De la réinvention du leadership féminin noir

Le continent africain a toujours trouvé sa popularité dans la rareté de son héritage et de ses archives, dans la particularité de sa culture, mais surtout pour les hommes braves qu’il a eu à offrir au monde au cours de son existence. Et parmi ces Hommes à la spécificité aussi rare que leurs caractéristiques, la Femme Noire se dresse au sommet de cette pyramide comme une lumière, une force incontournable dans la grandeur du continent. Le but de cet article est de montrer comment le leadership féminin noir a transcendé les générations jusqu’à nos jours. L’article va également apprendre aux femmes noires à réutiliser leur force pour bâtir sur les modèles passés.

1. La Femme Noire dans la société ancestrale.

Dans la société ancestrale, la femme était une force incontournable d’un développement durable. Cette force féminine passait par sa prise de décision revêtue sous différents rôles qui allaient de reines à mères de foyer, en passant par des prêtresses et des économes. Ces sociétés inclusives reconnaissaient l’importance de tout un chacun dans la société, et savaient aussi que la femme est le moteur principal de cette inclusion sociétale ; ce qui fait que l’Afrique ancestrale se soit forgée en une société non pas discriminatoire, mais inclusive avec comme objectif de maintenir l’harmonie sociale pour l’intérêt commun, avec des hommes qui ont bâti non seulement avec leurs idées, mais avec leur cœur et l’amour pour leur communauté.

2. La femme pendant la colonisation

Cependant, ce système inclusive et matrilinéaire était trop dangereux pour être souverain aux yeux de la colonisation. La perte de ce système a non seulement conduit à la perte des racines africaines mais aussi à la dévalorisation de la femme non seulement par le colon mais par les Africains aussi.

Par la colonisation, la femme noire n’était plus ni lumière, ni force ; elle est passée de Reine à servante, et de la première de l’échelle sociétaire à la moins considérée de l’échelle. On retiendra que non seulement la colonisation a déraciné l’Africain mais a déstabilisé le cours de tout son environnement.

Durant la période coloniale, nous avons eu deux types de guerrières africaines, d’un côté celles qui se sont battues pour empêcher la pénétration et l’expansion du pouvoir colonial et de l’autre côté celles qui se sont battues pour libérer la communauté noire de la colonisation qui la maintenait en esclavage.

3. Les femmes contre la pénétration et l’expansion du pouvoir colonial

Comme nous le savons déjà, l’Afrique ancestrale s’est érigée en une société dans laquelle la lumière féminine était impérative pour son développement. L’arrivée des idéaux colonialistes et impérialistes combattait non seulement ce concept mais aussi ce leadership féminin.

Pour protéger les sociétés africaines, les femmes se sont battues jusqu’au bout pour la souveraineté de leur peuple, chacune dans son domaine de force ; nous pouvons citer :

  • Yaa Asantewa qui s’est battu jusqu’à être exilé et a continué de lutter même pendant son exil.

  • Kimpa Vita a mené un combat remarquable contre l’expansion des idées idéalistes fausses des missionnaires portugais au Congo, le combat de Kimpa Vita nous a encore une fois prouvé non seulement que le premier but colonial était de déraciner d’abord l’Africain pour qu’il perde ses repères, mais aussi Kimpa Vita nous a montré que les combats les plus durs ne sont pas ceux que l’on mène avec des armes, mais ceux contre l’esprit.

  • la Reine Nzinga qui a mené un combat lourd de sens avec son peuple pour la souveraineté de son peuple.

  • la Reine Nanny qui dans sa condition d’esclavage, n’en a jamais fait un point clé de sa personne, mais s’est servi des enseignements transmis dans sa culture Dahomey pour libérer les Noirs esclavagisés en Jamaïque.

4. Les femmes noires pour l’indépendance de l’Afrique et la souveraineté de la communauté noire

Malgré le long temps qu’a duré la colonisation, ce temps n’a jamais été suffisamment long pour effacer le sens de la souveraineté, du leadership, ou encore de la liberté des veines africaines. Malgré les longues souffrances que l’Afrique a subies, elle s’est relevée encore et encore guidé par la lumière de ses ancêtres et unis pour un seul combat « L’INDEPENDANCE », et là encore une fois sur ce long chemin, les femmes noires ont marqué l’histoire, par leur force de réflexion et d’action. Que ce soit : 

  • Andrée Blouin qui a laissé une empreinte historique dans l’indépendance de la République démocratique du Congo et de la Guinée Conakry

  • Titina Silas qui aura combattu jusqu’à la mort avec Amilcar Cabral pour la souveraineté de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert

  • Josina Machel, qui dans ses luttes avec le FRELIMO ont apporté l’indépendance à la Mozambique.

