la répression contre les communistes – Kenya

APPEL À L’ACTION INTERNATIONAL ET POINT SUR LA SITUATION JUDICIAIRE : LA PROCÉDURE DE MAVOKO ET L’OFFENSIVE POLITIQUE CONTINUE DE L’ÉTAT NÉOCOLONIAL KÉNIAN CONTRE LE CPMK. LE CAMARADE BOOKER OMOLE N’EST PAS UN CRIMINEL : C’EST UN DIRIGEANT POLITIQUE VICTIME D’UNE POURSUITE POLITIQUE…

La Ligue des avocats marxistes (MLL), branche juridique du Parti communiste marxiste du Kenya (CPMK), publie ce communiqué urgent à l’intention du mouvement international de la classe ouvrière, des partis communistes et ouvriers frères, des organisations anti-impérialistes, des avocats progressistes, des forces démocratiques et des défenseurs des droits de l’homme à travers le monde.

La lutte politique au Kenya est entrée dans une phase critique.

La poursuite de la procédure devant le tribunal de Mavoko concernant le camarade Booker Omole, secrétaire général du Parti communiste marxiste du Kenya, soulève de sérieuses questions quant à la conduite de l’enquête, au traitement des pièces à conviction présumées et des biens personnels, à la crédibilité de certains éléments du dossier de l’accusation, ainsi qu’au lien entre le pouvoir d’État et la criminalisation de l’activité politique révolutionnaire.

Le camarade Booker Omole n’est pas un criminel.

C’est un communiste.

C’est un organisateur politique.

Il est secrétaire général du Parti communiste marxiste du Kenya.

Ses convictions politiques ne constituent pas une preuve de criminalité.

La Ligue des avocats marxistes soutient que les poursuites engagées contre le camarade Omole doivent être replacées dans le contexte politique plus large où les forces révolutionnaires et progressistes du Kenya sont de plus en plus confrontées à l’intimidation, à la surveillance, aux arrestations, au harcèlement judiciaire et aux tentatives visant à restreindre l’organisation politique.

La prochaine audience est prévue le 16 octobre 2026 au tribunal de Mavoko, date à laquelle le procès devrait se poursuivre.

Le mouvement international de la classe ouvrière doit donc rester vigilant.

Cette affaire ne doit pas se perdre dans les rouages d’une procédure pénale de routine.

L’ENQUÊTE CONTESTÉE ET LA QUESTION DES PREUVES

La procédure a soulevé de sérieuses questions concernant la saisie, l’enregistrement, la conservation et la production ultérieure des biens qui auraient été récupérés lors de l’arrestation du camarade Booker Omole et de ses coaccusés.

Le 11 mai 2026, la défense a déposé une requête visant à obtenir la restitution des effets personnels qui auraient été saisis lors de l’arrestation, notamment 319 000 KShs, un passeport, des lunettes de vue, un iPhone 12 et un chargeur d’iPhone.

La défense a soutenu que ces objets n’étaient pas accompagnés d’un procès-verbal de saisie en bonne et due forme au moment de la saisie.

L’officier chargé de l’enquête, le caporal Edwin Munene, a par la suite produit un procès-verbal faisant état de la saisie présumée de 10 rouleaux de bhang, d’un pistolet Glock, de 23 cartouches de 9 mm, d’une douille vide et de 311 000 shillings kényans.

La défense a contesté le contenu et les circonstances entourant cet état des lieux.

La divergence concernant la somme d’argent présumée, ainsi que les questions relatives à l’enregistrement et à la détention prolongée des effets personnels, nécessitent un examen judiciaire minutieux.

Le 13 juin 2026, la magistrate en chef, l’honorable Barbara Ojoo, a rejeté la demande de restitution des biens à ce stade préliminaire et a ordonné que les objets litigieux restent sous la garde de la police en tant que pièces à conviction. Le tribunal a indiqué que les versions contradictoires concernant ces biens seraient vérifiées au cours du procès par le biais de l’interrogatoire et du contre-interrogatoire des témoins.

Cette distinction est importante.

La Ligue des avocats marxistes ne demande pas au mouvement international de substituer une affirmation politique à un examen judiciaire.

Nous exigeons le contraire.

Nous exigeons que les preuves soient examinées de manière exhaustive.

Nous exigeons que chaque pièce à conviction présumée fasse l’objet d’une chaîne de conservation vérifiable.

Nous exigeons une documentation en bonne et due forme.

Nous exigeons la responsabilité.

Et nous exigeons qu’aucune institution publique ne soit autorisée à se retrancher derrière l’autorité de l’État lorsque de sérieuses questions concernant le traitement des preuves ont été soulevées.

QUESTIONS CONCERNANT LA RESPONSABILITÉ DE LA POLICE

La procédure a également soulevé des questions concernant la conduite des hauts responsables de la police impliqués dans l’enquête.

Le commandant du commissariat de Mlolongo, M. Peter Mugambi, a été cité à comparaître par le tribunal au sujet de la rétention prolongée des biens du camarade Omole et de problèmes survenus au cours de la procédure.

