complètement la position de classe de la Chine dans le monde et les échanges inégaux.

Les travailleurs chinois ne vivent pas à Disneyland, mais dans un monde dominé par l’Occident impérialiste. Notre monde est divisé en deux classes : la classe impérialiste mondiale au cœur des pays développés, et la classe populaire impérialisée dans les périphéries.

Depuis la première guerre de l’opium, la Chine a été de force reléguée dans cette dernière classe, celle des dominés et des dépossédés. Bien que le peuple chinois ait renversé la classe bourgeoise compradore représentée par le gouvernement du Kuomintang (KMT) et construit un pays socialiste dirigé par la classe populaire, la position de classe de la Chine reste inchangée jusqu’à aujourd’hui.

Comme l’ont clairement expliqué des spécialistes de l’échange inégal tels que Samir Amin, Torkil Lauesen et Ali Kadri (pour plus de sources, voir les deux recueils suivants de « Unlearn Capitalism » : Échange inégal, multipolarité et nouvel état d’esprit ; Dés-développement et impérialisme : comment riposter ?), la position de classe d’un pays détermine son niveau salarial et, par conséquent, les conditions de travail globales de ses travailleurs. Les différences de niveaux salariaux induites par les positions de classe jouent un rôle fondamental dans les échanges inégaux, aidant les centres impérialistes à percevoir des rentes impériales grâce à la valeur créée par les périphéries impérialisées.

En tant que pays de la semi-périphérie, la Chine n’a pas complètement échappé au fléau des échanges inégaux ; par conséquent, les travailleurs chinois sont toujours contraints, par l’ordre mondial impérialiste génocidaire, d’accepter des conditions de travail pires que celles de leurs homologues blancs de l’Occident impérialiste.

Ainsi, une telle comparaison entre un pays de la périphérie et l’Occident impérialiste est tout aussi biaisée que celle qui consisterait à comparer les notes d’un élève issu d’une famille de travailleurs immigrés à celles d’un élève issu d’une famille blanche de la classe supérieure universitaire.

En revanche, une comparaison plus juste peut être établie entre la Chine et l’Inde, car l’Inde est également un pays du tiers-monde qui a connu le (semi-)colonialisme et a accédé à l’indépendance politique à peu près à la même époque que la Chine.

Selon la Banque mondiale, le produit intérieur brut (PIB) par habitant, exprimé en dollars internationaux courants convertis selon les parités de pouvoir d’achat (PPA), s’élèvera à 29 333 $ en Chine en 2025, soit près de trois fois celui de l’Inde, qui s’établira à 11 748 $. De plus, le salaire minimum en Chine varie entre 2 070 et 2 740 RMB (307 à 406 USD) selon les provinces, tandis qu’en Inde, il est nettement inférieur, oscillant entre 5 280 et 23 376 INR (55 à 245 USD), bien que les travailleurs aient des durées de travail similaires dans les deux pays, 46,1 heures par semaine en Chine et 45,5 heures par semaine en Inde.

De plus, les travailleurs chinois bénéficient d’une protection sociale bien supérieure à celle des travailleurs indiens. Prenons l’exemple des soins de santé. En Chine, le système de santé public couvre plus de 95 % des 1,4 milliard de Chinois, tandis qu’en Inde, le système de santé largement privatisé et décentralisé laisse environ 70 % des femmes et 67 % des hommes âgés de 15 à 49 ans sans assurance et exposés à de lourdes charges financières en cas de maladie grave.

Au vu de ces chiffres, il apparaît clairement que les travailleurs chinois bénéficient de conditions de travail et de vie bien meilleures que celles des autres grands pays du tiers-monde, comme l’Inde. Cela ne tient pas à des atouts particuliers de la culture chinoise, mais résulte du système économique et de redistribution socialiste en vigueur en Chine. Si la classe populaire, dirigée par le Parti communiste chinois (PCC), n’avait pas pris le pouvoir et construit un État socialiste, les travailleurs chinois connaîtraient les mêmes conditions de travail et de vie précaires que les travailleurs indiens.

De plus, si l’on examine l’évolution du PIB par habitant en dollars internationaux courants au fil du temps en Chine, en Inde, aux États-Unis et en Suède entre 1990 et 2025, on constate un fait significatif : le pouvoir d’achat des Chinois augmente rapidement depuis les années 1990, et encore plus rapidement depuis les années 2020, tandis que la progression du pouvoir d’achat des populations occidentales ralentit progressivement.

