Trente ans après l’entrée en scène publique de l’Ejército Popular Revolucionario (EPR) (Mexique)

Le 18 mai marque officiellement un nouvel anniversaire de la création de l’Armée populaire révolutionnaire (EPR) ; parallèlement, le 28 juin marquera le 30e anniversaire de l’entrée en scène publique de l’EPR au gué d’Aguas Blancas, dans le contexte de la lutte politique autour du premier anniversaire du massacre, survenu à cet endroit, de paysans membres de l’Organisation paysanne de la Sierra Sur (OCSS).

Le temps a passé vite et, au fil des années, de nouvelles générations de révolutionnaires se sont jointes à la lutte pour le socialisme dans notre pays ; c’est pourquoi il devient nécessaire de mener une réflexion sur ces événements, d’autant plus qu’en ces temps où le réformisme et la réaction se réjouissent dans le domaine des idées, certains nient la nécessité de la révolution, l’inutilité d’un parti révolutionnaire et, par conséquent, l’irréalisabilité d’un instrument politico-militaire qui libère les masses travailleuses de leur condition de parias au XXIe siècle.

Tout comme il existe de nouvelles générations de révolutionnaires, les rangs du parti comptent encore des forces chevronnées qui ont vécu ces événements et qui, quelles que soient les difficultés politiques ou de toute autre nature, sont restées fidèles à la cohérence et à la combativité ; elles constituent le témoignage vivant d’un militantisme forgé selon le principe du double caractère, c’est-à-dire sous une formation politico-militaire qui a permis de faire partie active des forces de la révolution et de mener une action révolutionnaire.

L’histoire de la formation de l’Armée du Peuple (EP) en tant que pilier de la révolution est un long processus qui est étroitement lié à la fondation et au développement de notre parti, car dès lors qu’il a été établi que l’Union du Peuple était une organisation politico-militaire, tous les militants possédaient ce double caractère ; par conséquent, il fallait construire des forces à la fois politiques et militaires. Nous pouvons affirmer avec certitude que la formation du pilier de l’EP constitue un long processus au sein de la lutte des classes à laquelle notre parti a participé ; un développement qui est allé de moins en plus, du simple au complexe, et de la quantité à la qualité, c’est-à-dire que le processus a été dialectique et s’est exprimé à travers le militant-combattant, puis à travers les unités militaires. (…) Ce long processus a été synonyme d’apprentissage, un long chemin qui s’est traduit par l’assimilation dialectique des réussites et, pourquoi ne pas le dire, des efforts vains ; au cours de cette lutte, certains camarades sont tombés au combat, d’autres ont connu la prison, certains sont morts sur le chevalet de la torture et d’autres encore sont portés disparus ; à tous, nous adressons une profonde et sincère reconnaissance pour leurs efforts et leur cohérence, qui témoignent d’un dévouement inconditionnel au parti et à la révolution.

