Les femmes révolutionnaires constituent un exemple éclatant dans la guerre populaire en Inde

La « rébellion de Naxalbari » figure parmi les événements marquants de l’histoire mondiale. Elle a lancé un appel vibrant à la libération parmi les peuples opprimés et exploités de l’Inde ; le « tonnerre de Naxalbari » a résonné au loin. Cette rébellion a marqué le début d’une période où le peuple a écrit sa propre histoire de libération à travers une révolution démocratique nouvelle, guidée par l’idéologie maoïste, dans un pays opprimé par l’impérialisme. Son impact a été immense dans tous les domaines : politique, économie, culture, littérature, famille et environnement. Au cours des 60 dernières années, le mouvement communiste maoïste en Inde a connu divers hauts et bas, succès et échecs. Tout au long de ce parcours, les femmes sont restées une partie indissociable de la révolution. De nombreuses révolutionnaires ont été martyrisées lors d’assassinats commandités par l’État. Depuis la fusion des deux principaux partis maoïstes indiens, le MCC et le CPI(ML)(PW), pour former le CPI (Maoist) en 2004, des centaines de femmes ont été martyrisées en seulement six ans. Beaucoup d’autres ont brandi haut le drapeau rouge de la révolution tout en endurant d’horribles tortures pendant leur captivité. Depuis 2009, lors d’opérations militaires telles que « Salwa Judum » et « Operation Green Hunt », les forces militaires et paramilitaires de l’État ont violé, mutilé, brûlé, torturé de manière inhumaine et tué de sang-froid de nombreuses femmes. Des atrocités horribles, telles que le démembrement de corps et leur jet dans des puits et des égouts, ont été commises. Parallèlement à l’oppression physique, la violence sexuelle contre les femmes a été utilisée comme une arme politique planifiée ; elle fait délibérément partie de la politique de guerre de l’État fasciste. Dans tout conflit, les ennemis du peuple ciblent principalement les femmes afin de s’emparer facilement du pouvoir. L’« Opération Kagar » ne fait pas exception. Depuis janvier 2024, plus d’une centaine de femmes révolutionnaires et autochtones ont été martyrisées au front lors de cette opération militaire en cours. L’État en a arrêté un grand nombre et les a tuées de sang-froid. Selon les rapports du CPI (maoïste), entre décembre 2024 et novembre 2025, 320 personnes ont été tuées au combat dans cette « guerre finale » appelée « Kagar », dont 117 femmes. Dans certaines actions, le nombre de guérilleras est supérieur à celui des hommes. Il convient de noter que le nombre de cadres féminins a considérablement augmenté depuis les années 1990 jusqu’à la décennie actuelle. Cela soulève une question cruciale : pourquoi les femmes rejoignent-elles le mouvement maoïste en si grand nombre malgré la terrible répression étatique à laquelle elles sont confrontées ? Qu’est-ce qui les motive ? Quel est leur espoir ? Selon les déclarations officielles, 60 % de l’effectif total du CPI (maoïste) sont des femmes, et des femmes occupent le poste de commandant en chef dans 20 des 27 divisions. La raison pour laquelle les femmes rejoignent le mouvement en si grand nombre est leur conviction que seule une révolution de nouvelle démocratie peut briser le patriarcat et le système étatique patriarcal. En conséquence, de nombreuses femmes ont rejoint la lutte de libération, laissant parfois leurs enfants à la garde d’autres personnes. Elles ont démontré que la maternité ne se limite pas à mettre au monde des enfants, mais s’étend à la protection de l’avenir de tous les enfants opprimés. Beaucoup de femmes ont poursuivi le combat même depuis la prison ; même après avoir survécu à la torture et avoir été libérées, elles retournent à la lutte. Dans le système bourgeois, les femmes sont considérées comme des marchandises. Si quelques femmes bourgeoises peuvent acquérir une autonomie individuelle, elles restent les gardiennes du patriarcat et ne représentent pas les masses de femmes opprimées. Aujourd’hui, le gouvernement fasciste hindutva de Modi mène une opération militaire effroyable pour éradiquer le maoïsme, tuant des centaines de maoïstes et d’autochtones. Les gouvernements central et des États ont déployé 850 000 policiers, les forces armées centrales, des unités de commandos, l’armée et l’armée de l’air — soutenus par des conseillers militaires américains et israéliens — contre le PLGA (Armée de guérilla de libération du peuple). Et les révolutionnaires du CPI (maoïste) poursuivent leur résistance contre les agresseurs. Les femmes maoïstes constituent un élément essentiel de cette résistance en cours. L’histoire des femmes opprimées est indissociable de la grande histoire des peuples opprimés. Sans les femmes, la victoire de toute révolution est impossible ; aucune guerre ne peut être gagnée sans elles. Dans la guerre populaire indienne, d’innombrables martyres, dont la camarade Renuka, la camarade Aruna et la camarade Raje, nous ont enseigné cette leçon. Dans un système social patriarcal où les femmes ne sont souvent même pas considérées comme des « êtres humains », elles soutiennent la moitié du ciel dans la guerre populaire en cours en Inde. La voie de la libération choisie par les femmes du mouvement maoïste indien pour établir le socialisme et le communisme est la seule voie à suivre. Nous devons, nous aussi, emprunter cette voie.

Nayaf Kahn (Pakistan)

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