Le matin du 30 septembre 1942, s’adressant au Reichstag, Hitler déclarait solennellement : « Nous prendrons Stalingrad, ce n’est qu’une question de temps ». Nous savons tous que Stalingrad n’a pas été prise et qu’elle est devenue le symbole de la résistance.
La coalition Epstein n’est pas Hitler (elle est simplement dirigée par un pédophile et un boucher…) et l’Iran n’est pas l’URSS, mais l’arrogance de l’impérialisme et des classes dominantes est une constante. L’administration Trump et le gouvernement de l’entité sioniste ne sont pas une anomalie, mais la logique qui découle de la crise de l’impérialisme ; ils sont le produit des quarante dernières années. Cette arrogance se brise contre l’axe de la résistance
L’Iran impose ses 10 points et les États-Unis les acceptent : l’initiative dans cette guerre est désormais entre les mains de Téhéran. La guerre contre l’Iran n’est pas terminée, mais ce n’est plus Washington qui dicte le cap. Selon le communiqué officiel du gouvernement iranien, les États-Unis ont accepté le plan en 10 points proposé par Téhéran, une défaite indéniable pour l’empire qui rêvait de renverser la République islamique. Le sang du martyr l’imam Khamenei, le leadership de son successeur, l’ayatollah Sayyid Mojtaba Khamenei, et le courage des combattants de l’islam et du peuple iranien ont réalisé l’impensable : que la coalition Epstein soit contrainte de se plier à la volonté de l’Axe de la Résistance. La liste des points acceptés par les États-Unis est claire et incisive :
1. La non-agression.
2. Le maintien du contrôle de l’Iran sur le détroit d’Ormuz.
3. L’acceptation de l’enrichissement nucléaire iranien.
4. La levée de toutes les sanctions primaires et secondaires.
5. La fin de toutes les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et du Conseil des gouverneurs de l’AIEA.
6. Le versement d’indemnités à l’Iran.
7. Le retrait des forces combattantes américaines de la région.
8. La cessation de la guerre sur tous les fronts, y compris celle contre l’héroïque Résistance islamique au Liban.
9. La destruction quasi totale de l’appareil militaire américain dans la région, selon l’Iran, qui a déjà atteint tous les objectifs de cette bataille combinée.
10. La reconnaissance du fait que l’ennemi, à peine 10 jours après le début de la guerre, a compris qu’il n’avait aucune chance de victoire et a commencé à chercher des voies pour demander un cessez-le-feu.
Ce n’est pas la fin de la guerre. Les détails doivent encore être définis, et Téhéran exige de la persévérance et de l’unité jusqu’à ce que toutes les conditions soient concrétisées. Mais l’avantage est iranien, et il est énorme. Alors que Washington digère son humiliation, l’Iran a réussi à faire en sorte que le détroit d’Ormuz reste sous son contrôle, que son programme nucléaire soit reconnu, que les sanctions tombent et que les troupes américaines se préparent à quitter la région. L’ennemi, qui rêvait au départ de piller les richesses de l’Iran, est aujourd’hui en état de collapse et de désespoir, sans autre choix que de se rendre à la volonté et à la détermination du peuple iranien et de l’Axe de la Résistance.
Les raisons de la guerre menée en Iran par la coalition Epstein sont multiples ; elles mêlent des enjeux économiques, sociaux et politiques, mais l’élément central est la volonté de soumettre l’Iran et sa population aux mécanismes parasitaires de l’impérialisme. La victoire de l’Iran n’est pas seulement militaire, mais surtout politique ; elle a montré au monde la possibilité de résister et de « vaincre » les armées les plus puissantes du monde. Elle est déjà un symbole pour toutes les nations et tous les peuples qui ne se soumettent pas à l’impérialisme. Cela ne concerne pas seulement les communautés musulmanes chiites, mais ce sentiment touche puissamment tous les mouvements qui résistent et luttent sincèrement. La gauche palestinienne, aux côtés de toutes les organisations de la résistance palestinienne, a immédiatement manifesté sa solidarité avec l’Iran… mettant dans l’embarras les théoriciens du « ni-ni », de la prétendue lutte inter-impérialiste, et tous ceux qui sont solidaires de la Palestine, mais qui s’irritent lorsque les victimes s’organisent et résistent les armes à la main. Les propos du président du Burkina Faso, Traoré, contre les ONG et leur rôle néfaste constituent un manifeste pour la résistance contre la gauche libérale occidentale.…
Dans de nombreux pays du Moyen-Orient, la résistance iranienne a donné visibilité aux mouvements de protestation, qui ont commencé à remettre en cause les élites arabo-musulmanes liées à l’impérialisme. La guerre en Iran a montré à quel point tous les gouvernements des pays arabes sont soumis à la logique de l’impérialisme, du Maghreb à la péninsule arabique.
Dans les métropoles impérialistes, et surtout en France, la guerre en Iran n’a trouvé une empathie spontanée et directe que dans les milieux populaires : résister, c’est lutter, c’est disposer de capacités politico-militaires directes…Il existe une intelligence et un sens pratique populaires bien plus solides que les dissertations variopintes des sociologues et des politiciens de la gauche occidentale… Mais cela ne s’est pas transformé en un processus de libération et d’organisation. Le rôle de la gauche et des élites arabo-musulmanes (dans les pays arabes, comme dans les métropoles impérialistes) a beaucoup pesé, celles-ci ayant toujours opposé à l’Iran, en utilisant des discours impérialistes et complotistes. Les voix qui défendaient la légitimité de la résistance ou qui exprimaient simplement leur refus de la guerre contre l’Iran ont été criminalisées. Il suffit de penser à la difficulté de brandir le drapeau d’une nation sous le feu des bombardements impérialistes… La capacité de l’Iran à résister ne concerne pas seulement les peuples du Sud, mais aussi les masses populaires et le prolétariat au cœur même de la métropole impérialiste. Aujourd’hui, les masses iraniennes, la nation iranienne, ont montré au monde que l’impérialisme n’est pas invincible, que ses super-armes, sa propagande, sa terreur, peuvent être vaincues. Cette démonstration de force et de dignité nous aide, car elle ébranle l’invincibilité de l’impérialisme. La gauche populaire et prolétarienne doit savoir tirer parti de tout cela, elle doit être capable de voir dans les défaites de la coalition Epstein un moment de recomposition pour la classe et pour les forces de la résistance.