Dans ce contexte de lutte des classes, notre parti, par l’intermédiaire des unités militaires, a mené d’innombrables combats, selon le principe de la concentration et de la dispersion des forces ; il faut souligner que ces combats ont toujours été politico-militaires… Au début, dans le cadre du processus de lancement de la lutte des classes en tant que force naissante de la révolution, le combat s’est déroulé dans un contexte de déséquilibre considérable face à l’ennemi ; en tant que force de la révolution, il a fallu mener à la fois des combats politiques, idéologiques et militaires. C’est dans ce tumulte que se sont forgées les forces du parti qui ont assuré la continuité du processus révolutionnaire ; parallèlement, des militants et des combattants ont été aguerris, acquérant ainsi une formation tant politique que militaire. (…) Ce type de tâches s’est déroulé jusqu’au milieu des années 90 ; au cours de ce processus, les forces de la révolution se sont forgées, les militants du parti se sont consolidés en tant que révolutionnaires et sont devenus, de fait, la garantie de la continuité du processus révolutionnaire dans le pays. On peut dire qu’être membre du parti, c’était être en même temps membre de l’EP, un principe que ceux qui ne sont pas du même moule ont du mal à comprendre ; pour eux, et aussi pour le monde universitaire, il est très complexe de saisir la relation dialectique entre le parti révolutionnaire et l’Armée du Peuple. Du milieu des années 60 au milieu des années 90, à la suite des combats de la lutte des classes, notre parti avait acquis de l’expérience dans la construction de forces militaires ; cette expérience a été systématisée et transmise lors des cours politico-militaires, ainsi qu’aux membres des unités militaires qui se rassemblaient pour accomplir les tâches du parti. (…) Le développement du parti, en tant que force vive de la révolution, n’est ni linéaire, ni schématique, et encore moins bureaucratique ; au moment où un processus de développement s’achève, un autre a déjà commencé, de sorte que différents sauts s’imbriquent de manière dialectique dans ce développement. Si, en 1990, on travaillait déjà en vue d’une nouvelle étape, celle-ci avait commencé en 1987. Notre parti, à partir d’une analyse objective de la réalité mexicaine et du contexte international, avait défini un ensemble de tâches stratégiques à accomplir, parmi lesquelles la reprise des hostilités contre l’ennemi principal. Cette tâche a soulevé la nécessité de formaliser et d’officialiser l’Armée du Peuple ; elle s’est traduite par un document du PROCUPPDLP exposant cette nécessité politique et les moyens d’y parvenir. Si, au départ, cette tâche a été transmise oralement lors de réunions du parti, dans les écoles pour cadres et lors des réunions d’analyse de la conjoncture, le processus s’est achevé en 1994 avec ce document, qui exprimait l’aboutissement de l’effort politico-organisationnel. Depuis le milieu des années 80 et le début des années 90, le parti avait sous sa direction des unités militaires actives, tant en ville que dans la « montagne », comme disaient les camarades paysans, des unités opérant en ville et des unités de guérilla menant un travail de construction à partir de la colonne de guérilla… (…) Ainsi, 1994 a permis d’avancer beaucoup plus rapidement par rapport aux objectifs que nous nous étions fixés. L’irruption publique de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) a confirmé nos thèses politiques : il existait différentes forces de la révolution qui avaient surmonté la campagne de contre-insurrection, au moins une, différente de notre parti. Nous nous sommes joints au combat, nous l’avons fait à partir de notre approche de la Guerre populaire, nous avons mené des actions politico-militaires de harcèlement contre l’ennemi central. Comment l’avons-nous fait ? À travers les unités militaires qui étaient concentrées et opérationnelles pour concrétiser le plan de reprise des hostilités militaires contre l’ennemi central. (…) À partir de 1993, la construction des unités militaires s’est intensifiée, atteignant un pic de développement en 1994. Au cours de cette période, différents rassemblements militaires ont été organisés, tels que des camps de guérilla, et à la fin du processus, des formations ont été dispensées, qui ont abouti au Cours de base de guerre et au Cours pour officiers. Ces documents ont leur valeur dans la mesure où ils expriment la synthèse de l’expérience collective et générationnelle de notre parti ; ils ne sont pas l’œuvre exclusive d’un individu, mais le produit de tout l’effort collectif et historique, d’où leur sigle PROCUP-PDLP. En 1987, les plans à moyen terme ont été définis ; il s’agissait des tâches politico-militaires pour la nouvelle étape de la lutte révolutionnaire, consignées dans le document OBJECTIFS ET TÂCHES POLITICO-MILITAIRES DU PARTI RÉVOLUTIONNAIRE OUVRIER CLANDESTIN UNION DU PEUPLE-PARTI DES PAUVRES (PROCUP-PDLP), DANS LA PÉRIODE ACTUELLE DE LA LUTTE ARMÉE RÉVOLUTIONNAIRE AU MEXIQUE, élaboré entre 1994 et 1995 à la suite de plusieurs réunions stratégiques au niveau national. (…) Nous tenons à préciser ce qui suit : 1. C’est le parti, le PROCUP-PDLP, qui a organisé et dirigé l’ensemble du processus ayant conduit à la reprise des hostilités contre l’ennemi principal. 2. L’Armée du Peuple, c’est-à-dire l’EPR, n’est pas sortie de nulle part, ni n’a été fondée par un ou deux individus grâce à leur sagesse personnelle ; elle est le fruit d’une décision et d’une volonté collectives, elle est l’œuvre du parti et de son développement. 