Malgré la condamnation injuste des « Prairieland Nine », la lutte se poursuit (USA)

Le 14 mars, un jury de Fort Worth, au Texas, a déclaré neuf militants coupables de terrorisme et de tentative de meurtre. Cette décision fait suite à leur participation à l’organisation d’une manifestation pacifique bruyante devant le centre de détention de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) de Prairieland, à Alvarado, au Texas, le 4 juillet 2025. Les neuf accusés condamnés sont Savannah Batten, Daniel Rolando Sanchez Estrada, Zacjaru Evetts, Autumn Hill, Megan Morris, Maricela Rudea, Benjamin Song, Elizabeth Soto et Innes Soto. Sept autres personnes, Seth Sikes, Nathan Baumann, Joy Gibson, Susan Kent, Rebecca Morgan, Lynette Sharp et John Thomas, ont plaidé coupables l’année dernière d’un chef d’accusation de soutien matériel à des terroristes.

Ce procès n’était rien d’autre qu’un simulacre de justice. L’accusation s’est appuyée uniquement sur une propagande partiale pour monter son dossier, en s’appuyant sur des témoins incapables de vérifier ce qui s’était réellement passé et en ressassant les arguments effrayants d’une prétendue structure cellulaire organisée et imaginaire de l’« Antifa ». C’est une allégation que tant l’accusation que l’administration Trump n’ont cessé de clamer haut et fort, bien qu’elle soit dénuée de tout fondement dans la réalité.

Cette fausse allégation a été démolie par la défense et par les accusés eux-mêmes, qui ont ouvertement réfuté toute suggestion d’appartenance à des cellules ou à « Antifa ». Lynette Sharp a clairement déclaré à la barre que le groupe d’étude dont ils faisaient partie n’était pas un groupe de recrutement pour « Antifa » et n’avait aucun lien avec une telle organisation. Ce simple fait devrait suffire à montrer que le seul but de ce procès n’était pas la justice ou l’équité, mais de faire un exemple des militants qui osent critiquer et s’organiser en solidarité contre l’enlèvement et le meurtre d’immigrés.

Ces procès montés de toutes pièces font partie de l’appareil répressif de l’État visant à protéger le règne oppressif de la classe capitaliste milliardaire et son système de profit. Cette classe est prête à violer les garanties procédurales, à ignorer le droit à un procès équitable et à utiliser les tribunaux comme des armes contre quiconque refuse de se taire face à l’injustice.

Ce n’est pas une anomalie ; c’est le fonctionnement quotidien des tribunaux et des systèmes pénitentiaires dans tous les pays capitalistes, y compris aux États-Unis. Le capitalisme a besoin d’un monopole de la violence pour se maintenir, ce qui signifie emprisonner les gens pour s’être organisés et pour avoir refusé d’être exploités plus longtemps.

Ce procès est loin d’être le seul exemple. L’histoire regorge de moments où la classe dirigeante a fait passer en force des personnes devant les tribunaux pour avoir osé résister. Charles Turner Torrey a été pris pour cible par l’État dans les années 1840 pour son travail au sein du mouvement abolitionniste contre l’esclavage. Mumia Abu-Jamal est un prisonnier politique depuis plus de 44 ans. À l’instar de Torrey et des accusés de Prairieland, Abu-Jamal a été condamné à la peine de mort puis finalement à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle lors de sa condamnation en 1982 pour le meurtre présumé d’un policier de Philadelphie, alors même que les preuves indiquaient le contraire.

Alors, que va-t-il advenir des neuf ? Le peuple montre déjà que la lutte n’est pas terminée, avec des organisations comme le Prairieland Defense Committee et le Fire Ant Movement qui continuent de se mobiliser pour la libération des neuf. Malgré le verdict et la condamnation des camarades prévue pour le 18 juin, le travail ne s’arrêtera pas.

Le mouvement doit se poursuivre, non seulement pour les neuf, mais pour tous les prisonniers politiques détenus par ce gouvernement réactionnaire et fasciste. La seule voie à suivre est de continuer à construire une avant-garde de la classe ouvrière. Ce n’est qu’à travers ce processus que nous pourrons libérer ces militants héroïques, démanteler les structures qui les ont emprisonnés et jeter les bases d’un véritable gouvernement populaire. La lutte continue !

workers.org

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