Journée internationale des prisonniers politiques – Garikoitz Etxeberria, Jon Kepa Preciado, Patxi Ruiz et Mikel Sansebastián

Oppression et barbarie L’oppression et la barbarie comptent parmi les principaux éléments qui assurent la survie du capital ; on les retrouve partout dans le monde et elles ont de graves répercussions sur des millions de personnes. Aujourd’hui, Journée internationale des prisonniers politiques, jour dédié aux militants politiques emprisonnés pour avoir lutté en faveur des droits politiques et civils de la classe ouvrière et des nations opprimées à travers le monde, nous voulons dénoncer la violence que les États soumis au capitalisme infligent systématiquement aux combattants incarcérés.

Parmi les cas les plus sanglants, citons celui de la Palestine : avec le soutien des États-Unis et la collaboration des États occidentaux, le sionisme torture dans les prisons des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants qu’il n’a pas réussi à tuer.

En Irlande, les violations des droits des prisonniers politiques sont toujours d’actualité. Entre autres, lorsque les Britanniques en ont besoin, ils modifient la loi pour restreindre la liberté des prisonniers républicains.

En Turquie, certains prisonniers communistes sont en grève de la faim depuis plus de 200 jours pour dénoncer les conditions terribles dans lesquelles ils vivent dans les prisons dites « funéraires ».

Le prisonnier politique condamné à perpétuité Pramod Mishra est en grève de la faim depuis janvier en Inde en raison des mauvaises conditions de vie dont souffrent les militants politiques en captivité.

Au Sahara, tout comme en Palestine, l’offensive contre l’ensemble du peuple se fait également sentir dans les prisons. Les prisonniers politiques sahraouis luttent depuis des décennies avec dignité contre la répression marocaine.

La répression et l’injustice dont souffrent les prisonniers politiques antifascistes en Ukraine sont totalement passées sous silence.

En Jordanie, en mars dernier, Dahan Al-Amoush, un ingénieur jordanien, est mort en prison des suites de la grève de la faim qu’il menait. Dahan Al-Amoush a été emprisonné pour avoir manifesté sa solidarité avec le peuple palestinien sur les réseaux sociaux. Il a dénoncé avoir été torturé. C’est précisément pour dénoncer cette situation qu’il s’est engagé dans un combat.

Mumia Abu-Jamal est détenu aux États-Unis depuis 1981 ; c’est le prisonnier politique qui a passé le plus de temps en prison au monde. Sur ces 45 années, il en a passé 29 dans le « couloir de la mort » et est actuellement condamné à la prison à vie. Il n’est pas étonnant que cela se produise au cœur du Capital.

La violence en Équateur contre la militante révolutionnaire Gabriela Gallardo ne cesse pas. Gabriela a une tumeur au cerveau, c’est pourquoi elle a été libérée. Mais elle a ensuite été à nouveau incarcérée bien que son état de santé n’ait pas changé. Actuellement, elle ne reçoit aucun traitement en prison pour sa maladie.

Depuis longtemps, un autre cas d’injustice se déroule au Paraguay, celui de la prisonnière politique communiste Carmen Villalba. Carmen est gravement malade et maintenue en isolement, ce qui est encore plus préjudiciable à sa santé. Francisca Andino et Laura Villalba, sœur de Carmen, sont également détenues en isolement.

Les souffrances continues de ces militantes depuis des années ont un impact considérable sur leur santé. Le chantage exercé sur les militants atteints de maladies mentales et physiques graves est un pilier de la politique menée contre les victimes de représailles politiques. Cette année, en Espagne, le cas de la militante antifasciste María José Baños Andujar en est un exemple flagrant.

Nous ne verrons jamais dans les médias la violence structurelle qui règne dans les prisons ; les personnes qui perdent la vie entre ces murs ne recevront aucune reconnaissance institutionnelle. Les États qui se déclarent démocratiques permettent la répression et la vulnérabilité dans les prisons pour servir leurs intérêts, ce qui est encore plus flagrant dans le cas des prisonniers politiques.

Nous n’avons mentionné ici que quelques cas, mais à travers le monde, les conflits et les attaques répressives abondent, tout comme les différentes formes de résistance et de lutte contre celles-ci. C’est de ces réponses que nous, les prisonniers politiques, tirons notre force. Bien que les situations puissent varier considérablement d’un endroit à l’autre, nous partageons tous la même détermination : outre le fait de rester fidèles à ce que nous revendiquions dans la rue, nous luttons pour des conditions de vie dignes à l’intérieur tout en réclamant l’amnistie totale.

La prison étant notre champ de lutte, nous restons fidèles à nos idées et à nos principes, dans le but de surmonter les situations d’exception, la politique de vengeance et la violence que nous subissons de la part des oppresseurs. Sur ce chemin, nous ne sommes pas seuls, et les organisations de rue, les réseaux de solidarité et les militants nous aident à faire face à cette machine de répression, ainsi qu’à faire entendre notre voix. Nous souhaitons mettre en avant le travail et l’engagement de tous les militants qui se trouvent aujourd’hui de l’autre côté du mur, car grâce à eux, nos contributions, nos revendications et nos communiqués sur la situation traversent le monde, et nos luttes ont besoin de leur générosité pour être efficaces.

Pour finir, une étreinte chaleureuse depuis Euskal Herria à tous les prisonniers politiques révolutionnaires qui continuent de résister partout dans le monde. Précisément à ces militants qui, sans céder, apportent leur contribution pour changer le monde en affrontant chaque jour avec dignité les politiques répressives.

Tous les prisonniers politiques révolutionnaires du monde dans la rue !

Amnistie totale !

Prisonniers politiques basques

Garikoitz Etxeberria, Jon Kepa Preciado, Patxi Ruiz et Mikel Sansebastián.

Euskadi

haizeagorriak.wordpress.com

Aller à la barre d’outils