La défense a par la suite fait part de ses préoccupations quant à son non-respect de la citation à comparaître, l’avocat Kioi demandant que l’autorité du tribunal soit respectée.

Ces développements revêtent un intérêt public majeur.

Un État de droit ne peut exiger des citoyens qu’ils obéissent à l’autorité judiciaire alors que des fonctionnaires publics font fi des procédures légales de ces mêmes tribunaux.

La question dépasse donc le simple comportement d’un agent de police.

Elle concerne le principe selon lequel toute institution exerçant un pouvoir coercitif doit rester soumise à la loi.

La Ligue des avocats marxistes réclame un examen complet et impartial de la conduite de tous les fonctionnaires impliqués dans l’enquête et le traitement de cette affaire.

LA RÉCUSATION DE LA MAGISTRATE PRÉSIDANT L’AUDIENCE

Au cours de la procédure, l’honorable magistrate M. Nanzushi, S.P.M., s’est déclarée en situation de conflit d’intérêts et s’est récusée de l’affaire.

La Ligue des avocats marxistes n’attribue aucun motif à la Cour.

La récusation judiciaire est une question régie par des principes judiciaires et doit être comprise dans son cadre juridique approprié.

Toutefois, cette évolution souligne l’importance de veiller à ce que la procédure se poursuive devant un tribunal capable d’exercer son autorité en toute indépendance, sans ingérence réelle ou perçue.

La crédibilité de la procédure judiciaire repose sur la confiance du public dans la capacité de la Cour à examiner les allégations concernant la conduite de la police, les éléments de preuve contestés et les témoignages de l’accusation, sans crainte ni favoritisme.

La communauté internationale devrait donc suivre de près la procédure.

Non pas pour dicter à la Cour la manière de statuer sur cette affaire.

Mais parce qu’il faut que la justice soit rendue au vu et au su de tous.

LE RETRAIT D’UN TÉMOIN CLÉ DE L’ACCUSATION

Des procédures antérieures avaient également amené devant la Cour une déclaration sous serment de retrait concernant le témoin de l’accusation Andrew Amoth.

Les circonstances entourant cette déclaration, ainsi que les allégations soulevées par la défense concernant la conduite de l’officier chargé de l’enquête et d’autres responsables de police, ont soulevé de sérieuses questions quant à la manière dont certains éléments du dossier de l’accusation ont été constitués.

Le plaignant initial a également demandé à se retirer de la procédure.

Ces développements ne permettent pas, à eux seuls, d’établir la culpabilité ou l’innocence d’un accusé.

Ils rendent toutefois indispensable un examen judiciaire rigoureux des preuves.

Il incombe à l’État de prouver le bien-fondé de ses accusations au moyen de preuves recevables et crédibles.

Les discours politiques ne peuvent se substituer aux preuves.

Les allégations de la police ne peuvent se substituer aux preuves.

Les relations publiques ne peuvent se substituer aux preuves.

Une condamnation pénale doit reposer sur des preuves vérifiées conformément à la loi.

L’ATTAQUE GÉNÉRALE CONTRE LA CLASSE OUVRIÈRE

La procédure Mavoko ne peut être dissociée du contexte politique plus large au Kenya.

Les travailleurs, les paysans, les jeunes chômeurs, les étudiants, les intellectuels progressistes et les organisations démocratiques kényans continuent de faire face à l’exploitation, à la dépossession foncière, au chômage, à la corruption, aux brutalités policières, à la domination impérialiste et à la concentration du pouvoir économique entre les mains d’une classe dirigeante restreinte et de ses alliés.

Le Parti communiste marxiste du Kenya s’est organisé autour de ces questions.

Il s’est efforcé de développer la conscience politique, l’organisation et le pouvoir indépendant de la classe ouvrière et des masses opprimées.

Il a ouvertement plaidé en faveur d’une transformation sociale.

Ce programme politique ne peut en soi constituer une infraction pénale.

La criminalisation de la politique révolutionnaire n’est pas un débat politique.

Le harcèlement des organisations politiques n’est pas de la démocratie.

L’intimidation des dirigeants politiques n’est pas du constitutionnalisme.

Et le recours à des poursuites pénales pour isoler les organisateurs politiques ne doit jamais devenir une arme contre la classe ouvrière organisée.

La lutte autour de la procédure judiciaire contre Mavoko est donc également une lutte pour l’espace politique dont dispose la classe ouvrière.

LA DIMENSION INTERNATIONALE

La classe ouvrière internationale doit comprendre que la répression ne se manifeste pas toujours sous la forme d’un coup d’État militaire ou d’une dictature ouvertement déclarée.

Dans l’État néocolonial contemporain, la répression peut également s’exercer par le biais d’enquêtes policières, de poursuites sélectives, de la surveillance, du harcèlement judiciaire et de la construction de récits criminels autour de l’activité politique.

La classe ouvrière kenyane a déjà connu de telles méthodes.

Le danger ne réside pas seulement dans ce qui arrive à un dirigeant communiste.

Le danger réside dans la normalisation du principe selon lequel l’organisation révolutionnaire peut être transformée en criminalité par l’appareil d’État.