En d’autres termes, l’écart entre la qualité de vie des travailleurs chinois et celle des travailleurs blancs occidentaux se réduit progressivement. Cela implique en outre que la Chine est en train de démolir brique par brique la prison de l’« échange inégal » et qu’elle s’en échappera très bientôt, au nom des périphéries impérialisées, pour la première fois depuis plus de deux siècles.

Voici la deuxième erreur de l’analyse ci-dessus. Conclure que « les travailleurs chinois sont plus opprimés que leurs homologues occidentaux » en se basant sur la situation actuelle reflète une façon de penser occidentale statique, dépourvue de matérialisme dialectique, qui rejette la réalité selon laquelle tout est en constante évolution et s’améliore sans cesse, y compris les conditions de travail en Chine.

Ce n’est pas parce que la Chine ne s’est pas encore complètement affranchie du piège « centre-périphérie » aujourd’hui qu’elle ne parviendra PAS à échapper à la malédiction de la classe impérialiste mondiale dans un avenir proche, d’autant plus que de nombreux indicateurs montrent que les droits du travail en Chine ne cessent de s’améliorer (pour plus d’informations à ce sujet, voir l’article des Amis de la Chine socialiste intitulé « La Chine célèbre le 1er mai avec des avancées concrètes pour les travailleurs »).

Par conséquent, plutôt que de se demander si les travailleurs chinois sont plus opprimés que ceux des pays occidentaux, il est plus pertinent de se demander si la qualité de vie des travailleurs chinois atteindra, dans un avenir proche, un niveau comparable à celui de l’Occident. Fort de ma foi en la supériorité du socialisme, j’ai pleinement confiance en l’affirmation suivante : absolument OUI.

Les syndicats « indépendants » à l’occidentale contribueront-ils à faire avancer la cause socialiste ?

Même face à des faits concrets montrant à quel point la vie des travailleurs ordinaires en Chine s’est remarquablement améliorée, de nombreux marxistes occidentaux continueront de pointer du doigt tel ou tel cas de violation des droits du travail et de critiquer le gouvernement chinois « autoritaire » pour ne pas autoriser les travailleurs chinois à former des syndicats « indépendants » à l’occidentale.

Oui, il est vrai qu’en Chine, tous les syndicats sont affiliés à la Fédération syndicale panchinoise. Cela n’est toutefois pas dû, comme le croient de nombreux Occidentaux, à la nature « autoritaire » du gouvernement chinois, mais plutôt au fait que les syndicats « indépendants » de type occidental ne sont tout simplement ni adaptés ni bénéfiques pour la Chine. Cela n’aidera pas la Chine à faire avancer sa cause socialiste et pourrait même l’empêcher d’atteindre son objectif ultime, à savoir la réalisation du socialisme/communisme. De nombreux marxistes occidentaux refusent de reconnaître la véritable nature des syndicats « indépendants » actuels en Occident. Certes, ces syndicats trouvent leurs racines dans les mouvements révolutionnaires d’avant la Seconde Guerre mondiale. Cependant, après la Seconde Guerre mondiale, les syndicats « indépendants » de l’Occident impérialiste ne sont devenus rien d’autre qu’un cirque de tigres « radicaux » apprivoisés, nourris par la classe dirigeante grâce aux rentes impérialistes. Tant que ces tigres blancs seront soudoyés avec la chair des populations noires et métisses de la périphérie, ils resteront docilement aux côtés de leur classe dirigeante et ne penseront plus jamais à la révolution, pas même dans leurs rêves les plus fous.

Pourquoi les syndicats « indépendants » de type occidental ne conviennent-ils pas à la Chine ?

En d’autres termes, les syndicats de type occidental sont en réalité des outils de la classe impérialiste mondiale pour soudoyer ses aristocrates ouvriers blancs et acheter leur trahison de classe à l’encontre de leurs pairs noirs et métis des périphéries. Par conséquent, l’idée selon laquelle les travailleurs non blancs des périphéries impérialisées comme la Chine devraient former de tels syndicats est aussi absurde que de suggérer aux habitants de l’Arctique de planter des palmiers.

