Tactique et méthode de la guerre populaire – PDPR-EPR (Mexique)

RÉVOLUTION : DÉBAT SUR LA STRATÉGIE, LA TACTIQUE ET LA MÉTHODE DE LA GUERRE POPULAIRE

Camarades, nous vivons une période tumultueuse dans le monde ; l’hégémonie de l’impérialisme américain est remise en cause et s’effrite ; et des vents favorables soufflent pour la lutte pour l’émancipation des peuples, qui doit sans aucun doute s’inscrire dans le caractère socialiste et anti-impérialiste des révolutions actuelles. Le peuple palestinien nous a montré l’exemple de la manière d’affronter l’impérialisme et le sionisme, ce duo criminel et ces ennemis de l’humanité ; la lutte qu’il mène repose sur les principes de la guerre du peuple contre l’oppresseur, qui, en raison de la disparité des forces, applique la stratégie, la tactique et la méthode de la guerre populaire. D’après notre expérience, le PDPR-EPR a défini, dès sa fondation, que pour parvenir à l’émancipation de notre peuple, il fallait développer une stratégie, une tactique et une méthode de guerre populaire ; que les conditions historiques et le contexte international, ainsi que la réalité objective que nous entendons transformer, font ressortir la nécessité historique de la révolution, dont le caractère doit être socialiste ; et que, compte tenu du développement des forces de la révolution ainsi que de la nature de l’État bourgeois mexicain vis-à-vis de l’impérialisme, celle-ci est prolongée. Voici un extrait du document issu du premier congrès de notre parti : LA GUERRE POPULAIRE PROLONGÉE : SON APPLICATION DANS LES CONDITIONS