5. La femme noire après la colonisation

Les luttes noires ne se sont pas arrêtées avec l’indépendance de l’Afrique. Malgré les indépendances obtenues, les luttes africaines ne sont pas arrêtées ; au contraire, c’est là qu’elles se sont plus accentuées, car il ne s’agissait plus de lutter avec les armes pour l’indépendance, mais de lutter contre les perceptions discriminatoires d’infériorité, de supériorité, implantées par la colonisation.

Comme les autres luttes, les femmes ont porté ce combat à cœur et ont su faire de lui un combat qui s’est transmis de génération en génération.

Des femmes comme : 

  • Assata Shakur dans ses multiples actions avec le Black Panther Party et la Black Liberation Army, 

  • ou encore Soujourner Truth luttant pour la considération et la valorisation de la femme noire,

  • Winnie Madikizela dans ses luttes contre l’Apartheid ; elles ont prouvé encore une fois que la force féminine n’est pas une histoire du passé mais d’actualité.

6. La femme noire dans la modernisation

Avec la colonisation, différents concepts ont vu le jour et se sont matérialisés pour prendre plus d’ampleur, des concepts comme le racisme, le sexisme et bien d’autres encore. Dénigrer la femme était une pratique extérieure à l’Afrique, malheureusement on ne peut pas en dire de même de nos jours et plus décevant encore cette pratique n’est pas remarquable qu’aux homme noires qui prennent du plaisir dans ses actions patriarcales mais aussi aux femmes qui n’hésitent pas à cracher sur les autres juste parce qu’elles ne répondent pas aux critères patriarcaux misogynes.

La discrimination féminine, un concept rapporté en Afrique par le biais de son ouverture au monde extérieur, la colonisation, s’est matérialisée en Afrique dans plusieurs secteurs sociétaux et aussi de plusieurs façons, de sorte qu’aujourd’hui certains natifs africains croient que la discrimination féminine a toujours été le quotidien africain. Ces pratiques ont été installées dans : 

  • La coutume (raison pour laquelle l’on trouve dans certaines coutumes africaines des pratiques totalement patriarcales et sexistes)

  • Éducation, le secteur éducatif n’étant réservé qu’aux hommes

  • Économie : économiquement, ces pratiques se sont traduis par le mariage des femmes pour financer des besoins économiques familiales

  • Morale : moralement, c’est devenu monnaie courante de dénigrer la femme dans les sociétés africaines, on ne la voit que pour répondre aux besoins des autres. Lorsqu’elle parle, on dit d’elle qu’elle piétine les valeurs traditionnelles. C’est comme inévitables de voir dans les sociétés modernes pas qu’uniquement africaines de considérer la femme comme un objet que l’on peut s’offrir tout dépend de son compte en banque et ces idées ne sont pas que masculines, mais féminines aussi.

Ainsi, la boucle de la dévalorisation de la femme par la société et par elle-même s’est créée, bien que des courants comme le féminisme soient apparus, il est essentiel de signaler qu’il ne règle pas toujours le problème lié au sexisme. Et avec la modernité, l’on a ouvert la porte à une chosification volontaire de la femme, considérant la femme comme un être inférieur et pour la femme noire, ça a été une porte d’ouverture vers sa déracination la plus profonde, on renie notre identité pour être acceptée dans un système qui a été conçu en nous déconsidérant, et au final, l’on se retrouve à quémander pour une chaise alors que toute la salle nous est dédiée.

En tant que femmes noires, nous devons comprendre que dans notre généalogie, nous avons été faites non pas pour nous camoufler dans des normes ou systèmes sociétaires pour plaire, mais pour porter notre héritage culturel en bâtissant et en élevant cette force qui nous a été transmise depuis la nuit des temps.

Pas plus tard qu’hier 24 janvier l’on célébrait la journée mondiale de l’éducation, et en cette journée, j’ai repensé à cette citation de Assata Shakur qui dit « Personne ne vous donnera l’éducation dont vous avez besoin pour vous libérer » en réécoutant Nelson Mandela qui dit aussi que l’éducation est une arme, j’aimerais finir en disant qu’en tant que femme noire notre lumière ne pourra briller plus, que lorsque nous serons capables d’imprégner notre leadership de la lumière de celles avant nous qui ont compris le nécessite de la liberté de la communauté ; notre leadership pourra être vraiment opérationnel que lorsqu’en tant que femme noire, nous aurons décidé de lutter non pas pour dénoncer uniquement ou pour être une référence féminine dans le système patriarcal, mais pour abattre ce système qui nous oppresse.

mayionarevolutionaryjourney.com

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