Au lieu d’accuser la Chine de ne pas avoir de syndicats « indépendants », les marxistes occidentaux devraient sans doute se demander : « Nos syndicats sont-ils vraiment indépendants du contrôle de la classe dirigeante ? Pouvons-nous prendre le pouvoir d’État et anéantir la machine impérialiste génocidaire en nous organisant au sein des syndicats ? » S’ils sont suffisamment honnêtes avec eux-mêmes, ils se rendront compte que la réponse est « NON ». Il y a deux raisons principales à cela.

Pourquoi les syndicats « indépendants » à l’occidentale ne sont-ils pas bénéfiques pour la Chine ?

Premièrement, les syndicats « indépendants », ou les organisations « indépendantes » de défense des droits des travailleurs, sont en réalité des outils parfaits permettant à l’Occident impérialiste d’infiltrer la Chine et d’y mener des tentatives de changement de régime. C’est pourquoi de nombreux médias occidentaux grand public, bien qu’ils soient eux-mêmes hostiles aux syndicats, prônent la création de syndicats « indépendants » en Chine.

La plupart, voire la totalité, de ces organisations « indépendantes » de défense des droits des travailleurs, formées par des travailleurs « chinois », sont financées par des associations affiliées aux gouvernements des pays impérialistes occidentaux. L’action de « défense des droits » menée par les travailleurs de la société Jasic à Shenzhen en 2018, par exemple, a été organisée par le « Centre des travailleurs » (打工者中心), une organisation « indépendante » de défense des droits des travailleurs entièrement financée par des ONG soutenues par des gouvernements occidentaux. China Labor Watch, dont le siège se trouve à New York, aux États-Unis, reçoit des fonds directement du Département d’État américain. Le China Labour Bulletin, récemment dissous, était également financé par le National Endowment for Democracy (NED), une fondation financée par le gouvernement américain qui a propagé la « liberté et la démocratie » dans de nombreux pays non alignés et ruiné l’avenir d’innombrables personnes. Ainsi, le mot « indépendant » semble avoir un sens plutôt contraire dans l’Occident impérialiste.

On peut se demander ce qui se passerait si le gouvernement chinois autorisait les travailleurs « chinois » à former de tels syndicats « indépendants » ? Les travailleurs chinois bénéficieraient-ils de meilleures conditions de travail ? Cela semble peu probable.

Au contraire, si ces tentatives d’infiltration aboutissaient, cela pourrait plonger la Chine dans le chaos et finir par la balkaniser en plusieurs petits États soumis à la botte de fer de l’Occident impérialiste. Cela aurait des conséquences dévastatrices sur la vie des travailleurs ordinaires en Chine. Les seuls travailleurs chinois qui en tireraient profit seraient ces traîtres achetés par l’Occident impérialiste, qui pourraient s’enfuir immédiatement vers les centres impérialistes grâce à un visa d’asile politique.

Deuxièmement, cela nuirait aux intérêts des travailleurs chinois s’ils écoutaient certains marxistes occidentaux et menaient des luttes de classe à l’occidentale par le biais de syndicats indépendants. Pourquoi en est-il ainsi ?

Dans les pays capitalistes, il est sans aucun doute utile et important que les membres de la classe ouvrière mènent des luttes de classe par le biais de syndicats indépendants, afin de perturber et de nuire autant que possible à la production industrielle (même si, comme expliqué plus haut, de nombreux syndicats de l’Occident impérialiste, en particulier en Europe du Nord, ne sont guère plus que des marionnettes contrôlées par la classe dirigeante et ne mèneront pas de telles luttes de sitôt). Il s’agit d’une stratégie correcte car, dans les pays capitalistes, le but de la production industrielle est d’aider la classe bourgeoise à accumuler du capital, tandis que les travailleurs ne tirent pratiquement rien de leur propre travail (à l’exception des « aristocrates du travail » en Occident, qui perçoivent des rentes impériales de la part de leur classe dirigeante).