LA GUERRE POPULAIRE PROLONGÉE : SON APPLICATION DANS LES CONDITIONS ACTUELLES

Les enseignements et les expériences de la lutte révolutionnaire que les peuples du monde ont menés contre les exploiteurs et le système oppressif ont été justes et héroïques ; c’est pourquoi ils ont triomphé grâce à la mise en œuvre correcte d’une stratégie révolutionnaire. Certains d’entre eux ont notamment appliqué la stratégie de la guerre populaire prolongée (GPP), qu’ils ont développée et mise en œuvre de manière flexible, créative et efficace. Par leur contribution à la lutte de libération de la révolution socialiste, ils ont enrichi la connaissance de la théorie révolutionnaire et de la stratégie de la GPP dans la pratique, dans la lutte et l’action quotidienne contre l’ennemi. La stratégie que met en œuvre le Parti démocratique populaire révolutionnaire (PDPR) pour atteindre ses objectifs est la Guerre populaire prolongée (GPP), qui développe les étapes et les formes de la guerre, appliquées de manière dialectique dans les différents processus historiques révolutionnaires, ce qui lui a permis de définir avec justesse les moyens nécessaires à la construction des forces qui devront affronter résolument l’ennemi. C’est pourquoi, en tant que parti marxiste-léniniste, nous appliquons la stratégie de la Guerre populaire prolongée en la concevant comme : La guerre populaire, c’est la mobilisation de tout le peuple dans la guerre, où s’exprime la lutte des masses et où celle-ci stimule la lutte armée révolutionnaire ainsi que toutes les formes de lutte afin de résoudre la contradiction de classe de notre société ; en d’autres termes, c’est le peuple en armes en tant qu’expression politico-militaire suprême organisée de manière révolutionnaire. La guerre populaire est la voie de développement permettant l’accumulation de forces politiques et militaires qui nous permettront de modifier le rapport de forces en faveur des classes exploitées ; en d’autres termes, elle mobilise l’ensemble du peuple en créant les conditions nécessaires pour égaler nos forces à celles de l’ennemi dans un délai déterminé. La guerre populaire est une stratégie politico-militaire à condition qu’elle soit dirigée par une direction révolutionnaire, car sans un véritable parti marxiste-léniniste, la conduite de la guerre populaire ne mène qu’à de très maigres résultats. La participation de l’ensemble du peuple repose sur la créativité nécessaire pour développer la lutte armée révolutionnaire en collaboration avec les révolutionnaires, afin d’assurer leur subsistance, l’accomplissement des tâches et le recrutement visant à renforcer le parti. Les objectifs de la guerre populaire sont de briser l’asservissement impérialiste et de résoudre les contradictions de classe pour ouvrir la voie au socialisme. Les principes de la guerre populaire reposent sur l’homme en tant que facteur décisif, ainsi que sur la conduite de combats, car plus il y en a, plus la lutte révolutionnaire se renforce. Face à l’arrivée de Fox et du PAN au gouvernement fédéral et à la mondialisation néolibérale dans notre pays, il est aujourd’hui plus que jamais indispensable de développer la ligne politique de la guerre populaire prolongée. La guerre populaire prolongée est une théorie politico-militaire qui s’appuie sur les expériences de la lutte prolétarienne dans le monde et de notre peuple ; elle repose également sur l’analyse marxiste-léniniste de notre réalité. La GPP a pour voie fondamentale la lutte armée révolutionnaire, autour de laquelle s’articulent toutes les formes de lutte. Son caractère populaire réside dans l’implication de tout le peuple, en tenant compte des capacités dont il dispose en tant qu’individus et collectives. Chacun des citoyens est un combattant, chaque foyer une tranchée de lutte, chaque village une caserne ; il importe toutefois de préciser que ce qui compte, c’est l’homme politiquement conscient qui représente l’avant-garde des masses afin de former le parti révolutionnaire capable d’exercer une direction qui nous permette de remporter la victoire sur la bourgeoisie et l’impérialisme dominant. Dans le cadre de cette guerre, la thèse marxiste-léniniste sur le rôle de la classe ouvrière en tant que classe dirigeante est réaffirmée, tout comme celle de ses alliés stratégiques que sont la paysannerie et les autres secteurs populaires. Son caractère populaire est également déterminé, car il s’agit d’une guerre entre classes antagonistes et c’est principalement le peuple qui la mène, en mobilisant les ressources et les différentes formes d’organisation et de lutte, sous la direction du parti ; c’est pourquoi il existe deux types de guerre, deux armées diamétralement opposées : les unes révolutionnaires, populaires et justes ; les autres contre-révolutionnaires, antipopulaires et injustes. Elle est radicale : car elle s’inscrit dans le processus de l’histoire de l’humanité, dans sa lutte qui conduit à une transformation profonde de la société et vise à en finir avec le capitalisme pour construire le socialisme dans notre pays, première étape vers le communisme. Elle est globale : car elle se mène sur tous les fronts, c’est-à-dire sur les plans politique, idéologique, militaire, économique, social, géographique et culturel… La guerre est de longue haleine : en raison de la nécessité de construire les forces de la révolution, ce qui prendra un certain temps, nos forces devant acquérir une conviction inébranlable afin de ne pas pouvoir être anéanties par l’ennemi. La supériorité de l’ennemi par rapport aux forces révolutionnaires nous oblige à mener un travail tant quantitatif que qualitatif au sein de notre parti, de notre armée et parmi les masses. Compte tenu de la situation géopolitique du Mexique vis-à-vis de l’impérialisme américain, nous sommes certains que celui-ci interviendra dans notre patrie s’il voit ses intérêts menacés. La proximité avec l’impérialisme américain, sa domination économique, politique et militaire sur notre pays nous convainquent qu’une intervention militaire directe aura lieu dans le but de détruire le mouvement révolutionnaire et d’empêcher le triomphe d’une révolution socialiste. Et parce que la guerre du peuple est une lutte menée dans des conditions politiques, organisationnelles, militaires et économiques inégales, où l’ennemi est supérieur et nos forces sont inférieures, en cours de construction et de développement, parce que nous savons que nous ne pouvons pas triompher d’un seul coup, lors d’un affrontement, mais grâce à la corrélation des forces qui existe aux niveaux national et international, l’ennemi sera vaincu par étapes, sur ses points les plus faibles. La force motrice de la révolution socialiste dans le pays est le prolétariat, la paysannerie en tant qu’alliée stratégique, aux côtés des autres secteurs qui contribuent à la lutte révolutionnaire tels que les populations autochtones, les enseignants, les étudiants, les colons et certains secteurs de la petite bourgeoisie, ainsi que toutes les forces qui luttent contre la bourgeoisie, l’oligarchie nationale et étrangère, et pour le socialisme… PRINCIPES DE LA GUERRE POPULAIRE PROLONGÉE APPLIQUÉS À NOS CONDITIONS PAR NOTRE PARTI La guerre populaire prolongée reste d’actualité dans son application aux conditions historiques concrètes de notre pays car elle est globale et mise en œuvre par notre parti, car : – Dans les conditions actuelles que traverse notre pays, la lutte armée révolutionnaire est une nécessité impérieuse pour parvenir aux changements radicaux qu’exige la réalité nationale ; les possibilités d’un changement pacifique sont épuisées depuis de nombreuses années. Les massacres d’Aguas Blancas, d’Acteal, d’El Bosque et du Charco illustrent clairement que le gouvernement antipopulaire a, comme toujours, privilégié la voie militaire pour contenir et étouffer dans le sang la protestation populaire. – Une nouvelle révolution est nécessaire dans notre pays, et celle-ci peut se réaliser et triompher si notre peuple a la VOLONTÉ DE VAINCRE, même si, pour l’instant, l’ennemi dispose d’une supériorité en termes de ressources humaines, techniques et économiques. – Pour garantir le triomphe de la révolution socialiste qui se prépare aujourd’hui sur nos terres, il est nécessaire de consolider les piliers de la révolution… – Un peuple doté de la volonté de lutter et organisé de manière révolutionnaire peut vaincre ses exploiteurs même si, au début de la lutte, ceux-ci disposent d’une supériorité à tous les égards ; mais tant que ce peuple peut compter sur un parti révolutionnaire, et que celui-ci dispose d’une stratégie et d’une tactique correctes, la victoire est assurée. – Dans cette lutte révolutionnaire que nous menons, l’essentiel réside dans les ressources humaines ; les armes ne sont qu’un moyen. N’importe quoi peut devenir une arme si on le met au service des intérêts du peuple et du militant doté d’une conscience prolétarienne. – La stratégie que développent notre parti et notre armée est une stratégie de GUERRE POPULAIRE PROLONGÉE, qui nous permet de préserver et de développer nos forces… – L’un des principes de la guerre populaire est la CONCEPTION DE LA GUERRE DU PEUPLE, qui prévoit notamment que chaque habitant est un combattant et que chaque organisation du parti est un état-major ; nos forces sont la force politique et les forces militaires ; son caractère prolongé est conditionné par les conditions nationales et internationales de la phase actuelle de la lutte des classes que nous traversons ; notre développement doit reposer sur nos propres efforts ; et l’ensemble du parti doit maîtriser la théorie de la guerre révolutionnaire afin de pouvoir enseigner à notre peuple l’usage des armes. – Pour y parvenir, il faut être étroitement lié aux masses, faire partie du peuple et être aux côtés du peuple, car sans organiser et diriger leur volonté de lutter, il ne peut y avoir ni parti ni armée révolutionnaires. – Le principe de la clandestinité de nos forces est une nécessité pour échapper à la répression de l’État et pouvoir rester au sein des masses populaires ; la clandestinité n’est pas synonyme d’anonymat, mais une mesure politique qui permet de préserver et de développer nos forces. – La guerre populaire prolongée ne s’oppose pas à l’insurrection partielle et générale ; il est au contraire nécessaire que le parti les prépare et les dirige. Documents du Congrès, 2000. PDPR-EPR