C’est pourquoi la solidarité internationale est essentielle.

Lorsqu’un communiste est persécuté pour ses activités politiques, le mouvement communiste international doit s’interroger sur les conditions politiques qui ont rendu cette persécution possible.

Lorsque les preuves sont contestées, les camarades doivent exiger la transparence.

Lorsque le comportement de la police est remis en cause, les camarades doivent exiger des comptes.

Lorsque l’organisation politique est criminalisée, les camarades doivent défendre les droits démocratiques de la classe ouvrière.

APPEL INTERNATIONAL À L’ACTION

La Ligue des avocats marxistes, en tant que branche juridique du Parti communiste marxiste du Kenya, appelle les partis communistes et ouvriers, les organisations socialistes, les syndicats, les mouvements anti-impérialistes, les avocats progressistes, les défenseurs des droits de l’homme, les organisations démocratiques et les réseaux de solidarité internationale à :

1. Exiger un processus judiciaire transparent, impartial et équitable dans le cadre de la procédure engagée contre le camarade Booker Omole et ses coaccusés.

2. Suivre le déroulement de la procédure au tribunal de Mavoko et rendre publics les développements importants.

3. Exiger une transparence totale concernant la saisie, l’enregistrement, la conservation et la production de toutes les pièces à conviction présumées et des biens personnels.

4. Exiger la restitution des biens personnels lorsqu’il n’existe aucun fondement légal justifiant leur détention prolongée.

5. Demander un examen indépendant des allégations concernant le comportement de la police et les irrégularités dans l’enquête.

6. Exiger que l’accusation étaye ses allégations à l’aide de preuves crédibles, recevables et dûment vérifiées.

7. Défendre les droits constitutionnels du CPMK et des autres organisations politiques à s’organiser, à se réunir, à éduquer, à mobiliser et à militer en faveur d’une transformation sociale sans intimidation ni criminalisation.

8. Dénoncer le phénomène plus large de répression politique et de criminalisation de la dissidence au Kenya.

9. Porter l’affaire Mavoko devant les instances internationales communistes, syndicales, juridiques et de défense des droits de l’homme.

10. Veiller à ce que le cas du camarade Booker Omole reste sous le regard critique de la communauté démocratique internationale jusqu’à la fin de la procédure judiciaire.

16 OCTOBRE 2026 : LE PROCHAIN FRONT POLITIQUE ET JURIDIQUE

La prochaine audience est prévue le 16 octobre 2026 au tribunal de Mavoko, date à laquelle le procès devrait se poursuivre.

La Ligue des avocats marxistes appelle les camarades et les forces démocratiques du monde entier à marquer cette date et à suivre le déroulement de la procédure.

Nous appelons les partis communistes frères à soulever cette affaire dans leurs propres pays.

Nous appelons les avocats progressistes à examiner les questions juridiques soulevées par cette procédure.

Nous appelons les syndicats et les organisations de travailleurs à défendre le droit à l’organisation politique.

Nous appelons les mouvements anti-impérialistes à mettre en lumière le contexte politique entourant ces poursuites.

Et nous appelons toutes les forces démocratiques à exiger que l’État kenyan reste soumis à la loi.

LE CAMARADE BOOKER OMOLE N’EST PAS UN CRIMINEL

Le camarade Booker Omole n’est pas un criminel parce qu’il est communiste.

Il n’est pas un criminel parce qu’il organise les travailleurs.

Il n’est pas un criminel parce qu’il éduque les masses.

Il n’est pas un criminel parce qu’il s’oppose à la domination impérialiste.

Il n’est pas un criminel parce qu’il prône un ordre social différent.

Les convictions politiques ne constituent pas une preuve de criminalité.

La classe ouvrière kenyane et les masses opprimées ont le droit de s’organiser pour une société différente.

Elles ont le droit de lutter contre l’exploitation.

Elles ont le droit de s’opposer à la domination impérialiste.

Elles ont le droit d’exiger la terre, la justice, la dignité et la propriété sociale des richesses produites par leur travail.

Aucune poursuite pénale ne peut effacer ces enjeux politiques.

Aucun dossier de police ne peut emprisonner une idée.

Aucune mesure administrative ne peut anéantir un programme politique.

Aucune procédure judiciaire ne peut anéantir les aspirations d’un peuple organisé.

La Ligue des avocats marxistes, branche juridique du Parti communiste marxiste du Kenya, continuera à suivre la procédure judiciaire concernant Mavoko, à documenter son évolution et à défendre l’État de droit ainsi que les droits constitutionnels du camarade Booker Omole, du Parti communiste marxiste du Kenya et de tous ceux qui sont victimes de répression politique.

La lutte continue.

La vérité doit être établie par des preuves.

La justice doit prévaloir sur l’intimidation politique.

Les droits démocratiques de la classe ouvrière doivent être défendus.

LIGUE DES AVOCATS MARXISTES

BRANCHE JURIDIQUE DU PARTI COMMUNISTE MARXISTE DU KENYA (CPMK)

24 août 2026

cpmk.org

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