Cependant, cette logique qui fonctionne parfaitement dans les pays capitalistes ne peut PAS s’appliquer à des pays socialistes comme la Chine. En Chine, bien qu’il existe encore des entreprises privées et des capitalistes, le pouvoir politique est fermement contrôlé par la classe populaire. Par conséquent, l’objectif principal de la production industrielle n’est pas d’accumuler du capital pour les capitalistes, mais d’améliorer la qualité de vie de la population. La plus-value créée par la classe ouvrière est finalement transférée au gouvernement socialiste sous forme d’impôts et de contributions versées par les capitalistes, puis utilisée pour construire des infrastructures et développer les programmes de protection sociale dans l’intérêt de la population. Il serait donc contre-productif que les travailleurs recourent à des moyens susceptibles d’interrompre, voire de nuire à la production industrielle, pour exprimer leur mécontentement.

Mais cela ne signifie pas pour autant que les travailleurs chinois n’ont aucun moyen de défendre leurs droits. Outre les lettres et les visites (信访), il existe de nombreux autres canaux, en ligne et hors ligne, permettant aux travailleurs d’exprimer leurs griefs légitimes et de réclamer justice, pour n’en citer que quelques-uns :

en appelant le 12333, la ligne d’assistance nationale dédiée à la sécurité sociale et aux droits du travail, ou le 12351, la ligne d’assistance syndicale,

en signalant les problèmes de salaires impayés au gouvernement via l’application « Client du Conseil d’État » (国务院客户端), ou dans la rubrique « Éradication des arriérés de salaire (根治欠薪) » sur le site officiel du ministère des Ressources humaines et de la Sécurité sociale (人力资源和社会保障部官网),

en se rendant directement dans les services locaux d’inspection du travail (劳动监察机构) ou dans d’autres services compétents, tels que les services de supervision et d’administration de la sécurité au travail (安全生产监督管理部门), pour déposer des plaintes ou des signalements (en Chine, toutes les administrations, à tous les niveaux, sont ouvertes au public),

en bénéficiant de services gratuits de conseil juridique en ligne (12348 中国法网), ou en obtenant une assistance juridique auprès du syndicat local en cas d’arbitrage du travail.

Quels intérêts les syndicats chinois représentent-ils ?

Suivant la logique occidentale du « tout ou rien », les Occidentaux, en particulier ceux de gauche, considèrent toutes les organisations dirigées par l’État comme « autoritaires » et « mauvaises », tout comme ils traitent tous les policiers de salauds (ACAB). Cependant, la réalité peut rarement être appréhendée par une logique aussi linéaire.

Alors que les organisations dirigées par l’État ne représentent ni ne servent les intérêts des masses dans les États capitalistes – c’est-à-dire sous la dictature de la classe bourgeoise –, elles représentent et servent les intérêts de la classe populaire dans les États socialistes, c’est-à-dire sous la dictature du prolétariat.

Dans la Chine socialiste, les syndicats, sous la direction du PCC, représentent et servent les intérêts de la classe ouvrière chinoise, comme l’indique clairement la Charte des syndicats chinois (中国工会章程),

« Les syndicats chinois sont des organisations de masse de la classe ouvrière — constituées par l’association volontaire des travailleurs et dirigées par le Parti communiste chinois — qui servent de pont et de lien entre le Parti et la main-d’œuvre, constituent des piliers sociaux importants du pouvoir d’État et représentent les intérêts de leurs membres et des travailleurs… La fonction fondamentale des syndicats chinois est de sauvegarder les droits et intérêts légitimes des travailleurs. »

Bien que de nombreux Occidentaux continuent de nier le rôle important que jouent les syndicats chinois dans l’amélioration des conditions de travail des travailleurs en Chine, la réalité prouve le contraire.

Au cours de l’année écoulée, les syndicats chinois ont lancé des « initiatives de négociation collective ciblées (集中要约行动) » et publié des lignes directrices visant à réglementer les règles du travail et les algorithmes au sein des entreprises opérant sur des plateformes en ligne, afin de protéger les droits des travailleurs exerçant de nouvelles formes d’emploi (également appelés « travailleurs de la gig economy » en Occident), qui sont exposés à des risques accrus d’exploitation.

En outre, les syndicats ont aidé 12 900 travailleurs ruraux à récupérer des salaires impayés s’élevant à 402 millions de RMB. Par ailleurs, outre la fourniture de services tels que des bilans de santé et des « repas de soutien », les syndicats optimisent en permanence les infrastructures destinées aux travailleurs, comme les « stations de services syndicaux (工会驿站) » et les salles de repos et d’allaitement pour les employées.