En conclusion, notre parti a appliqué la stratégie, la tactique et la méthode de la guerre populaire, ce qui nous a permis de persévérer dans la lutte des classes qui se déroule dans le pays depuis plus de 60 ans. La révolution socialiste constitue une nécessité historique ; quiconque la nie et prône le contraire se range dans le camp de la contre-révolution ; l’expérience historique nous montre amplement que, pour la concrétiser, il est nécessaire de disposer d’une stratégie, d’une tactique et d’une méthode adéquates, que fournit la théorie révolutionnaire de la GPP. Pour le militant communiste, c’est-à-dire celui qui se bat pour les idéaux du communisme, il est important de comprendre la nécessité historique de la révolution, ainsi que la stratégie et la tactique permettant de la concrétiser. Par conséquent, l’action du révolutionnaire est avant tout rationnelle, fruit de convictions politico-idéologiques, car « dans la révolution, il n’y a pas de place pour des initiatives qui trouvent leur point de départ dans le pragmatisme ou dans l’action volontariste de l’individu » (PDPR-EPR). Pour approfondir la ligne directrice de la GPP, nous devons étudier et analyser les révolutions qui ont triomphé grâce à cette stratégie, comme ce fut le cas des révolutions chinoise et vietnamienne : toutes deux se complètent, se sont appuyées sur la même stratégie, mais l’ont appliquée de manière créative en fonction de leurs propres conditions. La leçon à en tirer est claire : la stratégie de la GPP est en soi la stratégie de la révolution et de la guerre révolutionnaire, où la révolution socialiste est l’objectif stratégique et le moyen, la tactique, pour y parvenir est la guerre révolutionnaire.

El insurgente, PDPR-EPR, Mexique, 2026-09-17

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