3. L’EPR est le fruit de la longue expérience politico-militaire de notre parti dans la lutte des classes ; il est le fruit de la conception marxiste de la Guerre populaire, il est la concrétisation de la théorie visant à objectiver la guerre révolutionnaire. 4. On part de la conception marxiste selon laquelle l’EP est un instrument politico-militaire destiné à objectiver les objectifs stratégiques du parti ; celui-ci en assure la direction politique, militaire et idéologique. L’effort du parti qui a débuté en 1987 s’est achevé et a abouti en 1996 à l’irruption publique de l’EPR au gué d’Aguas Blancas, le 28 juin, à l’occasion de la commémoration du premier anniversaire du massacre d’Aguas Blancas. À partir de ce moment, un tournant s’est produit, qui signifiait : a. Le parti, le PROCUP-PDLP, existait, était vivant et avait brillamment surmonté la longue campagne de contre-insurrection que l’État mexicain avait mise en œuvre pour anéantir l’ensemble du mouvement révolutionnaire et conjurer la révolution socialiste. b. Notre parti, désormais le PDPR-EPR, est un acteur actif de la lutte des classes dans le pays ; il constitue une référence politique de portée nationale et historique. c. L’EPR est l’EP sous la direction du parti ; il a mené différents combats et se trouve aujourd’hui en plein processus de développement et de croissance. Le 28 juin 1996, notre parti, par l’intermédiaire de son armée, l’EPR, a répondu à l’appel de l’histoire ; nous avons démontré par les faits que nos rangs étaient animés d’une volonté de combattre, que nous étions un peuple armé et que notre engagement était de lutter avec le peuple et pour le peuple afin d’obtenir son émancipation économique, politique et sociale. Cet événement est un fait politique d’une grande importance dans l’histoire contemporaine de notre pays ; il a démontré qu’il est possible de porter un coup à la colonne vertébrale de l’État bourgeois, que la révolution et la victoire sont possibles. Camarades : notre parti et notre armée possèdent une longue expérience politico-militaire, fruit du processus de lutte auquel nous avons pris une part active ; la génération des combattants vétérans de l’idéal communiste est le témoignage vivant de l’existence des forces de la révolution. Les nouvelles générations de révolutionnaires ont une tâche concrète : assimiler de manière systématique cette expérience et intégrer la leur à l’expérience collective du parti ; il y a une exigence révolutionnaire : imiter l’exemple de ceux qui les ont précédés dans les combats politico-militaires, non pas dans un esprit de compétition, mais comme partie intégrante du développement politico-militaire qu’exige la phase actuelle de la lutte. Une partie de cette exigence consiste à acquérir consciemment une culture militaire, car pour le combattant de l’idéal communiste, pour le militant de notre parti, la caractéristique qui nous identifie est la formation politico-militaire. Nous sommes ici, rassemblés pour rendre hommage et honneur à tous ceux qui ont rendu possible l’existence de cette force révolutionnaire ; nous sommes ici pour rendre hommage à tous ceux qui sont tombés au cours de cette longue lutte pour émanciper notre peuple de la dictature du capital ; nous nous sommes réunis une fois de plus, militants venus de différentes régions du pays, pour rendre hommage à nos camarades tombés au combat et disparus. Il s’agit d’un hommage politico-militaire et d’une reconnaissance de leur travail révolutionnaire à l’égard des camarades Gabriel Alberto Cruz Sánchez et Edmundo Reyes Amaya, deux militants de notre parti qui ont impulsé et participé directement à la formation de notre armée, aux Formes stratégiques et tactiques d’organisation clandestine (FETOC) et à la préparation tactique des combattants de notre armée. Il s’agit d’un rassemblement politico-militaire pour honorer les tombés au combat de 2001 à ce jour, que nous désignerons, en raison des conditions de clandestinité, par les noms suivants : 1. Camarade Ramírez ; 2. El Primero ; 3. El Casado ; 4. El Boxeador ; 5. El Músico ; 6. Casimiro ; 7. El Yerno ; et 8. El Alto. Des camarades qui ont donné leur vie pour que s’épanouissent les fleurs vivantes qui nourrissent la révolution socialiste. Ils font désormais partie des héros populaires, ils sont une référence dans la lutte pour l’émancipation de notre peuple. Il ne fait aucun doute que le meilleur hommage et la meilleure reconnaissance que nous puissions leur rendre à tous est de rester dans les tranchées de la critique des armes ; dans le travail quotidien et acharné de la construction des FETOC ; dans la préparation politico-militaire en tant que militants du parti et en tant que combattants pour l’idéal communiste. (…) Pour l’ensemble des militants, l’exigence est unique : nous préparer en tant que force révolutionnaire, rester dans la ligne de la cohérence et du combat ; nous renforcer en tant que combattants pour l’idéal communiste. FORGEONS-NOUS EN TANT QUE COMMUNISTES ! POUR LA RÉVOLUTION SOCIALISTE ! VICTOIRE OU MORT ! POUR NOS CAMARADES PROLÉTAIRES ! DÉTERMINÉS À VICTORIE ! AVEC LA GUERRE POPULAIRE ! L’EPR TRIOMPHERA !

COMITÉ CENTRAL DEL PARTIDO DEMOCRÁTICO POPULAR REVOLUCIONARIO PDPR COMANDANCIA GENERAL DEL EJÉRCITO POPULAR REVOLUCIONARIO CG-EPR

62e année de la République mexicaine, le 25 mai 2026

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