L’importance des syndicats a également été démontrée dans diverses études menées par le passé par des chercheurs chinois. Par exemple, selon Liu Aiyu et Fu Chunhui, une fois syndiqués, les travailleurs ruraux chinois perçoivent un revenu annuel du travail supérieur de 23 % et affichent des taux de participation à l’assurance retraite et à l’assurance maladie respectivement 3,4 fois et 2,9 fois plus élevés. D’après les études menées par Li Ming et Xu Jianwei, les syndicats chinois peuvent augmenter le niveau des salaires des travailleurs d’environ 12,75 % et réduire la durée du temps de travail de 4,11 %.
Cela ne signifie toutefois pas que les syndicats chinois soient exempts de problèmes. Comme le souligne Wu Jianping dans son article « Quarante ans de recherche sur les syndicats en Chine :

une revue de la trajectoire fondamentale et des caractéristiques de la recherche nationale », les syndicats chinois actuels s’inscrivant dans la continuité des syndicats de l’économie planifiée d’avant la réforme et l’ouverture, ils ont hérité du style « descendant » de l’ancienne époque, fonctionnant comme un prolongement des services gouvernementaux plutôt que comme une organisation ascendante au service des masses.

Afin de démocratiser les syndicats chinois et de renforcer la participation de la base, le gouvernement chinois actuel, sous la direction de Xi Jinping, ne ménage aucun effort pour réformer les syndicats en s’appuyant sur les six principes fondamentaux (六个坚持) :

« Adhérer à la direction générale du Parti sur le mouvement ouvrier et le travail syndical ; adhérer au principe fondamental consistant à s’appuyer sans réserve sur la classe ouvrière ; adhérer à la mission de servir les tâches centrales du Parti ; adhérer à la nature politique, au caractère avancé et à l’orientation vers les masses des organisations syndicales ; adhérer au principe selon lequel le service de la main-d’œuvre constitue le fondement même de l’action ; et adhérer à la loi et aux statuts du syndicat ».

Concernant la manière de réformer et d’améliorer les syndicats chinois, Xi Jinping s’est clairement exprimé lors d’un entretien collectif avec la nouvelle direction de la Fédération syndicale panchinoise :

« Il faut s’efforcer de renforcer la gestion démocratique au sein des entreprises et des institutions publiques, de garantir aux travailleurs des canaux fluides pour faire entendre leurs préoccupations, et de les guider dans la défense de leurs droits conformément à la loi.

La réforme doit se concentrer sur le travail à la base afin de consolider les fondements de la base, de stimuler sa vitalité et d’améliorer en permanence la capacité des syndicats de base à fournir des conseils, à organiser et à offrir des services.

Les fondements organisationnels existants doivent être renforcés et la couverture des organisations syndicales élargie. Des méthodes de travail innovantes doivent être adoptées pour fournir aux travailleurs des services précis et attentifs.

Les responsables syndicaux doivent mettre en pratique la ligne de masse du Parti, mener des recherches approfondies pour rester informés des pensées et des attentes des travailleurs, améliorer en permanence leur capacité à servir la main-d’œuvre, et parler et agir sincèrement au nom des travailleurs.

Grâce à la réforme et à l’amélioration continues des syndicats chinois, ainsi qu’au renforcement du secteur public dans l’économie chinoise, nous avons toutes les raisons de croire que les droits du travail en Chine bénéficieront d’une meilleure protection dans un avenir proche.

Conclusion

Rome ne s’est pas construite en un jour ; un stade supérieur du socialisme ne sera pas atteint en quelques décennies, et les problèmes liés aux droits du travail dans les périphéries impérialisées ne seront pas résolus complètement en un clin d’œil. Cependant, nous, les peuples des périphéries, en particulier dans les pays socialistes, résolvons ces problèmes et construisons le socialisme chaque jour à force de travail acharné et de luttes acharnées. Si les Occidentaux, en particulier les marxistes occidentaux, se soucient réellement de nous, les travailleurs des périphéries, ils devraient sans doute cesser de critiquer les pays socialistes et non alignés pour leur imperfection, et commencer à mener des luttes de classe contre leur propre classe dirigeante, source de tous les maux.

Amy Yang, 2026

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